NÉVROSES DES MUSCLES DE LOEIL. 2QI
Cuisinier, me soupçonnant moi-même un virus vénérien non développé. Dès le temps que j'étais à Paris , et depuis , à chaque faute de la nature de celles dont je viens de parler , lorsqu'elles étaient un peu fréquentes, je ressentais à l'instant même des mouvements convulsifs dans les muscles des yeux et des tempes. J'ai consulté M. Mirault, oculiste à Angers, qui m'a ordonné des bains et la tisane de Vinache; j'en prends depuis huit jours. Ma vue s'est encore affaiblie; je peux voir de près, mais je n'ai pu écrire ceci qu'à deux fois. Depuis ce dernier accident, je louche de l'oeil affecté.
Réponse.
J'ai conseillé le quinquina, l'exercice du cheval, et de la sagesse. '
J'ai été consulté par M. B*** , armateur , qui, dans l'acte même, d'ailleurs très -légitime, sentit un petit tac , selon son expression , dans l'orbite gauche, loucha sur-le-champ, et vit double : l'œil se tournait du côté du nez. Cet effet fut-il dû à la rupture de l'un des petits vaisseaux soit sanguins soit lymphatiques, ou de l'un des filets de nerfs qui se distribuent au muscle droit externe? ou fut-il le résultat de la rupture subite de quelques fibres de ce muscle? M. B*** a été peu-à-peu délivré de cette affection dans l'espace de six mois , et sans avoir employé beaucoup de remèdes. Les douches sur le front avec l'eau de Balaruc tiède parurent produire un bon effet.
M CflON V I l , CH A F ITRI VIF,
Observation 3<j3.
M. D***, chirurgien à Manteau, eut, au commencemenl de juin 17.V1, le muscle droit externe d'un œil frappe* d'une paralysie imparfaite,
pour laquelle mon père lui prescrivit un traitement. Le malade écrivit le \f\ juillet :
Le muscle ne revient pas dans son état naturelle sens encore une douleur dans toute la circonférence de l'orbite; les rayons sont toujours divisés, et l'objet nie paraît double. Je prends maintenant le petit-lait, et seulement un potage à midi.
Je revenais le soir de la promenade dans les bois, la veille du jour où cet accident m'est arrivé; j'ai ressenti un froid qui m'a frappé à la partie inférieure de l'occipital, et qui m'a enveloppé toute la nuque. La cause de cette paralysie subite ne serait-elle pas une translation d'humeur qui se serait fixée sur le muscle abducteur, ce qui aura, dans le moment, produit une métastase, et non une fausse apoplexie? La partie où j'ai ressenti cette impression de froid est toujours sensible de temps en temps, ainsi que le tour de l'orbite; et quelques douleurs sourdes se manifestent, de temps à autre, à la partie inférieure du front, du côté de l'œil malade. Je crois que le nerf optique a un peu de part dans cette infirmité. Lorsque je ferme l'œil opposé, je vois les objets plus petits, et quand je veux marcher et
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me conduire avec ce seul oeil malade, je marche de travers : il me semble que mes jambes et mon corps se portent toujours du côté de ce même œil. Ma santé est bonne d'ailleurs, etc.
D¥*% Chirurgien.
Réponse.
Il y avait paralysie de la paupière supérieure qui couvrait l'oeil. Le malade s'était saigné luimême cinq fois, tant du bras que du pied, et n'éprouvait aucun changement. Mon père lui répondit qu'il l'engageait à se faire appliquer un vésicatoire à la nuque et à l'entretenir, à prendre l'émétique, à faire usage de l'eau de Balaruc, à renoncer à la diète sévère qu'il s'était imposée, et à vivre à-peu-prè,s comme à son ordinaire; que ce serait long, mais que cela reviendrait. Il écrivit, en date du il\ août suivant, qu'il n'était pas mieux. Mon père lui conseilla l'usage d'une tisane sudorifique et purgative.
Souvent le strabisme a lieu sans que la vue éprouve aucune diminution ; mais souvent aussi il y a quelque chose de dérangé dans la vision : le malade s'en aperçoit en fermant les yeux alternativement. Il arrive fréquemment qu'il voit de l'œil affecté les objets plus petits, comme M. D***; d'autres fois, il les voit plus éloignés; quelquesuns les voient décolorés : la teinte des couleurs est souvent moitié moins prononcée; quelquefois elle est plus vive. Un malade, auquel je donnais des soins, en juillet 1816, avec M. Salmade, médecin,
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voyait un 1 i u^«- blanc d'un blanc de neige; s il lisait de l'œil frappé de strabisme', l<- papier lui paraissait «l 'un blanc éblouissant. On sera peu mu pris de (<s lésions de la vision, si <>n réfléchit que les nerfs ciliaires se trouvent sous La même influence que les filets qui se distribuent au muscle tombé dans le relâchement avec lesquels ils communiquent.
