‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 17 sur 44 · NÉVROSES DES MUSCLES DE I, OEIL · texte numérisé non relu

NÉVROSES DES MUSCLES DE I, OEIL

fatigue existe , les clignotements deviennent plus fréquents , plus vifs , et changent en grimaces les rides ou plis du contour de l'œil malade. On croit que l'âge, la contention des yeux, et l'usage des lunettes, avant d'en avoir eu besoin , ont concouru , avec un vice rhumatismal, à produire cette indisposition. M. le comte n'a, jusqu'à-présent, employé de remèdes que l'eau de Cologne , plusieurs fois par jour, sur la paupière relâchée, les eaux de Bourbonne , qu'il a prises en boisson et en douches sur l'oeil malade, et des bains domestiques pendant dix jours, mais sans aucun changement ni amélioration d'état. Il porte au bras du sainbois depuis six ans. *** Médecin.

N. B. M. le comte de Br*¥* vint à Paris , et y commença un traitement qui d'abord n'améliora que d'une manière peu sensible sa position , et qui fut suspendu. Lorsqu'il éprouvait un peu de douleur de goutte à un pied , les mouvements convulsifs de l'œil gauche diminuaient d'intensité et de fréquence.

Observation 389.

Toulouse, le 28 février 1783.

Mémoire. — Madame de !/**, âgée de soixante ans, d'un tempérament sec, maigre, et très-irritable , jouissait cependant d'une assez bonne santé jusqu'à l'époque d'une chute. En octobre dernier , se promenant dans un grand chemin ,

a8o m < i i <> \ \ i i , CHAPlTRl \ Il ,

el s'étanl approchée sur !<• bord d'un fossé, <ll< tomba du baul eu bas, el sa tête, selon toute apparence, recul une forte commotion, puisque «ciic chute causa la perte «lu sentimenl et «lu mouvement La malade fui transportée chez elle, el quand !<• pouls, qui resta long- temps dans un étal de langueur, 1m rétabli, on lit plusieurs saignées, au bras, au pied, à la jugulaire; les sangsues furent aussi appliquées. Malgré ces prompts

.secours, la malade a été pendant près d'un mois

dans un délire obscur, se plaignant toujours de vives douleurs de tête, portant machinalement sa main sur la paupière supérieure de l'œil gau< be, qui était tombée dans \m étal de relâchement En trois mois, la malade a repris sa santé par l'emploi des adoucissants, et sur-tout du lait d'ânesse; mais, depuis la chute, les organes de la \ ue ont paru si lèses, qu'elle voit les objets doubles du liant en bas. L'oeil droit voit l'objet dans sa propre position, l'œil gauche, dont la paupière était relâchée, voit le même objet plus bas. On observe que lorsqu'on couvre un des deux veux, quel qu'il soit , l'œil libre voit les objets dans leur propre position, et la différence dans la position apparente des objets ne se fait sentir que lorsque les deux yeux agissent ensemble. Les yeux et les autres parties du corps n'ont point reçu de contusion : il n'y a donc qu'une forte commotion au cerveau qui ait pu donner lieu à tous ces symptômes. On demande dans quel état sont la

NEVROSES DES MUSCLES DE l'oEIL. a8l

rétine et le nerf optique ? Quelle est la cause de ce dérangement dans la vue ? quelles indications il faut remplir , et quels remèdes il faut employer pour cela ?

Réponse.

La chute de Madame lui a occasionné une paralysie imparfaite du muscle releveur de la paupière supérieure, et du muscle releveur du globe de l'œil gauche. Le centre de la cornée doit se trouver un peu plus bas qu'à l'œil droit... La rétine et le nerf optique sont dans leur état naturel. Traitement dirigé contre la paralysie. Madame peut espérer une guérison complète.

N. B. Un de mes confrères à la Société de Médecine de Paris, éprouva au mois de juillet 1816 un accident à-peu-près semblable , quatre mois après une chute violente; il avait été renversé par un cheval , et transporté chez lui sans pouls et sans connaissance : il était à-peu-près rétabli , et sortait depuis un mois, lorsque le muscle droit externe d'un de ses yeux fut légèrement affecté, en sorte qu'il voyait un peu double en regardant de ce côté. Avec des moyens simples et. du temps, ce muscle a repris toute son action.

