CHAPITRE DIXIÈME. l[\"j
sa guérison ; en même temps la turgescence des vaisseaux va diminuant, et l'ophthalmie se dissipe à mesure que la cicatrisation de l'ulcère fait des progrès.
Mais lorsque les bourgeons charnus commencent à se développer, loin de favoriser la guérison de l'ulcère, on la retarderait au contraire si l'on continuait l'application des caustiques. En effet , on réprimerait les bourgeons charnus qui doivent former la première base de la cicatrice, on rappellerait l'inflammation, la douleur et le larmoiement: et l'ulcère reprendrait cet aspect livide, à bords inégaux et tuméfiés, qu'il avait dans le principe. Necesse est, dit Platner, ut hoc temperatâ manu, nec crebrîùs fiât , ne nova inflammatio , novaque lacryma his acrioribus concitetur (i). Aussitôt que le calme est rétabli , et que les bourgeons celluleux commencent à se développer, on doit donc s'abstenir de toute application caustique, et se borner à l'usage d'un collyre composé de quatre grains de sulfate de zinc et de quatre onces d'eau de plantain , auquel on ajoutera demionce de mucilage de semences de coing ou de psyllium. On fera pénétrer quelques gouttes de ce collyre entre les paupières et le globe de l'œil, toutes les deux heures, et l'on mettra cet
(i) Institutiones Chirurg., % 3 14.
organe à l'abri jlu contact de l'air et de la lumière en le couvrant d'une petite compresse, assujettie par un tour de bande.
Lorsque l'ulcère de la cornée s'accompagne d'un peu de relâchement de la conjonctive et de ses vaisseaux, rien n'est plus utile que la pommade de Janin pour terminer la cure : la dose et l'énergie de cette pommade varient suivant la sensibilité des malades.
Il est des excoriations de la cornée, tellement superficielles, qu'elles ne présentent aucune excavation, et qui paraissent formées uniquement par le soulèvement de la conjonctive qui tapisse la face antérieure de l'œil. On n'a pas besoin de recourir au caustique pour les faire disparaître : il suffit du collyre vitriolique tempéré par le mucilage, ou d'un autre collyre analogue , tel qu'une dissolution de sulfate de zinc dans l'eau de roses ou de plantain , avec addition d'un blanc d'oeuf. Les symptômes qui accompagnent ces excoriations sont de peu d'importance , et se guérissent ordinairement en peu de temps si le malade fait usage de l'un ou l'autre de ces collyres, et s'il garantit ses yeux de l'impression d'une lumière trop vive et des vicissitudes de l'atmosphère.
Ici finit l'histoire de l'ulcère de la cornée et du traitement qui lui convient dans le plus grand nombre des cas ; mais il arrive quelque-