AVAIT ROSE
une forte tasse de café à l'eau , sucrée, une heure avant son infusion d arnica.
Délibéré à Paris, le 4 septembre 1816.
Poel , DoiorRS.
Observation 33o.
Mémoire, ce 4 mai 1784. — Un petit garçon, âgé de trois ans, né d'un père pulmonique, a été nourri , jusqu'à vingt - deux mois par sa mère, naturellement bien purtante. mais éprouvant les peines attachées à la maladie et à la mort de son mari. Cet enfant, pendant Fallaitement , a paru bien portant , seulement constipé et d'un teint jaune. Lorsqu'il fut sevré , il lui vint des boutons par tout le corps avec grande démangeaison, beaucoup de gales à la tète, qui suppuraient peu : il avait de plus une petite fièvre et un grand mal de tète.
Les yeux ont été fortement attaqués, et sont devenus rouges , au point d'être six semaines sans pouvoir les ouvrir. On a alors appliqué un vésicatoire derrière l'oreille, et il n'est resté dans un œil que quelques petites taches, qui n'ont pas empêché l'enfant d'en voir ensuite très-bien. Ces boutons et gales ont été accompagnés d'un fort dévoiement bilieux avec coliques , maux de cœur, vomissements. Le dévoiement a duré longtemps , même après les boutons , et s'est dissipé
88 M « I I 0 H \ I I , < Il \ I- I l l; l l .
peu-s | m- 1 1 depuis environ trois mois Les maux de cœur et li pesanteur de tête ont toujours continué.
\ u comtnencenient a avril dernier, il eut beau coup «le (Ions, principalement i la figure, quel ques-unj aux bras et aux jambes. Iprès quinze juin s de suppuration, ils se sont pass* s sans que les veux lussent affectés , mais les maux de i oeui ci le mal de tête étaient toujours considéra* blés.
I c -s du même mois, cet enfant voyait encore très-bieu , ci Le lendemain matin , on s'aperçut qu'il ne voyait plus du tout , sans avoir remarqué eu lui aucun autre changement.
On observe que tant qu'il a été au sein, il n'a
pris pour nourriture (|ue le lait de la niere, que
(lejiuis qu'il esi sc\ ré, il n'a mangé que des soupes, et i toujours fait .sa boisson d'eau d'orge coupée avec »lu lait.
II n'a point été malade de la pousse des dents, et il les a très-mauvaises.
( )n demande conseil sur les moyens les plus propres à lui rendre la vue, qui est entièrement éteinte.
L'enfant qui fait le sujet du Mémoire est attaqué d'une goutte sereine parfaite, causée par le transport dune humeur de gourme au cerveau, où elle s'est déposée sur les couches des nerfs
optiques. Cette humeur de gourme a couvert presque toute l'habitude du corps, sous la forme de boutons accompagnés d'une grande démangeaison; mais il y en a eu aussi beaucoup à la tète sous la forme de gales, et cette partie en étant le plus ordinairement le siège, nous croyons que c'est vers elle qu'il faudrait principalement rappeler cette humeur, et, pour cet effet, nous sommes d'avis qu'on lui rase la tête , et qu'on, y applique des feuilles de poirée ou bette, enduites de beurre frais, qu'on renouvellera soir et matin.
En même temps on tâchera de faire prendre tous les matins à l'enfant environ huit onces de petit -lait auquel on ajoutera une once de sirop violât, qu'il faudra continuer, nonobstant même le dévoiement, s'il existait encore, jusqu'à ce que la couleur de la peau soit dans son état naturel.
Si le beurre et la poirée avaient de la peine à rappeler l'humeur sur le cuir chevelu , il faudrait l'y attirer par le moyen d'un léger épispastique , qu'on n'appliquerait qu'autant qu'il faudrait pour enlever çà-et-là l'épiderme; et, la suppuration une fois établie , il serait vraisemblablement utile de lui placer quelques poux sur la tête , pour attirer de plus en plus, et consommer une partie de l'humeur de gourme, dont le transport au cerveau est visiblement la cause de la perte de la vue.
Il faudra entretenir la suppuration de la tête tant que la nature déterminera les humeurs vers
()i» If CTIOM VII, CB APITRJ I -
cette partie. C'esl !<• moyen le plus sur d obtenu une parfaite dépuration «In sang, e! <!<■ rappeler l.i \nr. sur-tout m on .1 L'attention de faire recevoir aux yeux trois !<<is par jour la vapeur «In baume de Fioravanti. Pour cet effet, il fau! que l,i mère ou la bonne verse dans I une de ses mains quatre ou cinq gouttes de cette liqueur spiriiiicii.se, ci que Les ayant (tendues, en passant l'autre par-dessus, elle couvre de ses deus mains les yeux de reniant sans les toucher, mais de manière pourtant qu'ils soient exposés aui vapeurs actives et pénétrantes que la chaleur «le la main fera exhaler.
On aura soin de purger ions les huit i<>nrs avec sept ou huit grains d»' jalap en poudre, qu'on donnera dans un peu de panade sucrée le matin à jeun, et <>n reculera le déjeûner 1<- plus qu'il sera possible.
On lui retranchera !<• lait, cet enfant n'en ayant que trop pris, et on le mettra à Ja tisane de sqnine pour tonte boisson.
Observation 33 r.
V< moire, le 18 mars 1777. — Une jeune fille, âgée de près de douze ans, tomba malade le i$ novembre 1776. Elle fut traitée et purgée. Rechute le 2D décembre avec une douleur dans tous les membres et un vomissement, pour lequel on lui donna des lavements de décoction de feuilles de guimauve : elle en garda jusqu'à
A M AUROSE. QI
trois, et fut vingt-huit jours sans aller à la selle, quoiqu'elle ne fût nourrie que de bouillon de veau , de pommes cuites , et de pruneaux dont elle buvait l'eau : on lui donnait tous les jours des oranges. Comme elle était très-altérée et buvait continuellement , on lui mettait dans de l'eau un citron coupé en deux. Elle a été frottée pour ses douleurs avec du savon et de l'eau -devie, puis avec de l'eau de la reine de Hongrie, ce qui les a dissipées; mais, depuis le 20 janvier, elle a totalement perdu la vue, sans avoir ni taches ni rougeur sur les yeux, ni aucun autre vice apparent. Cela lui est venu à la suite d'un violent mal de tête.
