CHAPITRE HUITIÈME. SU
gène considérablement l'exercice de la vision , et menace de l'intercepter complètement.
Le but du traitement est d'exciter les vaisseaux variqueux de la conjonctive à se resserrer sur eux - mêmes jusqu'à reprendre leur calibre naturel. Si l'on ne peut y parvenir, il faut détruire la communication des troncs veineux de la conjonctive avec les racines de ces mêmes troncs , qui répondent au lieu qu'occupe le nuage. Pour remplir la première indication , on emploiera des topiques astringents et corroborants , et sur- tout la pommade de Janin, dont nous avons parlé dans le chapitre précédent. Si le nuage de la cornée est commençant et peu étendu, ces moyens sont ordinairement couronnés de succès, mais lorsqu'il est déjà par^ venu jusqu'au centre de la cornée , lorsque le relâchement de la conjonctive et de ses vaisseaux est très-considérable , le moyen le plus prompt et le plus efficace de tous ceux que nous avons exposés jusqu'ici consiste à faire l'excision des vaisseaux variqueux (i) près de leurs racines, ou , ce qui revient au même , près des nuages de la cornée. A la faveur de cette opération , on vide en un instant les vaisseaux variqueux du sang qu'ils contenaient; ou favorise la tendance qu'ils
(i) PI. II, %. 5 6.
2l6 MALADIES DES YEUX.
ont à reprendre leur ton et leurs dimensions naturelles, et Ton établit sur les confins de la cornée une espèce de couloir qui livrera passage à tout ce qu'il peut y avoir de sérosité épanchée dans l'épaisseur de la conjonctive qui tapisse la cornée, ou dans le tissu cellulaire qui unit ces deux membranes.
On est étonné quand on considère avec quelle rapidité la maladie disparaît après cette opération : Il n'est pas rare qu'elle n'existe plus au bout de vingt-quatre heures.
L'étendue à donner à l'excision des vaisseaux variqueux est relative à celle du nuage, et au nombre des faisceaux veineux; s'il n'existe qu'un seul de ces faisceaux (i), il n'y a qu'une seule excision à pratiquer; mais s'il en existe plusieurs à peu de distance l'un de l'autre, l'opérateur enlèvera circulairement toute l'étendue de la conjonctive jusqu'au limbe de la cornée : c'est un moyen sûr de comprendre tous les vaisseaux variqueux dans la section. Il est bon de faire observer qu'une simple incision de ces vaisseaux ne détruirait pas sans retour la communication des troncs avec leurs racines. À la vérité , après cette incision , les deux bords de la plaie s'écartent et laissent entre eux un
(i) PMI, fîg. S h,