‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 126 sur 154 · CHAPITRE ONZ1ÈMF · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZ1ÈMF

radicalement les excroissances de la cornée, et à cicatriser solidement les plaies qui résultent de leur extirpation. Plenk dit à ce sujet : Pterygia quœ filamentis solummodb adhœrent, facile abscinduntur;di/Jîcïllimey quœubique accretasunt comeœ, ac in plicam elevari non possunt (i). Si cette excroissance , bien qu'elle ait la forme triangulaire et constitue le véritable ptérygion, adhère fortement à la cornée; si elle a une couleur rouge-foncé ; si elle saigne facilementquand on la touche, et si elle produit des douleurs lancinantes qui s'étendent sur l'œil et sur la tempe : cette affection menace de devenir cancéreuse, si elle ne l'est déjà. Aussi faut-il se borner à faire un traitement palliatif, à moins qu'on ne se décide à pratiquer l'extirpation du globe de l'œil tout entier, ou au moins de son hémisphère antérieur.

Pour guérir le ptérygion , il faut l'enlever avec l'instrument tranchant. Mais si cette affection n'est, comme nous l'avons dit, qu'une portion de la conjonctive convertie, par l'effet d'une inflammation chronique , en une tunique dense et opaque , il s'ensuit qu'il est impossible d'opérer le ptérygion sans priver la

(1) De morb. ocul. pag. 97. Avicenne lib. 3. f. 3. cap. 23 , élit : durœ (il parie de la cornée) denadatio quando non est facilis , perducit ad nocumentum.

cornée de son enveloppe naturelle, et par conséquent sans déterminer une cicatrice qui trouble plus ou moins la transparence de cette membrane dans l'endroit occupé par la maladie. Ainsi, que les jeunes chirurgiens ne s'en laissent pas imposer par ceux qui disent avoir rétabli la transparence de la cornée après avoir enlevé des ptérygions avec le bistouri. Sans doute elle est moins opaque après qu'avant l'opération; mais elle porte dans tous les cas l'empreinte d'une cicatrice indélébile. Les avantages de cette opération nen sont pas moins très-précieux : premièrement, elle prévient les progrès ultérieurs de la maladie, la dilatation des vaisseaux de l'œil et l'épaississement de la conjonctive; en second lieu, elle interrompt le mouvement fluxionnaire qui se dirigeait sur l'œil, puisqu'elle détruit la cause qui l'appelait; enfin , elle préserve la cornée de l'opacité complète dont elle était menacée. Toutefois, s'il est vrai que quelques malades aient recouvré la vue , ce ne peut être qu'incomplètement , car la fonction doit suivre nécessairement l'état des organes qui la remplissent; or, je le répète, après l'extirpation du ptérygion , il se forme sur la cornée une cicatrice à demi-transparente qui gêne nécessairement le passage des rayons lumineux.

La seule chose que je puis affirmer, c'est que

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