‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 20 sur 44 · NÉVROSES DES MUSCLES DE L OEIL · texte numérisé non relu

NÉVROSES DES MUSCLES DE L OEIL

continuera deux ou trois jours à cette dose; et, si les accès , malgré l'usage du quinquina , revenaient comme auparavant, on augmentera jusqu'à quinze ou dix-huit grains par prise; ensuite on éloignera les doses selon les règles connues de l'art, en faisant observer à la malade le régime convenable en pareil cas.

Observation 3q5.

Consultation pour une dame de 44 ans-

Le 20 mars 1754.

On peut juger de la maladie, pour laquelle nous sommes consultés, par le Mémoire qui nous a été communiqué; il y a tout lieu de croire qu'elle dépend uniquement d'une faiblesse du muscle releveur de la paupière supérieure , plutôt que d'un tiraillement convulsif du muscle orbiculaire, qui produit quelquefois le même accident, ou d'un gonflement œdémateux de la paupière. En effet, l'abaissement de la paupière n'est pas continuel lorsqu'il dépend de la convulsion du muscle orbiculaire , et s'il y avait du gonflement, on n'aurait pas manqué d'en faire mention dans le Mémoire. D'ailleurs le froid étant la cause de cette maladie, il ne reste aucun sujet de doute sur sa nature , et tout ce que nous pourrions désirer serait de connaître le degré d'abaissement de la paupière, et de savoir si l'œil paraît moins ouvert d'un quart, d'un tiers, delà moitié, ou

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plus, parce qu'en général, selon le mal Le i«mède.

Par exemple, ai la paupière ne tombe que d'une demi -ligne «m d'une ligne dans la journée, cet accident eal trop peu considérable pour demander des remèdes internes, e( Madame se contentera de la frotter avec de l'eau-de-vie; ce petit remède doit suffire pour rétablir entièrement le ressort du muscle releveur, <t il faut l<- mettre en usage quatre ou cinq fois par jour, et !<• continuer même jusqu'à la belle saison, qui contribuera, plus que tout, au rétablissement «le la partie affectée.

Mais si la chute «le la paupière est telle que l'œil en soit fermé «le la moitié ou pins, et , «pi en couvrant l'autre, la malade ne puisse von «le celui «dont La paupière est baissée, sans la relever avec le doigt; alors ce n'est plus un simple relâchement du muscle releveur, et il y aurait Lieu «l«soupçonner un commencement de paralysie. On examinera donc si la chute de la paupière est telle que la malade ne puisse voir sans la relever elle-même avec le doigt, alors elle demanderait plus d'attention ; ou si, en faisant un effort pour ouvrir les yeux, la paupière baissée se relevé d'ellemême un peu; car si cela était, le cas ne serait guère plus grave que celui dont j'ai parlé plus haut, et ne demanderait encore aucun remède interne, auxquels il ne faut jamais recourir sans nécessité; mais seulement un topique un peu plus

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fort que l'eau - de - vie , tel, par exemple, que le baume de Fioravanti, dont Madame se frotterait la paupière supérieure trois ou quatre fois par jour.

Si on soupçonne quelque chose de plus qu'un simple relâchement, on aura recours aux moyens suivants :

Madame est -elle d'une constitution forte et sanguine? on la saignera une fois du bras; mais si elle est délicate et faible, on s'en abstiendra. Elle prendra, pendant deux jours, deux ou trois lavements, et environ deux pintes de tisane dans les vingt- quatre heures, pour se disposer à prendre le troisième jour un émétique, et ensuite quelques remèdes généraux contre la paralysie.

Observation 3g6.

Saint-Malo, le 4 mai 1782.

Mémoire. — La malade est âgée de quarantetrois ans ; son tempérament est pituiteux. Elle a été mariée à vingt-trois ans; elle a eu treize enfants : son dernier a neuf mois. Tous ses accouchements ont été heureux et sans aucuns dérangements dans leur suite. Dans le dernier, seulement, la suppression subite de la transpiration produisit une sorte d'engourdissement général, des douleurs vagues, quelquefois aiguës, un malaise universel , et quelques accès de fièvre anomale. Ces accidents n'influèrent point sur la ma-

3oO BECTIOB VII, CBAPITB1 VII,

trier; les lochies Coulèrent à l'ordinaire, il |fl

< . 1 1 1 1 1 « ■ s»- i établit après quelque temps.

