AVEUGLEMENT DE NUIT
Comme ses attaques d'aveuglement de nuit cessent et reviennent de temps en temps , et durent plus ou moins, nous conseillons à Monsieur de reprendre l'émétique de la même manière qui vient d'être indiquée, toutes les fois qu'elles reparaîtront, et, pour prévenir les rechutes, de ne jamais sortir après le soleil couché. Il ne doit pas oublier que c'est à la campagne qu'il en fut attaqué , et vraisemblablement pour s'être exposé à la fraîcheur du serein; il faut donc l'éviter avec soin comme très-propre à entretenir ou à renouveler la disposition particulière des fibres nerveuses de l'organe immédiat de la vue, de laquelle dépend cette maladie. Nous lui conseillons aussi de se mettre à l'usage de l'infusion suivante :
Prenez un demi-gros de sassafras en copeaux: versez dessus deux tasses d'eau bouillante, et faites infuser pendant un demi-quart d'heure. Monsieur prendra ces d.eux tasses avec suffisante quantité de sucre, tous les matins à jeun; ce qu'il observera pendant un an ou dix-huit mois. En général, il doit éviter le froid aux extrémités et se garantir de l'impression d'un air humide et d'un vent froid, parce que tout ce qui interceptera la transpiration chez lui, ne manquera pas de renouveler cet accident : en conséquence l'exercice lui convient, ainsi que les ragoûts et le vin vieux; la saignée et les bouillons rafraîchissants ne peuvent que nuire dans un pareil cas.
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De la ffydria
Obtervation 35o.
Montpellier, le »6 octobn i
Mémoire. — M. <'."' de St. \'". âgé de trentehuit à quarante ans , a nue mydriase ou dilatation de la pupille de l'œil droit. Cette dilatation n'esl compliquée ni d'insensibilité de la rétine, ai d'opacité dans les humeurs. La vue du malade u'esl troublée qu'autanl qu'il regarde, les deux yeux ouverts. En fermant l'œil sain, il voit distinctement les objets, au point d'apercevoir dans là physionomie d'une personne les détails les plus petits, de remarquer, par exemple, dans le toupet ou dans la frisure, les cheveux qui débordent. 11 ne peut lire en se servant de l'œil malade, lorsque L'écriture est placée à huit ou dix pouces de son œil; mais à laide, soit d'un verre convexe, soit d'une carte percée d'un petit trou, il peut lire à cette distance.
Cette maladie commença à Cambrai il y a quatre ans; le vésicatoire appliqué à la nuque, l'émétique, et l'usage soutenu d'une tisane sudorifique purgative le soulagèrent considérablement : il a eu cet été, à Perpignan, une maladie ai^ué, à la suite de laquelle l'affection de l'œil a fort augmenté. Lorsqu'il est revenu à Montpellier, il y
MYDRIASE. 1^9
a environ deux mois, la pupille était très-dilatée; il ne pouvait s'exposer au grand jour, sur-tout au soleil, sans beaucoup souffrir de l'oeil; ce qui m'a fait présumer trop de sensibilité et une menace d'irritation inflammatoire dans la rétine. Les saignées, un vésicatoire sur le sommet de la tête, des bouillons rafraîchissants, des bains, et enfin la douche à la tête , qu'il a prise aux bains de Balaruc, ont beaucoup amélioré son état. Il affronte aujourd'hui la lumière même en plein midi. Sa pupille s'est un peu resserrée; mais elle est encore beaucoup plus dilatée que dans l'état naturel : son diamètre est à-peu-près le double de celui de la pupille d'un œil sain dans l'obscurité, et la vue est toujours confuse, lorsqu'il regarde des deux yeux.
La maladie avait été précédée d'un flux hémorrhoïdal périodique, qui a cessé, il y a quatorze ans, et qui a été suivi d'un cours de ventre habituel, qui dure encore.
Messieurs Demours et Deshais Gendron sont priés de donner leur avis sur cette maladie.
Leroy, professeur en médecine.
Réponse.
La sensibilité de l'oeil, lorsque le malade s'exposait au grand jour ou au soleil , ne dépendait aucunement d'une disposition inflammatoire dans la rétine, mais de ce que la prunelle ne pouvant se resserrer par l'action de la lumière, elle en ad-
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mettait une trop grande quantité <|in bleasail cetti membrane. En effet, si le diamètre de la pupille de Pœil affecté était double «lu diamètre de celle de l'œil sain , comme on peut le conclure <l<- l'exposé, la quantité des rayons de lumière qui pai venaient jusqu'à la rétine du premier était à celle îles rayons qui parvenaient a la rétine du second, dans le rapport environ de quatre à un;or une aussi grande quantité de rasons doit inévitablement blesser l'organe immédiat «le la vue.
Cette maladie ne dépend (pie de l'atonie partielle de l'iris.
Revenir aux eaux de BalarUC, V ajouter quelquefois nu peu d'émétique; un vésicatoire entre les deux épaules pendant six semaines; petit-lait pendant la durée du vésicatoire, ensuite purga-
I ion.
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