‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 144 sur 154 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

d'une cavité et l'ouverture artificielle. Celle-ci même est fort différente , suivant qu'elle est pratiquée par un caustique ou par l'instrument tranchant, puisque les symptômes consécutifs sont toujours plus doux dans la première supposition que dans la seconde. L'évacuation spontanée de la matière de l'hypopion est d'ailleurs trop souvent suivie de l'écoulement de l'humeur aqueuse et de la procidence de l'iris , pour qu'on puisse fonder le traitement de la maladie qui nous occupe sur la rupture de la cornée. Je ne connais qu'un seul cas où l'incision de cette membrane soit non-seulement utile, mais nécessaire : c'est lorsque l'épanchement est tellement considérable qu'il distend outre mesure les parties qui le renferment, et que le malade est menacé de perdre l'œil et même la vie , comme je le démontrerai à la fin de ce chapitre; mais c'est un cas particulier duquel on ne peut rien conclure pour le traitement de l'hypopion ordinaire, ou de celui qu'on rencontre le plus communément dans la pratique. Du reste , s'il est vrai, comme je le crois, que le sang extra vase dans l'œil à la suite d'une contusion , soit absorbé ; s'il est vrai que les portions membraneuses de la cataracte capsuiaire, poussées avec l'aiguille dans la chambre antérieure, se liquéfient insensiblement et finis-

sent par disparaître; si les cataractes laiteuses et caséeuses , et le cristallin lui-même dépouillé de sa capsule et refoulé sous le corps vitré, subissent le même sort, pourquoi mettrait- on en doute la puissance de l'absorption à l'égard d'un épanchement lymphatique , lorsque la cause de cet épanchement a cessé d'agir, et que le système absorbant de l'œil a recouvré son énergie?

Il résulte clairement de ces faits, que tous les efforts de l'art doivent tendre à favoriser la résolution de l'hypopion. Or j'ai déjà dit que l'unique moyen d'en arrêter les progrès est de calmer promptement l'inflammation par les antiphlogistiques dans les cas ordinaires, par les astringents et les répercussifs dans l'ophthalmie purulente, n'importe sa nature. Si ce traitement répond aux espérances du médecin, comme c'est l'ordinaire , non - seulement l'hypopion n'augmente plus; mais, à mesure que l'ophthalmie se dissipe , le système absorbant s'exerce sur la matière de l'épanchement , et l'on voit bientôt disparaître cette ligne blanche ou jaune, figurée comme un croissant , et située dans le fond de la chambre antérieure.

Janin (1) considérait comme un résolutif spéci-

(1) Mémoires et observations sur l'œil , sect. IX, p. /jo5«

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