‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 14 sur 154 · CHAPITRE PREMIER. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. l

prend alors un peu sur le bout du doigt, ou bien sur un petit pinceau, et on en recouvre le bord libre des paupières, au moment où le malade est prêt à se coucher. Si ce moyen ne produit pas l'effet désiré, on aura recours, comme le faisait Saint-Ives, à la pierre infernale, que l'on promènera le long du bord libre des paupières; ensuite on lavera l'œil avec du lait récemment trait. Si le flux palpébral est compliqué de létat variqueux des vaisseaux de la conjonctive , il sera bon de joindre à l'usage de l'onguent ophthalmique, celui de la teinture thébaïque , avec les précautions qui seront indiquées dans le chapitre de l'ophthalmie; ou l'on attendra pour en faire usage, que le flux palpébral ait disparu.

Pour entretenir la liberté des voies lacrymales et les débarrasser de la matière puriforme qui les obstrue , on injectera , soir et matin, par les points lacrymaux, et avant d'appliquer l'onguent ophthalmique, de l'eau tiède, simple, ou de l'eau de plantain, animée d'un peu d'alcool; et l'on répétera cette injection jusqu'à ce qu'on ait des indices certains que le liquide a pénétré dans la fosse nasale (ij.

(i) Cette opération se pratique de la manière suivante : le malade est assis sur une chaise , en face d'une croisée bien éclairée; un aide fixe sa tête; l'opérateur placé devant lui, renverse la paupière inférieure avec l'index de la main gau-

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Cette manière de traiter la maladie dont nous parlons, dans sa première période, était con-

che , s'il opère sur l'œil gauche et vice versa , afin de mettre le point lacrymal en évidence ; de la main droite, il prend une seringue dont il place le corps entre les doigts index et médius , tandis qu'il passe le pouce dans l'anneau qui termine la tige du piston ; il introduit perpendiculairement le syphon dans le point lacrymal inférieur; dès qu'il est entré dans le conduit de ce nom , il incline la seringue en dehors pour donner au syphon la direction de ce conduit, et chasse alors toute la colonne du liquide en pressant avec le pouce sur la tige du piston ; si le chirurgien n'est pas ambidextre, il injectera les voies lacrymales du côté droit en se plaçant derrière le malade; il tiendra la seringue avec sa main droite et renversera la paupière avec le pouce de la main gauche. Il est essentiel de n'enfoncer que très-peu le syphon de la seringue dans le conduit lacrymal , afin qu'il sorte sans le blesser, si la paupière échappe par un mouvement brusque et involontaire du malade : cette précaution est particulièrement recommandée par M. Demours. Si l'opérateur juge convenable de sonder les voies lacrymales , il relève la paupière supérieure gauche avec le pouce gauche et vice versa, la porte un peu en dedans pour agrandir l'angle que forme le conduit lacrymal avec la direction du sac et du canal nasal; puis, prenant comme une plume à écrire nn stylet très-fin terminé par une extrémité olivaire mousse, il l'introduit de bas en haut dans le point lacrymal, et le pousse de haut en bas , et de dehors en dedans pour lui faire parcourir toute l'étendue du conduit lacrymal; arrivé dans le sac, il redresse l'instrument, l'enfonce doucement dans le canal nasal en le tournant entre ses doigts, et continue de le pousser sans violence jusqu'à ce

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