On propose un vésicatoire derrière le cou.
Réponse.
Les„remèdes spiritueux dont on s'est servi pour frotter les parties douloureuses, et qui étaient si bien indiqués, paraissent ici avoir répercuté les humeurs qui s'étaient portées à l'extérieur, et ces humeurs, repoussées au-dedans, se sont déposées à la base du cerveau et ont obstrué les nerfs optiques, d'où résulte la perte de la vue.
Les accidents qui ont précédé l'époque de la cécité , il y a environ deux mois , rendent ce casci plus grave que ne le sont la plupart de ces maladies. En effet, près de deux mois avant la goutte sereine dont elle est attaquée, la malade
g - -. i i i i <> \ \ i l , CHAPITBl i .
i été prodigieusement échauffée et extraordinai rement constipée.
les \. su atoires que I «>ii propose rallumeraient à • présent !<• feu mal éteint «!<• ce jeune corps, et si l'on a quelque chose à en attendre, ce ne sera qu'après qu'on L'aura bien détrempé. Il ne peut donc être question de vésicatoires et <!<• | » m i gâtions de quelque temps. Il faut commencer pai l'usage <lu petit-lait clarifié, et pai Les bains de pieds, auxquels <>n fera Buccéder des demi-bains
Observation 33a
Paris, l' i 5 1 1 < » v embi e 1 8 1 6.
Mémoire. — M. <!<■ 1'.'". âgé de soixante -trois jus. eut la petite-vérole à I âge de six ans : il eut L'œil droit un peu affecté, et il en Loucha ;i l'âge de <li\ ans et depuis, parce qu'à cette époque, pondant une fièvre adynamique, son ht lut placé ;i un jour défavorable. Le malade navigua presque sans discontinuité depuis L'âge de douze ans jusqu'à celui de trente - huit, \pn-s trois ans de séjour en Amérique, en revenant de Saint-Domingue, il eut une espèce de furoncle au menton, qui abeéda à son arrivée en France, et qui rendit prodigieusement pendant six semaines. En 1802, le malade s'aperçut qu'il avait l'œil droit plus faible que Le gauche. Il eut quelques étourdissements à deux ou trois reprises. On lui fit mettre
les sangsues , un vésicatoire , et prendre l'émé tique. Son père depuis l'âge de cinquante ans a vécu jusqu'à soixante-dix-huit aveugle par l'effet de deux glaucomes. Il y a deux ans , le malade consulta. On annonça qu'il s'agissait de cataractes, qu'il fallait attendre leur maturité. En février dernier, on craignit une goutte sereine : on parla de sangsues, d'émétique, et d'un séton. On trouva ensuite que la rétine était affaiblie, et qu'il fallait un vésicatoire derrière le cou , et enfin le moxa , s'il était nécessaire; ce que le malade ne fit pas, parce qu'il avait gardé un vésicatoire au cou pendant deux mois assez récemment, et qu'il n'en avait éprouvé aucun effet.
Au mois de juin, des douches d'eau artificielle de Barèges ont été suivies de vingt-quatre bains de même nature , à la suite desquels le consultant éprouva une disposition à l'engourdissement, au point de s'endormir plusieurs fois dans la journée. Six sangsues derrière les oreilles , quelques pédiluves, ont bien fait. Une courbature accompagnée de fièvre, dans les premiers jours de ce mois, a été soulagée par trois grains d'émétique et une purgation. La vue baisse de jour en jour.
Les soussignés, après avoir examiné les yeux de M. le commandeur de B***, ont reconnu que les pupilles avaient perdu de leur forme ronde,
i)'l s i i i i o \ \ i i , r il a ci l l: i i ,
que leur m< >u\ émeut de < oust i ici i< >ii cl de dilatai ion était pi esque nul.
Ils conseillent l'usage d'un petit verre i liqueur de \ 1 1 1 blanc, dans lequel ou mettra deux gros de sel ammoniac par pinte. !-<• malade prendra ce petit verre «le vin un peu avant sou dîner. Sommités «le germandrée eu tisane pour prendre le matin à jeun, en deux ou trois verres pendant trois semaines; mettre quinze jours d'intervalle,
• I \ revenir. On pourra substituer à la germandrée la mélisse et autres plantes analogues.
Le malade s.- fera faire tous les matins des frictions avec une brosse Bur les épaules, le dos
• •I |,t poitrine.
Délibéré à Paris, le 29 novembre 1816.
TlM I. , l)l MOI
Observation 333.
Mémoire à consulter pour un jeune homme di Norwège.
Bordeaux, le 28 septembre 1769.
M***, âgé de quatorze ans, est né de parents sains; il a éprouvé dans son enfance quelques maux aux yeux qui n'attaquaient que les paupières. Il fut inoculé à 1 âge de six ans, en 1760. L'éruption se fit en petite quantité. Deux ans après, la vue du consultant commença à safi.ii-
ÂMAUROSE. g5
blir insensiblement, au point qu'en 1767, il lui restait à peine la faculté de distinguer les couleurs, sans que néanmoins ses yeux parussent altérés en aucune manière.
Depuis, il s'est joint à ce triste état de nouveaux accidents; il a essuyé plusieurs attaques d'épilepsie, qui se sont annoncées d'abord pendant le sommeil, et sans que le malade en fût réveillé, ni qu'il en conservât aucune connaissance à son lever; mais ensuite il a éprouvé des attaques pendant le jour , à la suite de quelques frayeurs. Il en a même essuyé quelquefois à son réveil, qui ont été suivies d'un grand abattement, d'un état de stupeur dans toute la machine, qui cependant n'était accompagné d'aucun autre accident , et finissait même assez promptement.
Nous n'avons aucune connaissance de l'espèce de remèdes qu'on a mis en usage; nous savons seulement que les médecins du pays du malade jugeaient ces deux maladies comme dépendantes en quelque sorte de la même cause; ils attribuaient la perte presque absolue de la vue à la faiblesse des nerfs optiques, et les mouvements épileptiques au relâchement des fibrilles nerveuses du cerveau. Ces médecins ont sans doute prescrit des remèdes en conséquence. En Danemarek, on a infructueusement tenté beaucoup de moyens. Le malade a fait le voyage d'Angleterre pour aller se mettre entre les mains de M. Taylor, qui l'a fait saigner à la temporale, et lui a fait prendre long-
s i ( i i u \ ITIIy CH APITE1 i |
temps des pilules el nu élixir dont il s fail un secret. <m lui a passé mi séton a la nuque, éts Mi un caut< re au bras. Le séton a tari el esl bien cicatrisé; l<- cautère donne, mais sans aucun s<m
lacement.
