‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 104 sur 154 · CHAPITRE HUIT I È ME. 2\?t · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUIT I È ME. 2\?t

membrane pendant la seconde période de l'ophthalmie lorsqu'elle traîne en longueur ; cette affection est précédée de la dilatation des troncs veineux répandus dans la conjonctive qui tapisse la sclérotique , de celle des racines de ces mêmes vaisseaux , qui répondent à la face externe de la cornée; enfin elle résulte de l'épanchement dune sérosité limpide dans l'épaisseur de la conjonctive : il est à remarquer que cet épanchement ne forme jamais une tumeur sensible.

11 suit de ce qui précède que, dans quelque point de la cornée que se manifeste la maladie dont nous parlons , il paraît toujours sur le blanc de l'œil un petit faisceau correspondant de veines variqueuses (i). Le nombre de ces faisceaux est égal à celui des points nébuleux qui troublent la transparence de cet organe. Au premier aspect on dirait que chacun de ces faisceaux a forcé le sang à passer de la sclérotique sur la cornée. Je conserve l'œil d'un homme affecté d'ophthalmie chronique variqueuse et du nuage de la cornée ; cet homme périt d'une fluxion de poitrine. Après avoir injecté les artères et les veines de la tête , j'ai trouvé que la matière de l'injection ( de la cire ) dont

(i) Pl. II, fig, SB.

2l4 MALADIES DES YEUX.

les veines de la conjonctive étaient exactement remplies , avait passé librement dans les troncs des faisceaux veineux et dans les racines qui serpentent à la surface de la cornée , dans le point même correspondant au siège du nuage ; tandis que dans tout le reste de la circonférence de la cornée la matière de l'injection s'était arrêtée sur ses bords , sans pouvoir pénétrer plus avant à cause de l'intimité des adhérences de cette membrane avec la sclérotique. Il est vraiment curieux d'examiner cet œil avec une lentille; on aperçoit un réseau vasculaire, trèsléger, formé par un nombre infini de rameaux veineux qui s'anastomosent de mille et mille manières autour du limbe de la cornée sans dépasser cette ligne, excepté ceux qui correspondent au siège du nuage.

Dès son apparition , la maladie dont nous parlons exige les secours de l'art les plus efficaces et les plus prompts. En effet , quoiqu'elle n'occupe encore qu'un très-petit espace de la circonférence de la cornée ,. si on l'abandonne à elle-même, elle s'étend vers le centre, et les radicules veineuses de cette membrane, se prêtant continuellement à une nouvelle extension , parviennent à la longue à faire dégénérer la conjonctive qui revêt la face externe de la cornée en une membrane opaque et dense, qui

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