‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 16 sur 154 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Faut en accuser, mais l'artiste qui n'a pas su faire une juste application d'un moyen salutaire. Les phénomènes qu'on observe dans le cours du traitement de la première période du flux palpébral puriforme, sont les suivants : dans les pre* miers jours, la sécrétion de l'humeur visqueuse augmente, à moins que l'action de l'onguent ophthalmique ne dépasse certaine? limites et n'enflamme les paupières (i); le bord libre de celles-ci , et sur-tout celui de l'inférieure , recouvre peu-à-peu samolesse et sa flexibilité; les glandes de Meïbomius s'affaissent insensiblement; la surface interne des paupières qui était veloutée, rougeâtre et comme fongueuse, reprend graduellement sa couleur et son poli naturel. En même temps que cet heureux changement s'opère dans l'état des paupières, le flux palpébral diminue, devient plus coulant et finit par disparaître entièrement. Si l'on comprime le sac à différents intervalles, on ne voit plus refluer par les points lacrymaux que des larmes un peu troubles; enfin les paupières recouvrent leur mode d'exhalation naturel, le sac lacrymal ne reçoit que des larmes limpides , l'action du

(1) Pour que ce remède réussisse ; il faut qu'il produise un certain degré de chaleur et d'irritation, et qu'il détermine une légère rougeur des paupières pendant tout le temps qu'il reste appliqué.

canal nasal se rétablit et le larmoiement cesse. Tous ces changements s'opèrent dans l'espace de six semaines au plus, à moins que la mauvaise constitution du malade n'oppose des résistances opiniâtres à la médecine la plus rationnelle; dans ce cas le flux palpébral reparaît à la fin du traitement: c'est ce qu'on voit trop souvent chez les scrophuleux sur-tout aux approches du printemps et de l'automne , et chez les individus dont les voies lacrymales sont devenues le terme d'une métastase variolique, rhumatismale , ou herpétique.

Lorsque la maladie est entretenue par un vice interne, contre lequel l'art ne possède pas de remède spécifique, la guérison se fait plus longtemps attendre : on l'obtient néanmoins en insistant sur l'emploi des topiques mentionnés, et sur les injections d'eau tiède par lés points lacrymaux; il faut, en outre, appliquer un séton à la nuque et donner à l'intérieur des substances capables, sinon d'anéantir, au moins d'affaiblir la diethèse dominante ; mais nous reviendrons sur ce cas au chapitre de l'ophthalmie.

D'après ces principes relatifs au traitement de la première période du flux palpébral puriforme, on peut apprécier à sa juste valeur ce que dit Fabrice de Hilden (Observ. 19 cent. 4-) d'une dame de trente ans , qui fut guérie en quatre mois d'une fistule lacrymale, dont elle

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