Voici ce qu'on! observé l«-s médecins el chirurgiens qui ont vu le malade ici , où il esl depuis trois semaines.
s.i carnation est naturelle; il paraît être don tempéramenl pituiteux, sanguin, assez robuste. Le pouls n'a ni trop de fréquence, ni ir<>j» de Lenteur; il esl d'une taille el dune corpulence avantageuses pour son âge : sa tête esl large par en haut; le tronl esl applati el les tempes sonl relevées ! il a l'air abasourdi; ses veux sonl beaux el clairs; la pupille esl habituellement contractée , ei eependanl susceptible de dilatation; on l'a
<>l).sei\ee dans ces deux états.
Si le malade fixe quelquefois un objet, il distingue au poinl de !<■ bien juger; mais il faut qu'il
Je regarde de côté. C'est ainsi qu'il a reconnu plusieurs cartes en voyanl jouer, etc.
Il a essuyé, depuis qu'il esl ici, quatre ou cinq attaques d'épilepsie, avec écume à la bouche et convulsions dans quelques membres : en tout il nous a paru avoir éprouvé déjà de l'amélioration; l'air vif el tempéré de notre ville semble lui convenir; il distingue mieux les objets; il est plus
gai.
Il a été évacué avec un purgatif résineux a pe
tite dose , qui a bien opéré ; on lui a rasé la tête pour pouvoir la brosser plusieurs fois le jour; il fait de l'exercice, et en éprouve un bon effet; il prend deux fois par jour des bouillons adoucissants et céphaliques ; il boit pour tisane une décoction légère de gayac.
P. S. Ne serait-ce pas le cas de l'aphorisme d'Hippocrate?
Epilepticis pueris mutationes, maxime œtatis, et regionum, et vitarum, liberationem faciunt.
Réponse.
Indication d'un traitement antiépileptique. Passer un nouveau séton.
Observation 334- , Issoire , le 3o juillet 1770.
Mémoire. — Le jeune homme pour lequel on consulte est âgé de vingt- cinq ans; il eut la petite vérole à l'âge de neuf ans , et depuis il a toujours paru sanguin, ayant le visage, coloré, les yeux gros et un peu saillants. A quinze ou seize ans , il éprouva , pendant la nuit , une attaque d'épilepsie; il fut quelques jours malade, avec des envies de vomir , mais sans effet ; sa santé fut bonne pendant trois mois , après lesquels il essuya de même, pendant la nuit, une seconde at- ///. 7 *
q8 lECTIOfl VI I) CHAPITR] i ,
taque <i<- cette cruelle maladie; on ne la lui cou naissait pas encore. Ce dernier accès fui suivi «l'un légi r assoupissement. Quelques in«>is apr< s, il éprouva mu' forte douleui <!<• tète « j 1 1 i fit craindre pour sa \ ie ; elle dura trois i<>ms avec la même violence, et continua quatre à < -i n< j jouis .1 un degré inférieur , accompagnée de fi<\i< • i d'assoupissement. Depuis cette époque, il a éprouvé deux fois de fortes coliques, qui duraient environ huil heures, à un degré de violence extraordinaire. Il eut dans le même temps, pendant les coliques, des syncopes, mais rien ne caractérisait I épilepsie. Iprès ces deux accès de colique et même pendant les intervalles du premier au second, jusqu'à L'âge de vingt-un ou vingt-deux ans, il éprouva des paroxismes qui Eurent accompagnés de tout ce qui caractérise l'épilepsie. Chacun d'eux <lur;iii vingt <>u vingt-cinq minutes, el laissait après lui un assoupissement qui diminuait insensiblement, et se faisait encore sentir, quoique légèrement , dix heures après la crise.
Ce fut après sept à huit attaques de cette dernière espèce, que le mal s'étant suffisamment manifesté, on essaya d'y remédier : le jeune homme était alors dans sa vingt-unième année. On lui lil taire usage de bouillons faits avec la racine de pivoine, les yeux d'écrevisses , etc. Il rut saigné m pied, pril des bains, et usa pendant un an d'une infusion de fleurs de tilleul , qu'il prenait
chaque soir avant de se coucher; on lui pratiqua aussi dans ce temps un cautère au bras ; il le garda environ treize mois.
Les paroxismes disparurent pendant un an ; sa santé était assez bonne , il prenait beaucoup d'exercice, sur -tout à cheval. Le consultant se croyant bien guéri, se maria à la fin de cette même année; son mariage fut bientôt suivi des mêmes paroxismes. Pendant sept à huit mois consécutifs, il essuya, à différentes reprises, et à un mois environ d'intervalle, sept à huit accès qui laissaient toujours le même assoupissement. Il fit rouvrir le cautère, reprit des bains, l'infusion de tilleul, des amers, et du petit-lait.
Le mal a peu dégénéré. Le consultant n'a pas éprouvé, pendant environ vingt mois, des paroxismes semblables aux premiers ; mais il a de fréquents et violents maux de tète qui lui occasionnent des douleurs insupportables , qui lui ôtent quelquefois la connaissance, le jettent dans le délire , et lui font pousser des cris affreux. Le pouls alors paraît petit ; on y a remarqué des mouvements convulsifs. En octobre dernier, il ressentit une si violente douleur de tète, qu'il resta pendant vingt -quatre heures dans un état critique, et à deux courtes reprises, comme s'il eût été frappé d'apoplexie. Pendant les douleurs, les extrémités sont froides. Pour en calmer la violence, on eut recours à la saignée du pied, qui soulagea le malade dans le commencement. On
IO0 s l I I 10 N \ I I , I M I P l I I i i -
l.i répéta h chaque attaque; elle devint k la hui tième lois inutile : on lui lit prendre des émul sions, qui réussirent d'abord, et qui, dans la suite, n'opérèrent aucun effet. On en vint enfin aux narcotiques, et on fut obligé <!«• mettre dans l.i dernière prise, pour une seule dose, une once et demie de sirop «le pavots blancs, el vingt gouttes anodines.
