‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 122 sur 154 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

îet ; et dans la partie opposée , ou vers la tempe , un petit abcès commençant.

Je cautérisai le petit ulcère sur-le-champ. La mère se chargea de faire des douches dans l'œil avec du lait , et de rapporter la malade tous les matins à l'heure du pansement.

Après la cautérisation , la petite malade se Sentit très-soulagée pendant trois jours consécutifs; mais, à la chute de l'escarre, les douleurs de l'œil se renouvelèrent. L'ulcère fut touché de nouveau ; et lorsque la seconde escarre tomba, c'est-à-dire quatre jours après, l'ulcère était si petit et si superficiel , qu'on pouvait le regarder comme sur le point d'être entièrement cicatrisé. En effet, quatre jours plus tard, sans autre secours que le collyre vitriolique , la cicatrice était complète.

Le petit abcès, situé de l'autre côté de la cornée, et qui était resté jusqu'ici stationnaire , devint douloureux, se rompit, et dégénéra en un ulcère semblable au premier. Je le traitai donc de la même manière ; en outre , je fis appliquer un vésicatoire à la nuque, et je purgeai, plusieurs fois la malade, avec le sirop de chicorée et de rhubarbe. La plaie fut cautérisée deux fois avant qu'elle se couvrît de bourgeons charnus , et qu'elle parût disposée à se cicatriser. Je complétai la guérison à l'aide du collyre vitrio-

lique, qui fut exactement continué pendant deux semaines : ce collyre contribua puissamment, non-seulement à la cicatrisation du second ulcère, mais encore à fortifier les vaisseaux de la conjonctive, et à dissiper l'injection qui ternissait encore le blanc de l'œil.

Trente-septième observation.

Joseph Barbion, de Pavie, âgé de vingt-trois ans, sellier, d'une constitution grêle, et sujet par intervalles à des fièvres intermittentes , fut atteint, vers la fin de septembre de l'année 1796, d'un érysipèle au côté droit du visage. Les paupières et la conjonctive de l'œil du même côté, étaient considérablement tuméfiées. Cet accident disparut, dans l'espace de dix jours, par la diète, et par l'application, sur la face, de l'écorce interne de sureau, selon la pratique du peuple.

Un mois après, ce jeune homme ayant été saisi par un vent sec et froid, l'œil droit s'enflamma de nouveau. Il recourut aux moyens qui lui avaient réussi la première fois; mais voyant que la douleur, la chaleur, l'insomnie, le larmoiement , la fièvre et l'appréhension de la lumière augmentaient toujours, il vint à l'hôpital.

Page 1