CHAPITRE PREMIER
était affectée depuis deux ans, par le moyen d'un séton applique à la nuque , et par de fréquentes lotions faites avec un collyre approprié. Selon toutes les apparences, cette prétendue fistule lacrymale n'était autre chose qu'un flux palpébral puriforme qui , malgré son ancienneté , n'en était encore heureusement qu'à sa première période; la fluxion produite par le séton, et l'action du collyre astringent suffirent pour réprimer la sécrétion vicieuse des paupières et faire disparaître le flux puriforme et le larmoiement. Tous les écrivains anciens et modernes qui ont traité des maladies des yeux nous ont transmis un grand nombre de cas semblables qu'ils appellent improprement des fistules lacrymales (i).
J'ai de fortes raisons pour penser qu'on verrait très-peu de fistules lacrymales si l'on employait les moyens généraux et locaux, dont nous avons parlé, et sur-tout les#injections d'eau tiède, à la première apparition de l'affection des paupières et du larmoiement, avant que l'humeur palpébrale devienne épaisse et visqueuse ; mais comme dans la première période de cette affection , le malade n'éprouve presque pas de
(i) J'ai vu très-souvent, dit Pott, des fistules lacrymales commençantes guérir à l'aide d'un bon régime et du collyre vitriolique.
douleur, comme il n'y a point de tumeur en-? tre le nez et l'angle interne de l'œil , et que tout se réduit au collement des paupières et à un simple larmoiement (que le malade rend plus supportable s'il a la précaution de comprimer de temps en temps le sac lacrymal et de se laver l'œil à plusieurs reprises), il arrive non-seulement que les pauvres, mais encore les personnes aisées négligent cette maladie pendant tout le cours de sa première période, et ne réclament les secours de l'art que quand elle est parvenue à la deuxième, c'est-à-dire, quand il y a distension du sac lacrymal, larmoiement incommode., flux puriforme abondant , et embarras complet du canal nasal. Mais alors les moyens dont nous avons parlé , propres seulement à réprimer la sécrétion vicieuse des paupières, ne suffisent plus; il faut leur en associer d'autres plus efficaces et capables de débarrasser le canal de la matière épaisse qui l'obstrue, et defeciliterle passage des larmesdans le sac lacrymal et la fosse nasale (i).
Ce n'est pas que dans cette seconde période , lorsque l'humeur puriforme retardée dans le sac
(i) Beaucoup d'observations rapportées par M. Demours et par d'autres auteurs prouvent qu'il ne faut pas désespérer de la guérison de la tumeur lacrymale parvenue à ce degré, par l'emploi des injections et des moyens les plus simples» {Noie des Traducteurs.)