Observation 3o,4-
Mémoire, le v.?> octobre 1 764- — Mademoiselle B***, Agée de sept ans et demi, n'avait jamais eu aucune incommodité aux yeux, même après la petite vérole. Il y a environ deux ans qu'en la levant on s'aperçul qu'elle louchait. Le dérangement dura peu; il se fit ressentir de nouveau ;ui bout d'un mois, et, depuis ce temps, elle a eu la même incommodité tous les mois, ensuite tous les huit jours; enfin l'accès (si je puis me servir de cette expression, et je crois y être autorise pur la marche que l'indisposition a suivie) revient àprésent de deux jours l'un, et suit exactement le type d'une fièvre tierce. Pendant l'accès, la jeune malade a l'ouïe dure, et, depuis que les paroxismes sont aussi répétés et si voisins les uns des autres, elle perd sa gaîté , devient mélancolique et taciturne. Lors de l'accès, les deux globes sont dans un mouvement convulsif presque perpétuel, tendant l'un et l'autre du côté du grand angle. La malade ne voit point double, mais ne peut fixer
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aucun objet , ce qui lui rend la vue confuse : le mouvement de la paupière est régulier. Du reste elle n'a aucune incommodité. Elle a été saignée, purgée, et a pris plusieurs fois des bouillons altérants; elle a eu un cautère; le tout inutilement; même, depuis le cautère, les accès sont devenus plus fréquents, et on l'a laissé sécher, tant pour cette raison, que parce que la suppuration, purement lymphatique, maigrissait et exténuait la malade.
RéjjoJise.
Nous sommes de l'avis de l'auteur du Mémoire, par rapport au caractère de la maladie qui y est décrite, et pour laquelle nous sommes consultés. C'est l'humeur d'une fièvre intermittente , qui , en se portant d'abord tous les mois, ensuite tous les huit jours, et enfin tous les deux jours sur les membranes de la base du cerveau, du côté des couches des nerfs optiques, occasionne de la compression, non-seulement dans ces nerfs, mais encore dans quelques rameaux de ceux de la sixième et de la septième paire, et vraisemblablement même dans la carotide. De la compression de la sixième paire qui se distribue au muscle abducteur de l'œil, il doit résulter une sorte de paralysie ou de faiblesse dans ce muscle; et son antagoniste, l'abducteur, doit tirer l'œil vers le grand angle. De la compression d'une des portions de la septième paire (l'auditive), il doit ré-
•<)'> BECTron vii, en a pitre vir, Miller un peu de dureté dans l'ouïe; enfin celle de la carotide peu! rallentir le mouvement du s;m\£ dans le cerveau, occasionner une sorte <1 affaissement dans ce viscère, cl donner lieu à l'espèce de mélancolie à laquelle la malade est sujette pendant la durée de l'accès, et qui cesse, ainsi que le strabisme, la dureté de rouie, et la confusion de la vue, lorsqu'il est passé.
Cette maladie pourrait avoir des suites fâcheuses, si, faute d'y apporter remède, l'humeur qui cause tous ces désordres venait enfin à s'amasser sous les membranes du cerveau, et si, par sa situation, elle comprimait constamment quelquesuns des nerfs de la moelle allongée. La vue serait d'abord altérée, cl l'ouïe s'en ressentirait vraisemblablement aussi.
Il convient de traiter cette maladie comme on traiterait une fièvre intermittente. Si l'état de maigreur où le cautère a, dit-on, réduit la petite malade, permet de la saigner, on lui tirera une palette de sang; ensuite on la fera vomir, en lui donnant huit ou dix grains d'ipécacuanha, et tout cela dans l'intervalle d'un accès à l'autre. Celuici passé, on purgera avec dix, douze ou quinze grains de jalap en poudre, selon les forces. On répétera cette purgation deux ou trois fois , et toujours entre deux accès, avant d'en venir au quinquina, qu'on donnera en substance quatre fois par jour, à la dose de douze grains chaque fois, délayé dans quelques cuillerées d'eau : on le