NÉVROSES DES MUSCLES DE I/OEIL
qu'avec des aliments sains. Les bouillons de sucs d'herbes, ceux de cloportes, et les purgatifs doux ont été employés , ainsi que les bains. La santé ne donne plus d'inquiétude , mais la défectuosité dans la vue subsiste toujours. Le point essentiel est de décider quelle peut être la cause qui fait que le prince voit les objets doubles, quand il a les yeux ouverts , et d'une manière si prononcée , que pour marcher en sûreté , il est obligé de porter un bandeau qui lui ferme un œil. Il voit bien de chacun des deux yeux isolés ; il n'éprouve aucune douleur ; mais différentes expériences lui ont prouvé que ce dérangement dans la vue n'est dû qu'au relâchement du muscle droit inférieur de l'œil droit ; effet qui a pu être produit sympathiquement par les coliques vives et douloureuses qu'il a éprouvées le jeudi -saint: c'est immédiatement après , qu'il s'est aperçu du dérangement de sa vue. Le prince a observé qu'il voit juste les objets verticalement placés, ou ceux très-près et bas. Or , si le dérangement de la vue venait d'une humeur qui affectât le cristallin , la rétine ou le nerf optique, ou quelque autre partie de l'organe, l'œil malade verrait toujours double ; mais au contraire chaque œil exerce exactement ses fonctions quand il est isolé ; mais quand tous les deux sont en action , la vue est double. Donc l'inconvénient n'est produit que par l'inégalité de l'effet des deux organes; ce qui se trouve parfaitement démontré par l'expérience qu'a faite le
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prince de soulever ud peu, par la pression du petit doigt, l<- globe de l'œil gauche, ou de baie par !«• même moyen , le globe de I œil droit. Par l.i première opération , l'exécution de la vue de- \ m 1 1 1 parfaite, parce <|'i<- l'objet inférieur semble s'élever jusqu'à l'objet supérieur, el dans la seconde, parce que l'objet supérieur semble descendre jusqu'à l'objet inférieur. Il est donc démontré que le seul déplacement du globe cuise ce dérangement de la vue , puisque hausser ou baisser l<globe de l'œil remet tout durs l'ordre; par conséquent tous remèdes intérieurs ne paraissent pis indiqués, la santé étant rétablie. Il semblerait que l<s vésicatoires que le prince porte à la nuque depuis plus d'un mois, el qui ne rendent presque rien, quoique excités continuellement, devraient • ire supprimés. Le prince a la lymphe épaisse.
Ré />o use.
S. A. S. a bien reconnu la nature de sa maladie : elle dépend en effet de la paralysie du muscle abaisseur de l'œil droit; c'est ce qui lui fait voir les objets doubles, parce que toutes les fois que les deux axes optiques ne se réunissent pas sur un même point de l'objet fixé, on en voit deux. 11 est aisé de s'en convaincre par une expérience facile et à portée de tout le inonde. Avec les meilleurs yeux, une personne verra double si , en fixant un objet, par exemple, un clocher, elle comprime avec le bout d'un doigt l'un ou l'autre
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des deux yeux, de manière à déranger la direction de l'axe optique de l'œil comprimé, parce qu'alors l'image, du clocher paraîtra aux extrémités des deux axes optiques, et sera, par conséquent, vue double.
Nous sommes d'avis que S. Era. soit saignée du pied... Emétique... Eaux de Balaruc... Sel de vipère dans le vin de quinquina. Conserver le vésicatoire.
Observation 392.
Je reçus la lettre, dont suit l'extrait, de M. T***, bon observateur, datée de C***, le 18 septembre
Il y a environ cinq semaines , il me survint un mal de tète, ou une migraine très-violente: la langue se chargea dans la nuit. Le sur-lendemain, étant plus mal, je pris un emétique qui me fit beaucoup vomir ; la bile prit son cours par en bas; le cours de ventre bilieux dura trois jours. Irritation gastrique... Calmants... Vomissements... Deux purgations en cinq jours... Vomissements cessés. En l'absence de mon épouse, une mauvaise habitude me trouva sans force pour lui résister... Le mal de tête me reprit aussitôt; la langue se chargea , et les vomissements recommencèrent. Je me purgeai trois jours après , et je le fus trop. Le lendemain, me trouvant mieux, nouvelle faute, et le sur-lendemain au matin, troisième faute... Je sentis peu d'heures après ///. 19
BXCTIOS VII, CHÀPITH1 vil,
ma \ m- se changer: je via les objets doubles du côté droit , comme à travers un nuage, ou comme quand on se voit dans l'eau, Si je regarde en (ace, ce <|in esl à ma gauche ae trouve devant moi, obscurci par le voile, el bouche mon paaaage. Si i<- ferme l'œil droit , je rois assez bien de l'œil
gauche, quoique moins bien que dans l'étal naturel : si, an contraire, je ferme l'œil gauche, ma vue, quoique très -affaiblie de cel œil droit, est naturelle, ci il n'y a point de voile; mais il me semble qu'en marchant je tombe înaenaiblement du côté gauche. Depuis cette altération de ma
vue, le mal de tète a entièrement cessé ; je conserve seulement un léger engourdissement ou engorgement dans toute la partie que la douleur occupait. Cette partie était tout le côté droit . principalement le dessus de l'œil, et l'os maxillaire.
Jl y a trois ans, je fus attaqué de la même manière; mais j'apercevais assez bien mon chemin., quoique voyant double, et ayant le même voile. Cela se dissipa avec le temps et l'abstinence : il y a huit ans, je fus pendant quelques jours dans le même état; je me ressouviens seulement que ce fut à la suite d'un violent mal de tête: deux ans avant, étant à Paris, et faisant des fautes... je m'aperçus un matin que j'avais la bouche tournée du coté droit. Cet effet fut détruit entièrement après trois mois : je pris quatorze demi -bains froids, ordonnés par le médecin en chef de la Charité , et ensuite une bouteille de sirop de