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côté ,' était affectée de deux petits ulcères qui s'étaient manifestés à la suite d'une ophthalinie , et le malade était menacé de perdre l'œil.
Un de ces petits ulcères occupait le segment inférieur de la cornée , et le second était situé vers l'angle externe de l'œil. Tous deux avaient un aspect sale et dérouleur cendrée. Les vaisseaux sanguins de la conjonctive, et spécialement ceux qui répondaient au siège des ulcères , étaient assez engorgés. L'enfant se plaignait de douleurs vives dans l'œil et dans la tête , et fuyait la lumière la plus modérée.
Après l'avoir fait coucher sur le dos, la tête un peu élevée, j'ordonnai à un aide de lui soulever la paupière au moyen de l'élévateur de Pellier, tandis qu'avec ma main gauche, j'abaissais la paupière inférieure. Il n'est pas d'autre moyen de fixer convenablement, surtout chez les enfants, le globe de l'œil, pour cautériser les points ulcérés de la cornée. Je cautérisai donc fortement ces deux ulcères, de manière à produire une escarre profonde , puis je lavai l'œil à plusieurs reprises avec le lait frais. Pendant la cautérisation , le malade donna les signes de la plus vive douleur; mais une demiheure après, il jouissait du calme le plus parfait sous tous les rapports.
Le lendemain, il put supporter une lumière
modérée , et les vaisseaux de la conjonctive étaient beaucoup moins distendus qu'avant l'opération.
Trois jours après, lorsque l'escarre tomba , les douleurs de l'œil se renouvelèrent, mais moins intenses qu'auparavant. Je renouvelai l'application du caustique. Cette seconde opération fut moins douloureuse que la première. Je la répétai quatre jours après.
A la chute de la dernière escarre , les petits ulcères étaient assez diminués, et le fond, d'une couleur rosée, était déjà au niveau de la cornée. Je substituai au caustique le collyre vitriolique, auquel je fis ajouter une certaine quantité de mucilage de semences de coing.
Dans l'espace de dix jours, à dater de l'époque dont nous parlons , les ulcérations se cicatrisèrent, et l'ophthalmie se dissipa. Néanmoins, pour mieux assurer le succès du traitement, j'ordonnai que le malade continuât encore pendant un mois l'usage du collyre , et qu'il introduisît chaque jour avant de se coucher, entre les paupières et le globe de l'œil, un peu de l'onguent ophthalmique de Janin.
Trente-quatrième Observation .
Un enfant de onze ans , mendiant, d'une faible constitution , et sujet par intervalles à des
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lièvres périodiques , fut pris d'un violente ophthalmie de l'œil gauche. Je ferai remarquer que cet œil était devenu très-sensible depuis quelques années à la suite de la petite vérole. Il se forma un petit abcès entre les lames de la cornée , qui s'ouvrit spontanément , et se convertit en un petit ulcère sale, de couleur cendrée , de forme ovale , qui s'étendait du bord interne de la cornée presque jusqu'au centre de la pupille. Cet enfant souffrait beaucoup, sur-tout par l'impression de la lumière; le larmoiement était abondant , et les vaisseaux de la conjonctive très -engorgés, principalement vers l'angle interne de l'œil. Je cautérisai l'ulcère avec la pierre infernale, et je bornai l'action du caustique par des lotions fréquentes avec le lait, et par l'application des cataplasmes émollients. La douleur causée par l'opération dura environ une demi-heure; ensuite le calme survint, et le malade passa tranquillement le reste de la journée, et dormit toute la nuit. Le lendemain, il ouvrait librement les yeux et supportait une lumière modérée sans en être incommodé : l'ophthalmie et le larmoiement étaient considérablement diminués.
A la chute de l'escarre, nouvelle apparition des premiers symptômes, et sur-tout de la douleur, de l'aversion pour la lumière, et du îar»
moiement. L'application du caustique fut répétée avec le même succès que la première fois.