Observation 390.

Noyon, 14 mai 1764.

Mémoire. — M. le curé de ***, incommodé depuis environ quinze jours de pesanteurs, lassitudes

1 i ( ri OH \ i i , « M V p i i i: i vil,

universelles , el maui de tête, s'était contenté de garder la chambre, el d'observer un régime exact; mais le a i mars son mal de tête devint plus vio lent, il étail accompagné d'une pesanteur considérable, el 'I nu désordre dans la vue. Les deui yeux ouverts, le malade ne voyait plus que confu sèment, el les objets lui paraissaient doubles. L'œil gauche étail l<- seul incommodé; il était fortement tourne du côté du nez, et ne pouvait se diriger vers le petit angle, en sorte que la direction «les deux ;i\rs optiques n'était parallèle que quand le malade regardait du côté droit. Le pouls était très-plein, lourd et un peu dur, sans fièvre. Je lui fis faire une saignée du bras; il fit usage d'une boisson délayante, e1 prit le sou un lavement. Le sang étail d'un rouge-noir, mais sans aucun caractère d'inflammation , fournissant environ un quart de sérosité fort jaune. La plénitude de l'estomac, et l'abondance de la bile qui commença à se manifester sur la langue dès le a5, me déterminèrent à donner, le 26, trois grains de tartre stibié, deux gros de sel de Glaubcr, et une once et demie de sirop de limon dans une demi -bouteille d'eau. Le malade n'a vomi qu'une fois, et l'évacuation par bas ne commença que le soir à quatre heures : les matières exhalaient une odeur acide, et très-forte. Je fis prendre le soir un lavement purgatif qui fit très -bien : à l'instant même le malade se plaignit d'un engourdissement à la cuisse droite. Je fis mettre dans la

JYÉVROSES DES MUSCLES DE LOEIL. a83

tisane , composée avec les racines de chicorée sauvage, de scorsonaire, de chiendent et de réglisse, un grain de tartre stibié , un gros de sel de Glauber, et douze grains de sel ammoniac. Le pouls a toujours été fort tranquille et plein : le lendemain , l'embarras de la cuisse était plus considérable , Fétat de l'oeil toujours le même , si ce n'est que la paupière supérieure , plus lourde , se levait avec peine. Je fis faire une seconde saignée, mais la couleur du sang , ressemblant à de la gelée de groseille , et sans résistance sous le doigt , m'a décidé à ne plus employer la lancette ; d'ailleurs la saignée , loin de diminuer l'engourdissement et la stupeur de la cuisse, sembla l'augmenter et l'étendre, car dès le soir même, le malade se plaignit* û"un pareil accident au poignet droit. Je tournai donc toutes mes vues du côté des évacuants, et, le 28, j'ordonnai un apozême purgatif animé de quatre grains de tartre stibié , qui produisit une évacuation bilieuse très-abondante. Pendant l'opération, l'engourdissement était presque totalement dissipé ; mais il se fit ressentir le soir, moins fort à la vérité : on a continué les apozêmes ou tisanes purgatives pendant huit jours de suite, ayant soin de les rendre plus actives de deux jours l'un. La quantité de bile que le malade a rendue est inconcevable. Je crus, après ces évacuations abondantes , pouvoir employer une tisane sudorifique, capable de ranimer le mouvement des parties engourdies et