D'après cette instruction préliminaire, et avant d'exposer Le cas pour lequel on consulte, je crois qu'il esl prudent d'observer i° que, depuis l'âge de dix-neuf ;ms. Madame a été sujette dans tons les temps à une excrétion très -abondante d'une pituite visqueuse, blanche et écumeuse : i! \ a environ deux ans que cette excrétion a considérablement diminue; i° à L'époque des premiers

soins que j ;ii donnés à Madame, il v a sept ou

huit ans, elle avait quelques croûtes sur la tête et un engorgement lymphatique dans toutes les glandes du cou. A cela se joignit une petite fièvre lente, sans caractère marqué, qui avait beaucoup affaibli et maigri la ma lu de. Les remi des, employa s avec le plus heureux résultat, furent successivement les apéritifs simples, les bains, de légers laxatifs, le quinquina, et les pilules de Belloste. Ce dernier remède, dans lequel Madame prit une grande confiance, a souvent été mis en usage depuis cette époque , soit comme altérant , soit comme purgatif. L'humeur à la tête et l'engorgement glanduleux ont disparu depuis longtemps pour ne plus reparaître.

Je passe actuellement à l'état de la maladie, qui, sans aucune lésion dans les fonctions naturelles et animales, a donné beaucoup d inquiétude à Madame, et sur lequel elle n'est pas encore tranquille.

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Il y a environ cinq mois qu'elle sentit pour la première fois une pesanteur sur les paupières, avec impuissance de les ouvrir sans le secours des doigts. Appelé pour la voir quelques jours après, je trouvai les paupières battues, légèrement tuméfiées, couvertes d'une humeur qui avait un peu l'aspect dartreux, et qui présentait une sorte d'aspérité sensible au toucher. Cette exsudation s'est dissipée d'elle-même assez promptement, et n'était vraisemblablement que l'impression de l'humeur acre filtrée par les glandes ciliaires; sérosité en effet qui, au réveil du matin^ tenait la paupière supérieure collée avec l'inférieure. D'ailleurs, je n'observai aucune altération sensible dans tout le globe de l'œil : la vue n'était pas diminuée. La 'première idée qui se présenta , et à laquelle je me fixai, fut celle d'un relâchement dans le releveur de la paupière. Je n'y attachai pas une grande importance, et je prescrivis seulement l'usage d'un collyre composé avec les eaux de fenouil, de rose et de plantin, aiguisées avec de l'eau vulnéraire et quelques gouttes d'extrait de saturne. Ce collyre n'apporta aucun changement à l'état de la maladie. Tous les soirs , régulièrement vers les cinq à six heures , les paupières se relâchaient pour couvrir plus ou moins exactement les yeux (pi. 17, fig. 3). Dans ces derniers jours, Madame s'étant couchée à l'instant du retour de cet accident, il cessa après deux ou trois heures. Je substituai à ce premier

3oa si, \ i,, \ \ 1 1 , ( n v i« i i i i \ h,

collyre une simple infusion de racine de j mauve. Je Cs appliquer deux emplâtres vesicatoires d prière les oreilles, qui < >n i suppuré sepl .1 Imii |iuiiN sans apporta aucun soulagent Madame a pris, depuis, douze ou quinze bains (miKs; le ventre ;i été tenu lâche avec <l< a apotèmes chicoracés aiguisés avec un sel neutre: elle .1 pus d,s pilules de Belloste; elle .< été purj 1 es i li"s«^ sont toujours à-peu-pn s dans le m< état, «i cette légère amélioration ne rassure p - On demande quelle est la nature <!<• cette ma* ladi< gulière dans ses périodes? Quoiqu'elle

ne paraisse pas intéresse] les partit s . gsentielles .i la vue, l'organe est-il menacé? Enfin quels sont les i emèdès à empl< \ a '

Réponse.

