‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 116 sur 154 · CHAPITRE DIXIEME. S/Jl · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIEME. S/Jl

le malade meut le globe de l'œil affecté et même les paupières. Au reste ce phénomène ne paraîtra pas étonnant , si Ton réfléchit que dans le point de la cornée qui était le siège de cette pustule blanchâtre,, il existe une petite excavation qui devient manifeste quand on regarde l'œil de profil.

Les corps étrangers qui ne divisent qu'une partie de l'épaisseur de la cornée, ne laissent pas d'ulcération , pourvu qu'on les retire promptement : alors les bords de la plaie se réunissent facilement et par première intention. Mais les corps qui restent implantés dans cette membrane plus ou moins long- temps , ceux qui enlèvent une partie de sa surface, et les caustiques, produisent d'abord une inflammation , et cette inflammation est bientôt suivie de suppuration et finalement d'un ulcère.

L'ulcère de la cornée a cela de commun avec les plaies ulcéreuses de la peau, que, dès son invasion , il prend une couleur d'un brun cendré; le contour en est rouge, les bords irréguliers et tuméfiés ; il suinte de sa surface une matière acre et irritante; il s'accompagne d'une douleur très-vive, et tend à s'agrandir incessamment dans tous les sens. Tel est au reste le caractère, non-seulement des ulcères de la cornée, mais encore de ceux qui se manifestent sur le mamelon , le gland, les lèvres, la pointe de la

ll^ MALADIES DES YEUX.

langue, îe tarse, l'entrée du conduit auditif, des narines , et sur toutes les parties du corps où la peau est mince, tendue, assez sensible et diversement repliée.

Abandonnés à eux-mêmes, ou mal traités, ces ulcères s'étendent en peu de temps, et détruisent même les parties qu'ils occupent/ Si celui de la cornée s'étend en largeur , il trouble la transparence de cette membrane; s'il pénètre dans la chambre antérieure , il provoque l'issue de l'humeur aqueuse et détermine la fistule de la cornée; enfin si l'ouverture devient plus grande, outre l'écoulement de l'humeur aqueuse , il se manifeste un accident plus grave que l'ulcère lui-même , je veux parler de la procidence de l'iris, de la sortie du cristallin et du corps vitré; et le globe de l'œil tout entier est menacé de destruction. Il n'est pas rare de voir cet accident à la suite d'une ophthalmie gonorrhoïque grave, compliquée d'atonie des parties affectées : complication d'autant plus funeste qu'elle leur ùte la faculté de ressentir l'action des remèdes: aussi l'ulcération va-t-elle jusqu'à détruire entièrement la cornée, malgré les moyens les mieux indiqués.

Aussitôt qu'un ulcère paraît sur cette membrane, il est donc bien important d'en arrêter promptement les progrès , ou de changer le mode de vitalité de la partie affectée : indication

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