chapitre PREMIER. II
Deuxième période. — La matière puriforme plus abondante et plus épaisse coule difficilement dans la narine, à cause de l'engorgement de la membrane interne du canal nasal; elle recouvre l'œil, détermine le larmoiement, s'accumule peu-à-peu dans le sac , le distend et le soulève sous la forme d'une petite tumeur dont la compression fait refluer, par les points lacrymaux, une matière jaunâtre mêlée de larmes.
Troisième période. — Elle est caractérisée par l'inflammation du sac lacrymal, occasionnée par l'abondance et l'acrimonie de l'humeur qui le remplit, et plus encore peut-être par l'extrême distension qu'il éprouve; il suppure et s'ouvre au dehors ; alors on voit , entre le nez et l'angle interne de l'oeil , une ouverture fisluleuse qui laisse passer les larmes mêlées d'une matière puriforme et d'un véritable pus. C'est à cette troisième période que convient spécialement le nom de fistule lacrymale, surtout si l'ulcère a longtemps été négligé ou mal traité.
Quatrième période. — C'est la précédente à laquelle il faut ajouter la carie de l'os unguis et quelquefois de l'ethmoïde.
La succession des diverses périodes du flux paipébral puriforme démontre clairement la différence qui existe entre cette affection et la fistule lacrymale , ainsi que la véritable origine de cette dernière maladie; et puisqu'il résulte des
considérations précédentes que ce n'est ni dans le sac lacrymal , ni dans le canal nasal , que se trouve la cause primitive et principale de îa fistule lacrymale , comme on Fa cru jusqu'à ce jour, mais dans la membrane interne des paupières et dans les glandes de Meibomius, n'estil pas clair que toutes les méthodes curatives qui ne tendent qu'à cicatriser l'ulcération du sac, ou à vaincre l'obstruction du canal nasal, seront toujours sans efficacité, à moins qu'on ne leur associe des moyens capables de changer le mode vicieux de la sécrétion palpébrale , et de tarir ainsi la source principale de la maladie (î)?
Quant au traitement du flux palpébral puri-
(i) L'expérience démontre l'inexactitude de cette proposition; tous les ans un grand nombre des malades atteints de tumeurs et de fistules lacrymales , viennent réclamer les secours de l'art dans les hôpitaux de cette capitale ; la plupart y trouvent une guérison complète, et cependant les chirurgiens decesétablissements sebornentlepius souvent à dilater lecanal nasal. Nous répéterons que M. Scarpa s'est empressé de tirer des conclusions trop générales d'un petit nombre de faits; nul doute que le flux palpébral puriforme ne puisse être t dans quelques cas, la cause unique des tumeurs et des fistules lacrymales même les plus compliquées; mais il est également certain que ces maladies ont le plus ordinairement une autre origine, de sorte que la succession de quatre périodes indiquées par l'auteur, ne peut s'appliquer qu'au plus petitnombre de cas. {Note des Traducteurs s)