En réfléchissanl sur L'exposé de la malad m »ms voyons que, depuis environ cinq mois, il a

succédé, à différents accidents, un relâchement périodique des paupières supérieures tel, que la

malade a quelquefois de la peine à les relever sans le secours des doigts. Nous observons aussi que, vers le coucher du soleil, les paupières deviennent plus pesantes que dans le reste de la journee.et quil est arrive à la malade que, s'étant couchée immédiatement après cet accès de relâchement, il a cessé au bout de deux ou trois heures. D'abord nous écartons toute idée de danger pour la vue; nous ne croyons pas même qu'il

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y ait relâchement dans les muscles releveurs des paupières supérieures, parce qu'un pareil état, qui tendrait à la paralysie, n'aurait pas les alternatives de plus ou de moins que présente cette maladie, et n'aurait pas disparu entièrement, comme cela est arrivé chez Madame, lorsqu'elle s'est couchée dès que le paroxisme a paru.

Si l'on fait attention que les paupières ont été tuméfiées, que les glandes ciliaires ont été engorgées, qu'elles ont rendu assez de chassie pour agglutiner les paupières pendant la nuit, et qu'il y a eu sur ces parties des aspérités qui indiquaient la présence du levain dartreux, on en conclura, avec beaucoup de vraisemblance, qu'il y est resté une petite portion de ce levain, beaucoup de relâchement dans toutes les membranes qui entrent dans leur composition , et que , dès que l'insensible transpiration vient à diminuer, comme il arrive toujours vers les cinq ou six heures du soir, cette humeur s'y porte en plus grande quantité, parce que les paupières n'ont jamais repris leur ressort naturel , et qu'elles ont été même relâchées ; d'où vient leur pesanteur et la difficulté que la malade éprouve à les relever. S'il est arrivé que le relâchement a disparu lorsqu'elle s'est couchée de bonne heure, c'est que dans le lit la transpiration est plus abondante.

Il s'agit donc de rétablir le ton de ces parties et d'augmenter l'insensible transpiration... Infusion de bois de sassafras... Décoction de racine

Ht '| S I | I I II > \ I I , I II \ I' I I | I VII,

de squine aux repas... Faire recevoir aux veux fermés t.. us les jours ?ers quatre ou < inq beun i du soir, l.i vapeur de quelques gouttes d'eau-de* ne « tendues dans l<- creux «les mains... Se coucher avant que l<- soleil quitte l'horizon, après avoir bu quelques tasses <!«• thé bien chaud.. • Sachets sur les veux, pendant la nuit , remplis «!<• café moulu et de semences d'ènis en poudre... Continuer les pilules de Belloste.

Observation 3o7.

Mémoire. — l n homme, âgé «le soixante-quinze i soixante -seize ans, d'une bonne constitution, «si attaqué depuis long-temps d'un rhumatisme goutteux, qui :i parcouru sueeessiveinent toutes les parties «lu corps, et paraît s'être jeté sur un «le sis yeux, ou plutôt sur la paupière, puisqu'elle a perdu sou ressort, et qu'elle tombe sur l'œil qui

n'est point endommagé, mais seulement affaibli. On a juge que c'était l'humeur goutteuse (pu s'était jetée dans cette partie; on lui a appliqué un vésicatoire au bras, et, depuis, un autre à la tempe : on a ordonné de bassiner la paupière avec de l'eau de Cologne. Ces deux vésicatoires ont rendu beaucoup et ont dégagé l'œil, qui était gonflé. L'eau de Cologne a, à ce qu'il parait, fortifié la paupière, puisque le malade l'ouvre presque entièrement; mais l'œil est très -faible; il en voit peu, et la prunelle, en se dérangeant de la bgne droite., se tourne vers le petit angle.

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Réponse.

J'ai conseillé des pédiluves avec addition de farine de moutarde, la suppression du vésicatoire de la tempe, et la conservation de celui du bras.

Observation 398.

Consultation pour M. p***} venu à Paris le 19 septembre 1777.

