‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 129 sur 154 · CHAPITRE ONZIÈME. ■2'] l · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME. ■2'] l

qu'en employant la méthode ordinaire, que la cicatrice ne forme point de brides, et que la conjonctive, uniformément tendue sur le globe de l'œil par la cicatrice elle-même, reprend le ton qu'elle avait perdu, et les vaisseaux vari queux le calibre qui leur est naturel.

Cependant tant de précautions ne sont pas nécessaires quand il s'agit d'un petit ptérygion dont la base ne s'étend pas beaucoup sur le blanc de l'œil.

Le malade étant assis , un aide placé derrière lui, élève avec le doigt indicateur et le doigt du milieu d'une main, la paupière supé rieure , tandis qu'avec les doigts de l'autre main il abaisse la paupière inférieure. L'opérateur (je suppose qu'il opère sur l'œil droit) se place devant le malade, assis ou debout, comme il lui convient; il ordonne au malade de tourner un peu le globe de l'œil du côté qui correspond à la base du ptérygion , saisit ce dernier à une ligne environ de son sommet, avec des pinces qu'il tient de la main gauche, le soulève en tirant doucement à lui et en haut jusqu'à ce qu'il sente un petit craquement qui indique la séparation du ptérygion de la lame celluleuse et mince qui l'unissait à la cornée; enfin, avec la main droite armée d'une paire de ciseaux , il emporte la partie malade le plus près possible de la cornée , et dans la direction du sommet à

la base. Parvenu au point où la cornée se réunit avec la sclérotique, l'opérateur soulève de nouveau îepli fait à la conjonctive, et d'un second coup de ciseaux porté très-près du limbe de la cornée, il enlève à la fois le ptérygion et la portion de conjonctive qui lui sert de base. Cette seconde section devra figurer un croissant (1) dont les deux extrémités s'étendront quelques lignes au-delà du relâchement de la conjonctive, en suivant la courbe du globe de l'œil.

L'opération terminée , et l'écoulement du sang provoqué par des lotions d'eau tiède , l'œil sera couvert d'un plumasseau de charpie sèche, ou trempé dans l'eau végéto-minérale, et soutenu d'un bandage médiocrement serré.

S'il ne survient point de symptômes remarquables, comme douleur, tension de l'œil, tuméfaction extrême des paupières , il suffira de faire laver, trois ou quatre fois par jour, le globe de l'œil et la face interne des paupières , avec l'eau de mauve tiède , et de mettre soigneusement ces parties à l'abri du contact de l'air, sans exercer sur elles une trop forte compression. Mais si les symptômes dont je viens de parler se manifestent , on emploiera le régime anti-phlogistique dans toute son extension ; on appliquera

(1) PI. II , fig. 3.

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