CHAPITRE ONZIÈME
des cataplasmes émollients sur l'œil, et l'on introduira entre les paupières du blanc d'oeuf, ou du mucilage de semence de psyllium, extrait avec l'eau de mauve.
Ordinairement, du cinquième au sixième jour après l'opération, toute la surface de la plaie paraît d'une couleur jaunâtre , et tapissée de mucosités, sorte de suppuration propre aux membranes en général, et à celle de l'œil en particulier ; tandis que les bords de la section et la conjonctive qui les a voisine prennent une teinte rouge. Par la suite, la surface de la plaie se resserre chaque jour davantage, et la cicatrice s'opère. :
Pendant cette période, c'est-à-dire pendant tout le temps que dure le traitement consécutif à l'opération , les seuls topiques convenables sont les lotions d'eau de mauve tiède , trois ou quatre fois par jour. Des observations nombreuses m'ont appris que les collyres astringents, et ces poudres si Gantées d'Iris de. Florence et d'alun, irritent l'œil et déterminent l'engorgement de la conjonctive, accidents qui s'opposent directement à la guérison. Mais ce qu'il y a de plus fâcheux, c'est que ces mêmes moyens produisent, sur la surface même de la rescision, des bouygeons fongueux difficiles à réprimer. J'ai vu tous ces effets à la suite d'une seule application intempestive de la pierre infernale, I. 18
2S y 4 MALADIES DES YEUX.
Mais , si l'on se contente après l'opération de faire des lotions d'eau de mauve , la guérison marche régulièrement, la surface de la plaie diminue chaque jour, et la cicatrice s'achève paisiblement dans l'espace de trois ou quatre semaines au plus. Ce n'est que lorsqu'elle est déjà formée qu'il convient d'instiller, trois ou quatre fois par jour, le collyre vitriolique animé de quelques gouttes d'esprit de vin camphré.
J'ai dit déjà que le ptérygion commençant n'est, à proprement parler, que le nuage de la cornée, dans lequel tes vaisseaux veineux de la conjonctive correspondante à la partie malade de la cornée j sont un peu plus dilatés que dans le nuage; et que, dans ce point, la conjonctive est plus dense et plus opaque que lorsqu'elle est simplement nébuleuse (i). Pour m'exprimer plus clairement , le ptérygion ne consiste pas , en ce cas, dans une membrane dense et opaque , mais dans une pellicule fine comme une toile d'araignée , entrelacée çà et là de vaisseaux
(i) Cet éta.t intermédiaire entre le nuage de la cornée et le ptérygion confirmé est désigné par les nie'decins arabes sous le nom de sabel. Sabel, dit Àvicenne, est panniculus accidens in oculo e.r inflatione venarum efus apparentium in superficie conjanctivœ et corjieœ ; et texitur quiddam in eo, quod est inter eas, sicut furnus. Lib. 3, f. tract, a, cap. 19.