‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 123 sur 154 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

On voyait, sur la partie latérale externe de la cornée, un petit ulcère de la longueur d'une ligne et de la largeur d'un quart de ligne , mais il était assez profond. Ne pouvant en ce moment disposer d'un seul lit, je cautérisai l'ulcère et renvoyai le malade avec les instructions nécessaires pour continuer le traitement. Il ne revint que dix jours après, par conséquent longtemps après la chute de l'escarre; aussi étaitil en plus mauvais état que la première fois. Admis cette fois dans l'hôpital , je commençai par lui faire appliquer un cataplasme de mie de pain et de lait sur les paupières, afin de diminuer l'irritation de l'oeil et des parties adjacentes ; et je le purgeai plusieurs fois avec les poudres résolutives, composées de crème de tartre et de tartre stibié.

En moins de trois jours, cet excès d'irritation disparut , et je pus toucher l'ulcère de la cornée avec le caustique, de manière à produire une escarre profonde. Je fus obligé de renouveler la même opération trois fois dans l'espace de onze jours, pour enlever à l'ulcère l'aspect cendré qui lui est naturel, et pour le mettre en voie de guérison. Cette méthode eut ses effets accoutumés.

A peine le fond granuleux de la petite plaie tut-il parvenu au niveau de la surface de la

cornée, que j'ordonnai au malade de faire instiller dans ses yeux quelques gouttes du collyre vitriolique , toutes les deux heures. Tel fut l'effet de ce moyen, que l'ulcère se cicatrisa complètement, et l'œil recouvra toute l'activité dont il jouissait avant d'être malade.

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