‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 11 sur 154 · CHAPITRE. PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE. PREMIER

Puisque la cause de cette affection n'est pas dans le sac lacrvmal , mais dans la membrane interne des paupières et dans les follicules de Meïbomius, il est clair que l'on a tort de confondre cette affection avec la fistule lacrymale. Que penser d'après cela de la conduite de ces hommes qui, pour supprimer le flux palpébral puriforme, cherchent à cicatriser, dans le sac lacrymal, un ulcère qui n'existe pas , ou croient rétablir le passage des larmes dans le nez, en dilatant le canal nasal , qu'ils supposent rétréci ou même obstrué? car on ne peut pas dire qu'il y aît dans cette circonstance rétrécissement du canal nasal, à moins qu'on n'entende par là qu'il est trop étroit pour donner un facile passage à la matière épaisse qui vient des paupières ; ou s'il éprouve une faible coarctation, elle ne peut être que l'effet d'une légère phlogose de sa membrane interne , résultant du contact de cette matière ordinairement acre. C'est seulement de cette manière que l'on peut concevoir le rétrécissement de ce canal, qui n'est jamais obturé , comme l'enseignent généralement les chirurgiens (i).

(i) Ce reproche est beaucoup trop général; la plupart des chirurgiens savent que les canaux tapissés par des membranes muqueuses, se rétrécissent souvent , mais ne s'oblitèrent presque jamais. On n'a qu'un très -petit nombre

Pour procéder avec ordre à l'examen de cette question , qui semble devenir d'autant plus obscure j qu'on la discute davantage, je diviserai le cours du flux palpébral puriforme en quatre périodes.

Première période. — La matière puriforme versée par les glandes de Meïbomius et la membrane interne des paupières, éprouve quelque retard dans le sac lacrymal , mais elle parvient dans le nez; aussi le malade n'éprouve- t- il qu'un simple larmoiement , sans distension notable du sac.

d'observations d'oblitération complète du canal nasal. Nous avons déjà dit que nous ne partagions pas l'opinion de M. Scarpa sur l'étiologie de la tumeur lacrymale; c'est dans îe canal nasal que nous plaçons , avec presque tous les praûciens, les causes les plus ordinaires de cette maladie. Elle peut dépendre i° de l'engouement du canal nasal par des mucosités épaissies; i° delà coarctation de ce canal produite par la phlogose et l'épaississement de sa membrane interne ; 3° de son obstruction par un corps étranger : Sandifort et Callisen l'ont vu bouché par des calculs ; 4° delà compression qu'exercent sur lui des tumeurs voisines, une exostose , un polype , etc. ; 5° de son oblitération et de sa transformation en une corde ligamenteuse ; mais ce dernier cas est infiniment rare; 6° quelquefois de l'abondance du flux palpébral puriforme, indépendamment de l'obstruction du canal nasal, ainsi que le veut M. Scarpa. Enfin, quelques auteurs ont aussi placé l'atonie du sac lacrymal au nombre des causes de cette affection ; nous pensons qu'elle n'en est jamais que l'effet. {Note des Traducteurs.)

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