Trois jours après, l'escarre tomba; l'ulcère peu douloureux paraissait déjà rétréci, et son fond, d'une belle couleur rose, était charnu. Je prescrivis le collyre vitriolique avec le mucilage de semences de coing ; je fis appliquer un petit plumasseau sur l'œil pour le défendre des injures de l'air et de l'impression de la lumière, et la cicatrice fut complète en peu de jours.
Cependant les vaisseaux sanguins de la conjonctive étaient encore un peu variqueux, lorsque cet enfant fut pris d'une fièvre tierce accompagnée d'un frisson convulsif très-intense. Je l'arrêtai facilement à l'aide du quinquina et de quelques gouttes de laudanum, et je continuai l'usage du fébrifuge à petites doses , long - temps après la cessation de la fièvre. A l'égard des topiques , au collyre vitriolique je joignis la pommade de Janin, qui ne contribua pas peu à rendre aux vaisseaux de la conjonctive le ton qu'ils avaient perdu , et à faire disparaître la coloration qui troublait encore le blanc de l'œil. La cicatrice de l'ulcère s'étendait jusqu'au voisinage de la pupille, mais elle ne la couvrait pas : aussi cet enfant ne fut-il pas privé de la faculté de voir de ce côté.
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Trente- cinquième o bservation.
Joseph Reale, habitant de Saint -Léonard, paysan, âgé de vingt- deux ans, pléthorique, robuste, fut pris d'une ophthalmie aigué des deux yeux , accompagnée d'une fièvre et de douleur très-vives. Le septième jour, après avoir été saigné, il se fit transporter à la clinique. L'œil droit très -enflammé était affecté d'un ulcère superficiel sur le bord inférieur de la cornée; il en existait un autre sur le bord externe de la cornée de l'oeil gauche : celui-ci avait à peine l'étendue d'un grain de millet , mais il était profond. Le malade avait le pouls dur, vibrant, une fièvre continuelle et des envies de vomir.
J'ordonnai de suite une saignée du bras, de dix-huit onces; le soir une autre du pied, de douze onces, et je fis appliquer des cataplasmes émoilients sur les yeux. La nuit fut moins agitée que les précédentes; le pouls devint mou, ondoyant, et la peau humide. Le malade se plaignant sans cesse de nausées, je lui donnai un émétique qui procura des vomissements copieux de matière bilieuse ; en sorte que le quatrième jour de l'entrée de ce jeune homme à l'hôpital, la période inflammatoire de l'ophthaîmie pouvait être considérée comme terminée.
Ce fut à cette époque que je touchai les ulcères
des deux yeux avec la pierre infernale. Le lendemain, dans la vue d'entretenir la liberlé du ventre et la transpiration , je prescrivis un grain de tartrate antimonië de potasse , et deux gros de crème de tartre , dans une livre de décoction de chiendent , à prendre à doses réfractées pendant plusieurs jours de suite.
L'action du caustique calma la douleur des yeux. L'escarre étant tombée , je retouchai les ulcérations trois fois dans huit jours, et l'ophthalmie disparut. Le fond de l'ulcère de l'œil gauche ne tarda pas à se couvrir de granulations et à s'élever au niveau de la surface de la cornée; à la même époque, celui de l'œil droit se trouva cicatrisé. Le collyre vitriolique avec le mucilage de coing dont on faisait instiller quelques gouttes toutes les deux heures, suffit pour compléter la guérison. On conçoit que les cicatrices ne s'étendant pas sur la pupille ne pouvaient porter aucun obstacle à l'exercice de la vision.
Trente- sixième observation.
Une petite fille de deux ans et demi me fut apportée par sa mère pour me consulter sur une ophthalmie de l'œil droit , suite récente d'une petite vérole confluente. Je découvris sur la partie de la cornée qui regarde le nez, un petit ulcère de la grandeur d'un grain de mil-