Vers le mois d'août dernier, <»n conseilla au malade d'aller aui eaui «lu Mont-d'Or, ou il prit <li\ douches d'environ «lix minutes; il j éprouva de légères douleurs «le tête. Il ;i\;iit use, avant d'aller au Mont* d'Or, de feuilles d'hièble séchéeS
;tll four, ensuite mniscrs ;i\ee une e;iu spiri- I lieuse, el II il ses su I l.l 1 1 le. < e l emedr exeit.u I Il lie
abondante transpiration; le malade en était soulagé. A sou retour du Mont-d'Or, il voulut en
user (le nouveau; nuis alors cette application parut lui être nuisible.
Les remèdes,la maladie, ou une autre cause qu'on ne connaît point , ont extrêmement fatigué la
vue du consultant. 11 crut devoir se faire passeï un seton ; il y a environ huit mois qu'il l'a à la nuque. Depuis cette dernière époque, sa vue s'est graduellement affaiblie, et maintenant il ne a oit presque rien, si ce n'est du petit angle de chaque œil qu'il distingue tant soit peu la lumière. Il sort fréquemment de ses acux des gouttes d'eau ei notamment lorsqu'il prend l'air.
11 y a environ huit mois que le consultant
AMAUROSE. IOr
porte habituellement une calotte de peau , qui le fait beaucoup transpirer à la tête. Il a fait usage , pendant trois semaines ou un mois, d'un bol de poudre de valériane ; il se purgea deux fois pendant cet espace de temps ; après avoir pris l'ipécacuanha, il éprouva deux paroxismes mêlés d'épilepsie. Il a passé ensuite à l'usage du jalap en poudre; voilà vingt- quatre fois qu'il en prend à quatre ou cinq jours d'intervalle : c'est le remède dont le consultant fait actuellement usage. Sa vue est toujours dans le même état, c'est-à-dire, que pendant la nuit il ne voit la lumière des bougies que par Te petit angle des yeux. Depuis deux mois et demi, il se fait raser la tête deux fois par semaine, et se la fait alors frotter avec un peu de baume de Fioravanti : il en met de temps à autre dans la main , et l'approche ensuite de ses yeux. On prie M. Demours de vouloir bien donner son avis et prescrire les remèdes convenables. Les yeux du malade n'ont aucune tache ; ils sont beaux, un peu troubles, un peu larmoyants, un peu plus gros et plus saillants qu'à l'ordinaire.
Réponse.
lV. B. La consultation en réponse fut rédigée par M. Bouvart.
Il n'est pas douteux que la maladie sur laquelle on consulte ne soit une épilepsie ; mais il n'est pas également certain si elle est idiopathique ou
lOfl I i 10 N \ i i . ' il \ i' i i r. i i .
symptomatique. si <ll«' dépend <l un vice particu lui du cerveau , <ll«' est îdiopathique; si elle est symptomatique . elle peut être occasionnéeou pai quelques abus auxquels l<- malade se sérail livré, ou par des vers qu'il pourrait avoir dans l'estomac "H «luis les intestins.
I e qui pourrait faire soupçonna r la premi< n cause, <• <st que I epilepsie a commencé avec I âge de puberté, el qu'à plusieurs années de là, avant
risse ;iil point que le malade se eio\ail vjirri ,
elle ;i recommencé el elle est même devenue plus
violente après son mariage.
si ees soupçons se trouvent justifiés par l'aveu du malade, <»n sent bien que le seul moyen de le guérir serait nue sagesse très-exacte et continuée pendant plusieurs années.
D'une autre part, les présomptions que l'on peut avoir de vers qui pincent l'estomac et les intestins , sont les deux violents accès de colique qu'a eus le malade , el le changement de forme qu'ont pris ees accès d'épilepsie; car le Mémoire porte qu'ils ont dégénéré . et qu'aujourd'hui ils consistent dans de violents et de fréquents maux de tète, qui font perdre connaissance au malade, lui occasionnent du délire, et lui font pousser des (lis affreux. S'il avait été ou était encore sujet a rendre «les vers, il n'y aurait plus lieu «le douter «pie ces insectes ne fussent la cause de l'epilepsie, et il serait facile de la guérir en les
expulsant.
On ne pourrait pas promettre la guérisoi: tant de confiance dans le cas ou la maladie serait dépendante d'une cause locale dans le cerveau. Le seul fruit qu'on pourrait espérer des remèdes proprement dits antiépileptiques, ce serait de rendre les accès et moins lon^s et moins fréquents.
Avant de proposer de cruelle manière on doit se conduire selon le cas supposé, il est bon d'avertir qu'on ne doit pas négliger la cécité presque complète à laquelle est réduit le malade, à raison de l'engorgement qui s est fait dans les vaisseaux qui rampent autour des nerfs optiques par l'impulsion violente des liqueurs déterminées vers ces parties par la répétition des accès d épilepsie. On peut commencer le traitement par l'application des remèdes convenables à cet objet , d'autant qu'ils ne peuvent nuire, mais, au contraire, convenir à d autres égards , et que la perte entière de la vue dont le malade est menacé, exige de la célérité dans l'exécution.
yous sommes d avis que , pour faire une révulsion prompte et efficace, le malade soit saigné deux fois du pied , à la quantité de trois palettes chaque fois dans l'espace de vingt-quatre heures, et que, le troisième jour, on lui donne quatre grains d'émétique dans une chopine d'eau , mesure de Paris , que l'on partagera en trois verres, pour les donner d'heure en heure, à condition cependant de supprimer le troisième, si le* deux
in'j BECTIOD nii, « m I F i i I i i •
premiers f • » ■ ■ t beaucoup d'effet par en baut el par en bas. Pendant L'opération du remède, pour faciliter !<• vomissement, <»n donnera beaucoup d'eau d'orge tiède. Cela fait, <m le mettra ■< lusage habitue] d'une décoction <!■■ valériane sauvage concassée, à la quantité d'un gros el demi, ci bouillie pendanl une demi-heure dansune chopine d'eau. On passera, el l'on \ mettra infuser .1 froid, pendanl douze heures, une demi -once de racine fraîche «le raifort sauvage, râpée. On passera la liqueur une seconde fois, et on la partagera en deux doses, qui seront prises, l'un» l< matin, au réveil, et l'autre le soir, deux heures
avant OU après un léger BOUper. Ce remède sera
continué fort long- temps, ou, pour mieux dire,
jusqu'à ce que la vue soit rétablie.
