‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 147 sur 154 · partie comprimée lorsqu'il s'exerce dans un sens contraire · texte numérisé non relu

partie comprimée lorsqu'il s'exerce dans un sens contraire

Ainsi , lorsque le produit de la sécrétion des ^glandes de Meibomius s'accumule dans le sac lacrymal, au lieu de forcer le passage par le canal nasal , ce qui serait facile , il détermine l'ulcération du sac; or, nul doute que le même degré de pression appliqué à l'extérieur ne fût insuffisant pour produire le même effet. C'est encore ainsi que la matière contenue dans les sinus frontaux altère les os et les téguments du front, plutôt que de prendre la voie qui lui est naturellement ouverte par le nez; et qu'une balle de plomb } après avoir séjourné plus ou moins longtemps dans le sein des muscles, est poussée doucement à la surface extérieure du corps, et s'ouvre enfin un passage au dehors en ulcérant la peau. C'est, suivant le même procédé, et en vertu des mêmes lois que la matière de l'hypopion se dirige incessamment vers la cornée; et si cette matière est assez abondante pour comprimer cette membrane , le système absorbant excité se tourne contre elle , l'ulcère et la détruit.

L'ulcération de la cornée se fait ordinairement avec tant de célérité, que le chirurgien a rarement le temps nécessaire pour la prévenir.

A peine la rupture de cette membrane est-elle achevée que la surabondance de l'épanchement

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s'évacue (i), et le malade se trouve soulagé. Toutefois ce soulagement n'est pas de longue durée; car, dans la plupart des cas, la matière de l'épanchement est promptement suivie de la hernie de l'iris : cette membrane s'engage à travers l'ouverture de la cornée, et constitue la maladie connue dans les traités de pathologie, sous le nom de procidence de Viris^ qui fera le sujet du chapitre suivant.

Quelque fâcheuse que soit la rupture de la cornée, la violence des symptômes causés par la distension de l'œil est quelquefois si considérable, que l'art est forcé de prévenir la nature pour délivrer le malade du danger qui menace sa vie (2); et il y a d'autant moins à hésiter que

(1) C'est pour cela que l'hypopion, parvenu à un trèshaut degré d'intensité, est appelé par la plupart des chirurgiens Y Empième de l'œil.

(2) Mémoires de Vaeadémie de Chirurg. Vol. XIII, in- 12 , pag. 279.

« Je passai quelques jours dans une ville de guerre, où deux sœurs , demoiselles de condition , eurent en même temps la petite vérole à l'âge de vingt à vingt-quatre ans : la matière varioleuse avait porté sur les yeux : les pustules étaient desséchées sur tout le corps, et l'on n'aurait eu aucun doute sur l'heureuse terminaison de la maladie , si les yeux n'eussent pas été affectés. Leur tuméfaction causait de la fièvre , de violentes douleurs , accompagnées de chaleur et de pulsation. Appelé en consultation avec plusieurs maîtres en chirurgie

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