184 su mon \ 1 1 , i h \ p 1 1 1 1 \ 1 1 , du muscle abducteur! qui me parut absolument paralysé. Poui seconder l'effet d<- cette tisane, je fis appliquer un vésfcatoire à la tempe. Toute l.i matinée, le malade s'en est très -bien trouvé; mais vers midi, un orage violent, accompagné de tonnerre, ;i causé une révolution : il s'est senti comme étourdi et beaucoup plus pesant; cet effet de l'orage ne s'est dissipé que vers Les cinq heures • lu soir, iciiips auquel le ciel est devenu plus serein. La tisane sudorifique et nervine ne produisit d'autre effet <|u<' d'échauffer beaucoup le malade; la langue <lc\ mi très-chargée, et I haleine d'une fétidité insoutenable: il fallut revenir aux purgatifs, que l'on a continués très- long -temps, tantôt sous nne forme, tantôt sons une autre. On a substitué aux boissons échauffantes des iisanes rafraîchissantes. L'engourdissement de la cuisse et «lu bras se sont dissipés petit à petit, mais l'état de l'œil est toujours resté à- peu-près le même; la vision est toujours double ; seulement je me suis aperçu que la rétraction vers Le grand angle était moins violente, et que le muscle abducteur commençait à jouer un peu. Dans le dessein d'augmenter ee mieux, je lui ai fait faire usage d'un Uniment composé avec l'eau des carmes, l'eau-de-vie de lavande, le sel ammoniac, la teinture de succin, et l'huile de thérébentine : on y a substitué dans la suite des fumigations avec le succin , le mastic, et le sucre-candi, parce que la vue commençait à devenir un peu trouble. Il

NÉVROSES DES MUSCLES DE l'oEIL. a85

a fait ensuite usage d'une tisane faite avec sassafras, un gros; sel de nitre, un gros; sel d'Epsom, deux gros; sur deux pintes d'eau. Cette boisson, loin de rétablir la vue, l'a rendue plus trouble et plus confuse : elle ne passait qu'avec beaucoup de peine, et seulement le soir, et par les selles. Ce mauvais effet nous a décidé à l'abandonner; on y a substitué une eau minérale de ce pays , très -légère, dont il fait usage depuis peu de jours.

Il reste encore un peu d'engourdissement à la cuisse, sur-tout quand le malade veut commencer à marcher; le mouvement du muscle abducteur, quoique plus étendu, n'est pas encore assez libre pour que la direction des deux yeux soit dans le parallélisme nécessaire à la perfection de la vision ; la vue est même ,un peu plus trouble qu'elle n'était ci -devant, sur -tout depuis l'usage de la tisane avec le sassafras, le nitre et le sel d'Epsom. Depuis la cessation de cette tisane, elle commence à s'éclaircir quoique faiblement.

L'engourdissement de la cuisse , et le désordre de la vue, sont les deux objets pour lesquels le malade désire avoir votre avis ; il vous prie de lui indiquer les remèdes les plus efficaces pour les dissiper.

Je crois devoir vous faire observer que le malade , fort bilieux , s'est toujours trouvé plus mal des boissons échauffantes : après leur usage, même de vingt-quatre heures , la bile s'exalte , la langue devient chargée , et l'on est obligé d'avoir recours

'Si) S | ( | | Il \ \ | I . 1 il \ p | | Il | \ | | .

aux purgatifs minoratifs; l'engourdissement de la

(Hisse ri «In poignel droit ne sesl dissipé qu'à l'aide de ces 1 1 1 < > \ « • 1 1 ^. . .! ai remarqué aussi que les Ikiis^i 'Us , nu peu chargées «les sucs de plantes apéritives <i diurétiques, oe passaient par les m mes qu'avec difficulté.

Le malade étant sons vos yeux, pourra vous instruire «If son tempérament el <!«■ sa manière • le vivre; l'inspection vous fera connaître L'état

Html «les \ eUX. Dis l.ss \ i: i s.

Médecin de la l ai ohé de I'

TV. II. M. Bouvart et mon père conseillèrent l'eau de Balaruc artificielle, avec deux ^ros de sel de Seignette , pendant plusieurs joins, comme purgative. Ils virent le malade, et lui trouvèrent

le teint très-rouge. Ils lin firent appliquer nu large vésicatoire entre les deux épaules, et lui prescrivirent Un apozème fait avec le raifort sauvage, la graine de moutarde, le sel volatil de vipère, et les feuilles de mélisse. La guérison ne lut eomplète que plus d'un an après.

Observation 3o,r.

Exposition de l'état des yeux et de la santé de S. A. S. et Em. Monseigneur le cardinal de fi***.

20 juin 1 780.

Les forces reviennent ainsi que le goût poui l'exercice; l'appétit est bon, et n'est satisfait

Page 1