Quant aux vers, rien n'empêche qu'on ne combatte cette cause pendanl qu'on B'occupera de rétablir la vue. En conséquence le malade , sans abandonner L'usage de I apozéme ci-dessus, prendra vers neuf heures du matin, à midi, el a six ou sept heures du soir, deux cuillerées d'une potion faite avec parties égales de suc. de citron, d'huile d'amandes douces par expression à froid, et de sirop de fleurs de pêcher. Chaque fois que Ton versera cette potion , on aura soin de bien secouer la bouteille. Pendant l'usage de ce remède, on examinera soigneusement les matières, afin de voir s'il ne s'y rencontre pas des vers. Quand <»n l'aura continué trois semaines, si l'on
AMAUROSE. Iû5
n'en aperçoit aucun, on y substituera un bol, composé de vingt-quatre grains de coraline , autant de semen contra, et huit grains d'éthiops mine'ral , le tout lié avec suffisante quantité de sirop d'absinthe. Le bol sera réitéré le matin et le soir , au moment de prendre la décoction de raifort et de valériane.
Lorsqu'il aura été continué trois semaines, s'il ne fait pas sortir de vers, on aura recours aux pilules suivantes , vermifuge plus puissant.
Prenez iïassa-fœtida , deux gros; de myrrhe choisie, deux scrupules; et douze grains d'aloes succotrin. Faites dû tout une masse bien mélangée, dont vous formerez des pilules du poids de deux grains. Le malade en prendra trois le matin et deux le soir, aux mêmes heures où il aura pris les bols ci-dessus ordonnés.
Si l'un des trois remèdes vermifuges fait rendre des vers , on s'en tiendra à celui-là, quel qu'il soit, et l'on en continuera l'usage jusqu'à ce que les accès d'épilepsie soient totalement cessés.
Pendant tout le traitement l'on aura soin de purger tous les huit jours avec un gros et demi de follicules de séné , autant de sel végétal , un gros de rhubarbe concassée, et une pincée de sommités d'absinthe et de petite centaurée ; le tout infusé à froid pendant douze heures dans un grand verre d'eau, que l'on chauffera ensuite pour y fondre deux onces de manne et le passer par un linge. *
i oh s i ( ri OH I i i i CHAPITR] i ,
si le malade, après avoir lui tout ce oui vient de lui être conseillé, ne rend point <l<- vers, «i que ses accès continuent toujours, il faudra bien traiter la maladie comme idiopathique, et recourir aui antiépileptiques proprement dits.
Ce nouveau traitement consistera à prendre l<matin .1 jeun et le soir, deux beures avant souper, un gros de poudre de Guttete , liée avec suffisante quantité <l<- sirop de stécas, poui en foire un bol, par-dessus lequel il l>«>iia un verre de l'apozeme suii ant.
Prenez des feuilles et bois de gui de chêne, deus gros; de racine de valériane sauvage, un gros: faites 1 >« > 1 1 1 1 1 1 r- le t < » ■ 1 1 bien concassé dans une chopine d'eau pendant une heure. Passez la liqueur toute chaude, j»;u t.iiM/.-l.t en <l«n\ doses. L'une pour le matin, et l'autre pour le soir. Vous délayerez dans chacune une demi-once de sirop de pivoine. Ces derniers remèdes, pour produire quelque effet, ne doivent pas être continués moins d'un an. Peut-être faudra-t-il en prolonger l'usage bien ;nidelà. Tant que le malade les prendra , il sera purgé tous les quinze jours.
Le régime doit être fort exact, et consister dans des soupes, des viandes tendres de boucherie oy de la \olaille,des œufs Irais, et quelque peu de poisson (pu soit dune chair légère et point huileuse, irit, grillé , ou cuit à l'eau. La boisson sera de bon vin vieux, mêlé avec trois quarts d'eau. Dans tons les cas que nous avons supposes. !<•
malade doit éviter d'habiter avec sa femme. Il doit éviter aussi les contentions d'esprit, longues ou fortes, les veilles, et tout exercice forcé. A l'égard de la nourriture, celle que nous lui conseillons renferme l'exclusion de toute autre.
Délibéré à Paris , le 5 août 1 770.
Demours. Botjvart,
Médecin de la faculté de Paris, de l'académie royale des sciences, et an cien professeur au Collège royal.
Observation 335.
Consultation pour M. D*** de Liège.
L'amaurose , ou goutte sereine parfaite de M. D***, fut précédée de quelques jours par une enflure des jambes , sur lesquelles on a observé quelques taches pourprées. On a fait différents remèdes qui n'ont eu jusqu'ici aucun succès ; mais nous observerons qu'on ne doit recourir à ceux qui peuvent rappeler la vue , que lorsqu'on aura préalablement corrigé la constitution scorbutique des humeurs. Chez le malade ,1a circulation est d'une lenteur extraordinaire ; les pulsations de l'artère brachiale , qui , à son âge , doivent monter entre 60 et 70 par minute , ne sont chez lui , le matin , que de 3o, à 4 ( . 11 est vrai qu'après le dîner elles sont plus fréquentes , mais Je pouls
lOl s i < i i n > v i i , < il \ i' i i i: i i ,
n'est guère plus développé, et il est si petit, si concentré, qu'on a peine ;t le trouver. Cet état, <|ui ae peut pas être naturel chez un jeune homme «le vingt* un ans, décèle manifestement la lenteur de la circulation, qu'on ne peut attribuer qu'à l'épaississemenl des liquides
Le conseil, regardant le nce des humeurs
(itmine la eau.se primitive de tous les ae< idents
qu'a éprouvés le malade, pense qu'on ne doit attaquer la goutte sereine que lorsqu'on sera par venu à leur rendre leur fluidité naturelle, l n traitement trop prématuré serait, en pareil cas, plus Duisible qu'utile.
Nous conseillons au malade de continuer les bouillons et les laxatifs dont L'usage a été commencé pendant son séjour à Paris.
Nous nous proposions de tenter les bains, comme un moyen qui pouvait contribuer à donner de la fluidité aux humeurs ; mais ce remède n'est pas toujours sans inconvénient dans les maladies de la tète, parce qu'il détermine les humeurs à se porter vers les parties supérieures., et qu'il faut en observer les effets avec une attention particulière pour les continuer, les suspendre, ou les cesser à-propos. On pourra dans la suite augmenter la dose des antiscorbutiques, selon les indications qui résulteront des effets du régime actuel.