La difficulté presque continuelle que Monsieur éprouve à ouvrir les yeux et à les tenir ouverts, dépend d'une paralysie imparfaite du muscle releveur de l'une et de l'autre paupière supérieure ; tous les remèdes qu'il exécute depuis six mois n'ayant point amélioré son état, il faut en employer d'autres qui soient assez actifs pour détruire l'obstruction des petits filets des nerfs qui se distribuent aux muscles releveurs des paupières, et rappeler la liberté des mouvements dans ces parties. Pour cet effet, nous sommes d'avis que Monsieur observe ce qui suit :

Émétique... Purgation avec eau de Balaruc et sel de Seignette... Potions avec sel volatil de vipère... Vésicatoire entre les deux épaules... Exposer les yeux fermés à la vapeur du baume de Fioravanti étendu dans les mains... Fumigations avec une décoction de fleurs de sureau, de mélilot, et de camomille.

loi) IBCTIOtf VU» CHAPITRE Y!!,

M'iiii .1.1. le i" ' non embre 1 777.

Monsieur, je ne suis chargé de vous instruire de l'effel des remède* <|n<- \<uis ares prescrits en septembre dernier à mu malade de mes amis, pour une paralysie des muscles releveurs des paupières, paralysie qui me parait <l autant plus complète, que les fibres musculaires me semblent dans une atonie parfaite, et par-la peu susceptibles de guérison.

Le malade a suivi ezactemenl VOtre « "iisulta-

iion. Il a pris, auiani de fois <t de la manière que vous le lui avez prescrit, L'émétique, qui la fatigué, mais beaucoup évacué. Les eau* de Balaruc, la potion cordiale, les vésicatoires, tout a été administré. Lapotiou a été sans effet marqué; |<\s vesicatoires oui irrité et causé des douleurs aiguës qui lui enlèvenl jusqu'au sommeil : 1 sont d'autant plus vives que les houpes n erveuaes Boni .1 découvert, et dans un état de crispation produit et entretenu par la réapplication du po« pulcum fortement imprégné de cantharides. Il en a encore pour près de trois semaines. 11 ne prmd plus la potion dont L'usage était prescrit pour uu temps qui est expiré. Voilà à-peu-près, Monsieur, l'effet, immédiat de tous ces remèdes. Les p. upières s'ouvrent assez bien à son réveil, mais cela ne dure pas; elles s'abaissent bientôt dans la matinée au point que le malade ne peut voir

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qu'en les soulevant avec ses doigts; les yeux se trouvent en outre baignés de larmes, ce qu'il n'éprouvait pas auparavant. Il croit que c'est l'application du baume de Fioravanti qui produit cet effet. Gastellier ,

Associe régnicole de la société royale de Médecine.

Réponse.

La saison est peu favorable à l'effet des remèdes. Cette maladie, qui est une des plus difficiles à guérir, ne cédera, si elle est curable, qu'après un an de remèdes et de régime; du moins toutes celles que j'ai vues guérir ne l'ont été que dans cet espace de temps. Je ne conviens pas avec M. Gastellier que la paralysie des muscles releveurs des paupières soit complète, puisque le malade les ouvre assez librement le matin. Adoucir, mais entretenir pendant tout l'hiver les vésicatoires... Eau de Balaruc continuée... Donner des nouvelles au mois de mars.

Montargis, 5 décembre 1777.

Monsieur , l'état où se trouve actuellement M. P*** est tel, que je suis obligé de devancer le terme que vous aviez fixé pour qu'on vous rendît compte de l'effet des remèdes.

Le malade a suivi le régime ordonné : il fait usage des eaux de Balaruc de la manière indiquée par votre dernière lettre. Enfin il a souffert pendant deux mois et plus les pansements des vésicatoires, et les supporterait encore jusqu'au

3o8 110TIOH Vit , CBAPITBl v II,

nii.is de mars, ainsi que vous !«• lui prescriviez; m. us depuis quelque temps l'effet en esl devenu nul; l.i peau s'est crispée et desséchée au point qu'ils n «Mit plus de prise : ainsi plus de suppu* ration. Ses paupières sont toujours à -peu -près dans le même état, c'est-à-dire que !<• matin ;i son K-vcr- il ouvre assez bien les yeus; mais ensuite les paupières s'appesantissent et se ferment Il m observé que !<■ froid lui faisait beaucoup plus de bien que le chaud, qui au contraire lui était funeste. Sans doute l'air froid agissant comme si\ p tique, comme tonique, la fibre se contracte par son impression, tandis que le chaud au contraire augmente le relâchement.

