AVEUGLEMENT DE NUIT
une infusion d'un gros et demi de se'né mondé dans huit onces d'eau , auxquelles on ajoutera une once de sirop de pommes. On donnera cette potion purgative en deux verres, à deux heures de distance l'un de l'autre , et l'on aiguisera chaque verre d'un grain de tartre émétique.
On lui fera sur le sommet de la tête, après avoir rasé cette place , des frictions avec de l'eaude-vie.
Mademoiselle D¥** n'est pas précisément attaquée de l'aveuglement de nuit, puisqu'il reste assez de vue l'après-dînée pour distinguer les gros objets, ce qui n'a pas lieu dans cette maladie parvenue à son état , où l'on ne voit pas même à se conduire à la clarté des bougies, et où la vue revientle jour à pouvoir lire; cependant nous regardons l'état de mademoiselle D*** comme un commencement de cette maladie. La méthode que nous proposons nous a déjà réussi dans trois cas, les seuls, parfaitement semblables à celui dont il s'agit, que nous avions rencontrés depuis que nous avons abandonné la médecine ordinaire pour nous livrer au traitement des maladies des yeux. Deux de ces trois malades étaient à-peu-près de l'âge de mademoiselle D*** : la vue se remit le jour même du purgatif.
Observation 358.
Arles, le i/| décembre 1771.
Mémoire. — Un garçon âgé de trente-huit ans,
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d'une complexion assez robuste, ayant l<s yeuz grands et Baillants, éprouve depuis environ in.is ;his. lorsque !<• |< >u r baisse, un affaiblissement
dans la vue, < | > > i m- se dissipe que lorsque l<- jour revient, quoique, de pins quelque temps, il re< on h. iissc que s.i vue n'est plus aussi bonne pendant le jour qu'elle l'était auparavant ( ette sorte de cécité nocturne qui est sans douleur, mais seulement n\ee embarras et pesanteur, commença après quelques jours passés à la campagne pendant l'été; au reste, elle n'a lieu que par intervalles et sans qu'il \ ait rien de fixe ni de périodique: elle dure lniii on quinze soirées, plus ou moins; ensuite il \ ;i interruption d'un mois on deux qui s'est étendue jusqu'à trois mois. La dernière attaque se manifesta !«■ \ novembre dernier et a *\\nr jusqu'au 28.
Depuis le commencement, les yeui du malade se trouvent fort humides et larmoyants; il est souvent obligé de les essuyer avec un linge. Ils sont quelquefois marqués de taches rouges, ce qui peut provenir du frottement du linge. ( >n observera encore que tout le temps que dure l'attaque, le consultant a une peine extrême à se conduire la nuit dans les rues, et qu'il n'en vient à bout qu'autant qu'il baisse la tète et qu'il levé les yeux. Mors il découvre dans le firmament quelque peu de clarté qui l'aide à régler sa marche; mais s'il lève tout -à-la-fois la tête et les yeux, il ne découvre plus rien et il est hors d'état »!<• se conduire. Cette bizarrerie, dans la façon d<
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voir, dénoterait -elle quelque pellicule ou autre corps qui demande que la tête soit baissée pour ne pas offusquer la vue ?
Dans le dessein de se soulager, le malade fume depuis un an du tabac , se frotte de temps en temps le dessus des paupières avec de l'eau- devie, et se bassine souvent les yeux avec de Feau fraîche. Il y a un mois qu'il se fit saigner et prit ensuite des bouillons de veau. L'incommodité cependant subsiste et paraît même augmenter nonseulement en ce que la vue devient moins bonne pendant le jour, mais encore parce que les atteintes du mal , lorsqu'il revient, durent plus long-temps.
Réponse.
La vision est produite par les impressions que font sur les filets nerveux de l'organe immédiat de la vue les rayons de lumière qui y parviennent. Elle est distincte, lorsque ces rayons entrent en suffisante quantité dans l'oeil et trouvent l'organe bien disposé. Elle est confuse, quand une partie de ces rayons est interceptée dans son passage par les milieux qu'elle a à traverser, ou lorsque l'organe est mal disposé. Or, l'organe peut être affecté de spasme ou de relâchement. Dans le premier cas, la grande lumière éblouit, fatigue les yeux, et celui qui est ainsi affecté voit bien mieux à la fin qu'au milieu du jour. Dans le second, au contraire, les filets nerveux, se trouvant dans une espèce de relâchement, ne
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peuvent < in ébranlés que par une Lumière vive, el le ^ « » 1 1 1 si faiblement lorsqu'elle décroît, que l.i vue en devient confuse et disparaît même smi- \ ci ii avec elle, pour ne revenir qu'à mesure <|n elle reparaît le jour suivant. C'est ce qu'on nomme aveuglement de nuit, qui dépend d'une atonie des filets nerveux «le la rétine <>u d'un degré «le relâchement tel qu'elles m- sauraient être ébranlées par une lumière faible, quoiqu'elles puissent l'être ] > : 1 1 * une lumière aussi forte que I est celle <|ui éclaire les objets tant que le soleil est sur noire horizon.
Cette maladie est si Rare, que nous ne l'avons encore rencontrée que peu de fois , et nous l'avons toujours vue céder à l'émétique: ce remède rend aux fibres relâchées de l'organe le ton qu'elles avaient perdu. Nous n'oserions cependant nous flatter d'un pareil succès dans le cas dont il s'agil. parce que cetle maladie dure depuis trois ;!iis, h u lieu que ceux que nous avons traités jusqu'ici ont été guéris des les premiers jours de l'attaque. Quoi qu'il en soit, nous conseillons à Monsieur de prendre trois grains de tartre émétique dans trois verres d'eau, à une heure d'intervalle les uns des autres, et à pareille distance du dernier, l'infusion suivante :
Prenez un gros de séné inondé, un gros de sel végétal, et une pincée d'anis; versez dessus une tasse d'eau bouillante, et laissez infuser pendant la nuit, hors du feu.