On ne peut fixer le temps qu'il faudra continuer l'usage des bouillons, des sucs, du sel de
Glauber et de la demi-once de manne; il ne faudra les cesser que quand la circulation et les autres fonctions seront rentrées dans leur état naturel.
Délibéré à Paris, le 3o mai 1782.
Demours, Gr and jean aine, Gr andje an jeune.
Deuxième Consultation pour M. D*** de Liège.
Nous avons regardé la maladie de M. D*** comme dépendante d'un vice des humeurs. L'opinion de M. Limbourg , son médecin , est conforme à la nôtre ; ainsi nous n'avons rien à changer à l'étiologie que nous avons donnée de la maladie. Les nerfs optiques sont comprimés dans leur origine par une matière visqueuse et épaisse qui circule avec peine dans les vaisseaux déliés du cerveau, et qui les obstrue, de manière à intercepter le cours des esprits animaux dans ces nerfs. Les indications qui se présentent ne sont ni équivoques , ni difficiles à saisir , mais il n'en est pas de même des moyens propres à les remplir, et sur cet article : Tôt capita, tôt sensus.
L'enflure des jambes et les taches qui s'y sont manifestées , il y a environ cinq mois , et qui ont précédé l'aveuglement , nous ont fait regarder le vice scorbutique comme la cause première de cette maladie. C'est dans l'intention de le corriger que
[ fO s | i | | o \ \ I I , ( Il \ p I I I. I I .
le conseil soussigné a proposé] nsage des délayants, associés aux antiscorbutiques, par lesquels il lin ;i paru absolument nécessaire <!<■ commen cer, avant de passer ;i ceui qui auraient un rapport plus direct à L'état de la i ue Ils n'ont encore opéré aucun effet sensible. Serait-ce parce qu'ils ne vont pas directement au I m i qu'on se propose, <»u parce qu'ils aonl pasétécontinuésaussi long-temps que l'exige la constitution présente des bumeurs ' Vous sommes persuadés qu'on doit les continuer jusqu'à ce que le pouls soil revenu dans son étal
naturel. Vins observerons a cet égard que le lait ,
m efficace dans certaines maladies de la poitrine. n'agit <|nc très • lentement , mais qu il produit enfin son effet.
Le conseil pense <|iion ne doit |).is pcidiede nie L'objet essentiel; c'est de delicmper les bumeurs et de leur donner de la fluidité; car, lorsqu'elles auroni acquis celle qu'elles doivent avoir naturellement, leur acrimonie diminuera de plus en plus, et enfin disparaîtra totalement, ainsi que les accidents qui en dépendent. Si l'on y parvient, la circulation se rétablira dans toutes les parties du corps; le cerveau lui-même participant à cette amélioration, la sécrétion et la distribution des esprits animaux s'y feront plus librement; on espère que les nerfs optiques s'en i essentironi , et que la circulation , reprenant dans es mils son cours ordinaire, la vue pourra se établir t ette espérance est principalement fondée
sur ce que les fibres circulaires de l'iris ne sont pas paralysées, puisque les pupilles dilatées, dans l'obscurité , se rétrécissent lorsqu'on expose les yeux au grand jour , quoique la rétine soit absolument insensible à son impression. On peut en conclure que l'engorgement du cerveau ne s'étend pas au - delà des couches des nerfs optiques , et que les parties de la moelle allongée , d'où naissent les nerfs qui concourent à la formation du ganglion lenticulaire qui fournit les filets qui se distribuent à l'iris, ne sont point obstruées de même.
Nous persistons dans l'idée que nous avons adoptée d'abord , de recourir aux délayants et aux antiscorbutiques. Comme la classe des uns et des autres est fort étendue , on pourra en substituer de nouveaux à ceux dont M. D*** a déjà fait usage, et y joindre des fondants légèrement purgatifs , plus convenables aujourd'hui qu'ils ne l'eussent été au commencement de la maladie , parce que les humeurs doivent être mieux préparées qu'elles ne l'étaient alors. Nous serions même d'avis qu'il profitât de la saison pour prendre les eaux thermales , avant d'en venir à de nouveaux remèdes. Il y a tout lieu de croire que les eaux minérales chaudes pourront corriger la glutinosité du sang, et en rendre la circulation plus libre. On jugera de l'amélioration par l'état du pouls , et on continuera les remèdes jusqu'à ce que les pulsations montent le matin, au réveil du malade, k
119 1BCTI0IT YII, CH A.PITRJ I ,
soixante par minute, que les matières des selles in soient plus brûlantes, m noues, ci que le froid, que monsieur éprouve aui extrémités, soil nu uns stiisililc. Le cheval aous parail aussi un moyen propre à tendre au même but, sur-tout pendant I usage <l< is eaux thermales.
Délibéré à Paris , l<- H aoûl 178a.
Di ifoi as . Gbabtdji lb aine ,
( ii; v. mu 1 \ n jeune.
Observation 336.
Orlrans. le ao août 1784.