J'ai eu tort en effet .si j ;ii marqué expressément que la paralysie des muselés releveurs était complète, puisqu'ils sont mus presque continuel*; lement par des contractions spasmodiques.

Il v a des matinées entières que les paupières s'ouvrent assez bien; mais les après -dînées elles se ferment souvent, et encore plus le sou.

Gasteli.hr.

lîéponse.

Un ve'sicatoire au bras... Infusion de sassafras... Des frictions d'eau de Cologne sur les paupières.

JV. B. J'ai su, en août 1817, par M. Gastellier, que le malade était mort sans avoir éprouvé d'amélioration.

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Observation 399.

Mémoire, le 3i octobre 1775. — La maladie de Madame de L*** a commencé, il y a plus d'un an, par un mal de tête opiniâtre occasionné par le chagrin de la perte de son mari. Cette dame a supporté sa douleur de tète, sans y apporter remède, jusqu'au mois d'août dernier, qu'elle se fit ramener de la campagne. Appelé auprès d'elle aussitôt son arrivée, je la trouvai avec de la fièvre, la peau sèche et brûlante, se plaignant d'envies de vomir et d'un très -violent mal de tète. Son pouls était enfoncé, très-lent et intermittent, sa tète pesante et absorbée. Madame fut saignée du bras, mise à la diète, aux boissons et lavements rafraîchissants. On <se disposait à une saignée de pied le lendemain matin; mais ayant trouvé la fièvre et la chaleur considérablement diminuées, les envies de vomir étant continuelles et la langue fort chargée, je préférai l'émétique, d'autant que le pouls était tellement enfoncé et lent, que j'aurais appréhendé de jeter la malade dans l'apoplexie ou la léthargie, qui me paraissaient imminentes. Nonobstant les évacuations abondantes et long-temps continuées, la paupière de l'œil, du côté de la douleur, se paralysa; elle est toujours restée abattue depuis. Ayant examiné le globe avec attention, je trouvai la prunelle considérablement dilatée, et elle l'est encore aujourd'hui. Je fis surle-champ appliquer, autour de l'oeil et de la tempe.

3lO BBCTIOB TÏI , r il A p i l r. i ?II,

des sangsues, et un Large vésicatoire aux épaules, dont l'écoulement n'a pas dîné, de sorte que La douleur de tête et Pétât de l'œil n'onl pas changé. Ce vésicatoire a attiré au dos une inflammation cutanée, qui a été suivie, sur l'épaule, d'un abcès considérable et semblable à un anthrax : cet abcès a été très-long a guérir. Je pense que l'on peut attribuer la cause de cette maladie au vice des digestions, qui a procuré à la Longue nu épaissement et un engorgement humoral; et an relâchement des solides. Ces deux causes réuniea occasionnent, comme Ton sait, la plupart des apoplexies, sur-tout dans les tempérament! replets. Il est bon de faire observer que Madame était très-sujette à des dé\ oienienls et a des rhumes de cerveau, qui se sont supprimés depuis quelques années, et qu'en conséquence de cette suppression, des engorgements se sont faits dans le cerveau et dans les sinus, où, par le relâchement des vaisseaux, il a pu se faire des dilatations variqueuses ou quelque léger épanchement, ce qui rend la douleur de tête rebelle.

Lov ré, D. M.

N. B. Madame de L*** apporta à Paris ce Mémoire. Mon père approuva l'explication des causes de la maladie, fut obligé d'avertir que l'autre ail courait quelque danger, et insista pour que les moyens conseillés par M. Loyré fussent employa s avec la plus grande exactitude : il regarda l'es-

DE l'eXOPHTALMIE. 3ll

pèce d'anthrax survenu au-dessus du vésicatoire comme avant mis le bon œil à l'abri de la même maladie, et il conseilla un séton à la nuque.

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