CHAPITRE PREMIER
forme , si ce flux est récent, si le larmoiement ne fait que paraître, si l'humeur visqueuse pompée par les points lacrymaux ne distend pas le sac, bien qu'elle le traverse difficilement , il est inutile de recourir à l'opération. Il suffit de modérer, de supprimer la sécrétion des paupières et des follicules de Meibomius., et de laver assiduement les voies lacrymales dans toute leur étendue, afin de les débarasser de cette matière sébacée , granuleuse , qui les obstrue et qu'il faut faire couler dans la narine avec les larmes. On est sûr d'obtenir ce résultat à l'aide d'injections poussées par les points lacrymaux » pourvu qu'on les emploie à temps, c'est-à-dire, à la première apparition du larmoiement , et avant la distension et le gonflement du sac lacrymal. Je ne connais pas de remède plus propre à supprimer la sécrétion vicieuse des paupières que l'onguent ophtlialmique de Janin (i), préparé d'abord avec une dose d'axonge plus forte que celle qu'indique la formule, ou bien adouci avec du beurre frais , afin que les yeux du ma-
(i) Prenez sain-doux, demi-once ; oxide de zinc, bol d'arménie, de chaque deux drachmes; précipité blanc, une drachme. Après avoir lavé à trois différentes reprises le sain-doux dans l'eau de roses , on y mêlera exactement dans un mortier de verre, les drogues ci-dessus, qu'on aura eu soin de réduire en poudre subtile. {Mémoire sur l'œil.')
i4 • Maladies des yeux.
lade s'accoutument progressivement à l'irritation assez forte que produit ce médicament lorsqu'il jouit de toute son énergie; le chirurgien en prendra , matin et soir, une petite portion de la grosseur d'un grain de froment sur l'extrémité mousse d'une sonde et l'introduira enlreles paupières vers l'angle externe de l'œil; il en couvrira le bord libre des paupières, puis les frictionnera légèrement en recommandant au maladedefermer l'œil, pourque l'onguent serépande sur toute leur surface interne; l'œil sera ensuite couvert d'un piumasseau fixé par une bande, et le malade aura soin de le maintenir ainsi clos et fermé pendant deux heures. Après ce temps, il le lavera avec de l'eau fraîche; dans le cours de la journée il versera trois ou quatre fois entre les paupières quelques gouttes d'un collyre préparé avec quatre onces d'eau de plantain, cinq grains de vitriol blanc (sulfate de zinc), et une demi-once de mucilage de semences de coing.
Outre l'affection des follicules de Meibomius et de la conjonctive palpébrale, on voit quelquefois dans le flux puriforme quelques ulcérations superficielles sur le bord libre des paupières : l'onguent de Janin les fait également disparaître. Si cependant elles résistaient à son emploi, on ferait usage de l'onguent citrin de la pharmacopée d'Edimbourg; pour s'en servir, on le chauffe jusqu'à ce qu'il soit liquéfié; on en