Mémoire. — M. M**¥ a trente ans; il est grand, bien fait; rien danssa taille n'annonce que quelque défaut dénature ait été la cause des maladies qu'il a éprouvées. Son embonpoint, au contraire, indique
un tempérament qui tient à une constitution régulière et solide. Appliqué de bonne heure aux occupations sérieuses, sa première jeunesse s'est passée sans excès; le soin des a Ha ires de sa maison fit de tout temps sa principale occupation. Le travail assidu dans son cabinet lui occasionnait de fréquents maux de tète; enfin , en 17785 époque du dérangement de sa santé, un voyage, au plus tort de la chaleur, acheva d'échauffer la masse du sang, et lui occasionna une fièvre inflammatoire qui , mal prise dans son principe , le mit en danger; pendant sa maladie, il fut saigne
AIAUROSE. Il3
jusqu'à défaillance; le siège des nerfs fut attaqué. Dès le principe , de violents transports dans les redoublements, une démence dans les temps de calme en furent les suites ; sa convalescence fut longue et difficile. Il lui resta long -temps une faiblesse d'estomac qui troublait ses digestions. Il négligea sur -tout de réitérer les purgations, seules capables sans doute d'évacuer les humeurs. L'année suivante, il éprouva des fièvres avec des maux de tête violents; il parvint à dissiper les premières par un bon régime , remédia aux seconds par un vésicatoire à la nuque. Ses forces n'étaient pas eîicore recouvrées quand il se maria au mois d'août 1780. L'année suivante il éprouva encore des retours de fièvre avec des douleurs erratiques, qui se dissipèrent en 1782. La fièvre et les douleurs reparurent de nouveau et furent plus fortes que par le passé. La fièvre céda cependant; l'humeur, plus opiniâtre, parcourut successivement toute la partie droite en commençant par la jambe, gêna long- temps les mouvements de la cuisse , remonta ensuite au bras droit, et passa dans la tète, où elle causa des maux violents, ainsi qu'au col, dont elle gêna également les mouvements. Enfin elle quitta la tète et parut se fixer sur la clavicule droite , et en augmenta le volume du double de celui de la gauche. Les fortes douleurs qu'il éprouva dans cette partie se communiquèrent au bras, qui devint douloureux dans toute son étendife. Cette ///. 8
i i I | i ( i i (i \ \ i i , < il \ i' i i I i i ,
mhIc de gène, de mal-aise qu'il ressentit peu «i.i ii i près de buil mois le mirent dans nu étal d'abattement, de maigreur, <!<• faiblesse, qui tendait au marasme, et lit craindre |>«>nr ses jouis
I m i-s '» il prit Le parti d'aller se faire traiti Paris, \\ani «le commencer son traitement, on lui demanda s'il c'avait jamais eu de maladies vénériennes. M. Il"* se ressouvint qu'en 177'! il avait eu un écoulement peu considérable; oa
II 'hésita pas à croire qu'il avait eu une Grastt gonorrhée; et, sans égard aui accidents qu'il
a\atl éprouvés , on le soumit a un traitement
antivénérien. Il s'en irou\;i sonl.i-.-. Les traitements ont fini en janvier dernier, et sa santé n'a pas chancelé; mais, depuis un mois, su rue s'est obscurcie; les objets Lui paraissent courus, ce qui fait craindre que la première cl véritable cause de la maladie n'ait pas été détruite. Il est
1 observer que ces accidents se sont toujours renouvelés dans les ('tes, et cette périodicité parait avoir un rapport intime avec la première maladie
qui se déclara vers la fin d'août en 1778.
M. Deshais Goudron est prie de donner son avis sur le présent exposé.
Réponse.
Apres avoir examiné avec toute l'attention possible les yeux de M. H***, et lu le Mémoire qu'il nous a présenté , nous pensons qu'il est menace d'amaup >sc , et qu'il faut, sans hésiter faire tout pour en arrêter les progrès.
AMAUROSE. Il5
Le mercure qui lui a été administré, sur des soupçons vagues de maladie vénérienne, a semblé donner au malade l'espoir d'une guérison parfaite; mais ce remède n'a fait que mettre l'humeur en mouvement, et la déplacer sans la détruire; elle est toujours existante dans la masse du sang, et elle se porte actuellement à la tête et sur les couches des nerfs optiques. Les myopes ont ordinairement la pupille plus dilatée; chez le malade elle est, au contraire, plus resserrée, et a fort peu de mouvement. Pour remédier à cette maladie , il s'agit d'évacuer et de déplacer l'humeur qui semble vouloir se fixer sur les parties sensibles et nerveuses des deux yeux. Nous sommes d'avis que l'on pratique de suite un séton à la nuque. Le malade le gardera au moins pendant six semaines. Tous les matins il fera usage d'une infusion théiforme de bâton d'angélique confit; on en mettra un gros sur chaque tasse.
Deshais Geîndron.
Orléans, le 22 août 1784-
N. B. M. H*** vint à Paris consulter mon père , qui l'engagea à retourner à Orléans, et à suivre les avis de M. Gendron, auquel il lui conseilla d'accorder sa confiance.
Observation 337.
Troyes, le 19 juin 1784.
Mémoire. — M. J*** a cessé brusquement de voir de l'œil gauche, sans qu'aucune cause extérieure ait
occasionne cet necident. Cet •■•il paraissant senle ment mi peu plus brillant que le droit, la prunelle étant plus contractée, le médecin consulté a attribué la maladie à nn engorgement phlogisti que dans l'intérieur «le cet organe; en consé quence il a prescrit des boissons délayantes el rafraîchissantes, une saignée, des lavements , et des pédiluves : au bout de huit jours , à I aide des topiques adoucissants et relâchants, et d un mi* aoratif, M. .1'" voyait < 1 < • son œil malade aussi distinctement que de l'œil sain. Quelques jours après, il lui sembla qu'il se troublait de nouveau. Des personnes consultées lui conseillèrent l'application de l'eau 'les carmes, et du baume de Fiora* N.inii. Ces remèdes produisirent l'ophtalmie la plus Forte. Sun médecin la combattit ave< les premiers remèdes qu'il avait prescrits. Il ne le fit
point saigner; mi is il i m s i > t ; i sur les milieu ;itifs.
Cette conduite mit l'œil dans son état naturel et M. r** est parti.
N.B. M. J*** vint ;i Paris consulter mon pèrt et M. Morisot Deslandes, médecin, qui rédigèrent ensemble la consultation dont suit l'extrait:
M. J*** a eu ce qu'on appelle vulgairement un coup de sang qui a porte sur les couches des nerfs optiques et a occasionné la compression du nerf optique de l'œil gauche, d'où suivit la perte de la vue de cet œil. lue saignée, un minoratif, des boissons, des lavements, des pédi
iuves, avaient en partie rétabli la vue : cette amélioration n'a duré que pendant un petit nombre de jours, et ce qui prouve que c'est le sang qui en se portant à la tête est la cause de la maladie, c'est que la vue s'est éclipsée de nouveau , et que l'œil a été attaqué d'une violente ophtalmie. Le malade est jeune; il est d'une constitution pléthorique, et le sang se porte chez lui à la tète.
Dans la crainte de rechûtes , le conseil soussigné est d'avis qu'il soit saigné du pied , et vingtquatre heures après de la jugulaire. Au cas que la saignée de la jugulaire fût impraticable , à raison de l'embonpoint de cette partie, on y suppléerait en appliquant à la tempe, du côté gauche, une douzaine de sangsues; le lendemain on donnera un émétique; on passera à l'usage de l'eau de Balaruc, et on appliquera un vésicatoire derrière le cou.
La Neuville en Orléanais, le 16 juillet 1783.
Mémoire. — Monsieur, j'ai eu occasion de voir un domestique que vous avez guéri à Paris d'une maladie qui aurait infailliblement dégénéré en goutte sereine. L'état de ses yeux est évidemment meilleur ; mais , malgré l'abondante dérivation d'humeurs excitée par les deux vésicatoires , le malade est toujours pléthorique ; son pouls est dur, plein et fréquent ; de constants bourdonnements d'oreilles sont accompagnés de douieurs ce-
| | S SECTION \ I I , < Il A I' I I I. I I ,
phalalgiques dans les jouis très-chauds ou orageux. I /effet révulsif de ces vésicatoires c'a pu empêcher que depuis quinze jours l<- sang n'ait porté cinq ou sis fois à la tête, au poinl «le cause! des accidents analogues à l'apoplexie. Chaque attaque a été suivie d'engourdissements des extrémités qui 6tenl maintenant bu malade la faculté de se tenir sur ses jambes, D'ailleurs il ;• un appétit extraordinaire. Je l'ai visité aujourd'hui pour la première fois; il a éprouvé un coup de sang, il y ;i trois joins : ou n ;i pas eu recours à la saignée. J'ai conseillé pour demain l'application des sangsues à la marge de l'anus. En réitérant cette application pendant quelque temps tous les quinze jouis, et plus souvent s'il y avait indication, ne pourrait-on pas, .Monsieur, exciter à la longue les hémorrlioidcs, donner ainsi au sang mie autre direction qui intervertirait son raptus vers La tête? C'est une question que je soumets à votre décision, qui sera ma règle. Permetlez-moi de vous faire observer encore que j'ai vu jadis ce malade eouvert de dartres, qu'il me parait maintenant avoir la peau écailleuse. Les bains, en détendant cet organe, pourraient peut-être favoriser la dépuration de cette humeur. Il y a sûrement \\n principe irritant qui produit la stricture de tous les vaisseaux et donne lieu peut- < ne au mouvement du sang vers la tète. Décidez, Monsieur, sur ces deux moyens, que je ne fais que vous proposer, et soyez bien convaincu que
AMAUROSE. Iig
je ne m'écarterai point de la méthode que vous prescrirez. Latour, D. M.
Réponse.
Monsieur, je crois que le nommé Ch*** mange trop et observe un mauvais régime. Je préférerais à l'application des sangsues la saignée du pied suivie de l'émétique. Il faudrait ne lui permettre que des potages pendant quelque temps.
Deuxième Lettre de M. Latour.
Au château de Claireau près Orléans, le 28 septembre 1783.
Monsieur, tous les moyens que nous avons mis en usage jusqu'à-présent pour empêcher le progrès de la paralysie des yeux de notre malade n'ont fait peut-être que retarder cette affreuse maladie. Le raptus du sang vers la tête n'a pu être interrompu ni par les saignées du pied ni par l'émétique , qui a produit un grand effet. Le malade a vomi de la bile très -verte; néanmoins là douleur au front, le sifflement des oreilles, ont toujours persisté ; l'engourdissement des extrémités et la faiblesse des lombes, augmentent visiblement. Les vésicatoires font beaucoup suppurer, ainsi que le sain -bois, mais ils ne remédient point à la compression du cerveau , d'où résultent tous les accidents que le malade éprouve. Le plus frappant est celui des yeux : ils ne se fixent que par effort sur les objets qu*on pré-
i 20 BBCTIOIT TU) CHAPITRB I,
seule ;m ni.il.nle. L'œil gauche sur-tout M |><ulr
involonl Hienieiii mu l'angle citerne, el ce n'est que parce que !<• malade li\«' mieux les ol>|ets avec l'œil droit, que le gauche se trouve rameni pour former l'axe visuel. Ce n'esl qu'après des efforts réitérés el une application pénible que les couleurs peuvent être distinguées. ( e n'esl j >;<s le seul accident : l'inertie des entrailles accompagne ee déplorable état. I .«• malade passerai! toute sa s i<" sans aller à la garde-robe, si on n'excitait cette fonction par quelque purgatif irritant. .le l'ai mis depuis peu à L'usage des pilules faites avec ii"is grains d'ipecacuanha ; agaric et jalap, de chacun <lix grains. Il a fallu augmenter cette dose, qui n'opérait aucun effet. Il prend ces (ulules !<• soir. et depuis cinq jours, il boit tous les matins une pinte d'eau minérale de Ségrai. L'analyse chimique de cette eau donne à-peu-près les produits <le l'eau <lc Passy. Le malade la rend très-bien. Il faut, je crois, attendre du temps L'effet de ce
moyen- Si vous vouliez, .Monsieur, nous guider dans le traitement de cette maladie, je nous prie de croire à notre docilité pour vos conseils.
Latour, D. M.
Réponse.
Lorsque le malade est parti de Paris, sa vue était assez, bien rétablie, et ses rems assez fortifies pour que 1 on put espérer que l'époque de guérison complète n'était pas éloignée..
AMAUROSE. I 2 r
Je vous engage à lui prescrire le sel volatil de vipères , et des apozêmes toniques avec le raifort et la graine de moutarde.
Observation 33o,.
Mémoire, le 16 mars 1768. — J'ai cinquante ans, je suis vif, bilieux et pituiteux; j'ai toujours été maigre , et ma vue a toujours été courte. J'eus au mois de juillet dernier un coup de sang des plus violents : je restai trois quarts d'heure sans connaissance, sans pouls, sans mouvement, sans respiration , la tête penchée sur la poitrine, les dents serrées'à un tel point, qu'on ne serait pas venu à bout de m'introduire une cuillère dans la bouche, sans une brèche occasionnée par la chute de quelques dents ; je croyais toucher à mon dernier moment. Cependant à tout hasard, on envoya chercher le chirurgien d'un village voisin, qui, au lieu de me saigner au pied et de me donner de l'émétique , me fît trois amples saignées au bras et me purgea deux jours après. A peine mon accident était -il passé, que j'eus un froid glacial et un mal de tête violent; on me coucha, on me fit boire beaucoup d'eau chaude, parce qu'on craignait une indigestion que je n'avais point, et je mouillai trois chemises. J'ai oublié de vous dire que j'avais le visage d'un rougecramoisi avant ce coup de sang, qu'une grande chaleur me sembla monter à la tête , et qu'un instant avant de perdre connaissance, je sentis