CHAPITRE PREMIER
lacrymal est parvenue graduellement à le distendre, Ja première indication à remplir ne soit de corriger le mode vicieux de la sécrétion palpé brale et de rétablir la route des larmes ; mais les moyens qui viennent d'être indiqués, ne suffisent plus pour obtenir ce résultat. Ce cas réclame d'autant plus d'attention que la distension du sac lacrymal dispose ses membranes et les téguments eux-mêmes à l'inflammation , et que le sac débilité reste dans un état de dilatation habituelle, même après la disparition du flux palpébral puriforme; les larmes s'y accumulent, le distendent quelquefois énormément, et le larmoiement devient continuel.
Il est évident qu'il ne suffit pas que le canal nasal soit libre , pour que le larmoiement disparaisse ; il faut encore qu'il y ait une certaine proportion entre le calibre de ce canal et la capacité du sac lacrymal; car si cette dernière depasse certaines limites , les larmes versées par les points lacrymaux , perdant une grande partie de leur vitesse , comme cela arrive à tous les fluides qui passent d'un canal étroit dans un large récipient , s'accumuleront dans le sac et regorgeront sur l'oeil par les points lacrymaux. Pour prévenir l'accumulation de la matière puriforme et des larmes dans le sac lacrymal et par suite la dilatation de ce dernier, indi-
cation dont tons les chirurgiens n'ont pas suf-* fisamment apprécié l'importance, les uns ont proposé des lotions astringentes , composées d'une forte solution d'alun dans la décoction d'écorce de chêne; les autres ont imaginé de comprimer pendant long-temps le sac lacrymal à l'aide d'une machine en forme de tourniquet. Ces deux méthodes sont insuffisantes: ni l'une , ni l'autre n'attaque, la source du mal; elles ne peuvent rien contre Ja matière visqueuse qui obstrue le canal nasal. Il est de toute nécessité d'inciser le sac lacrymal , ou de l'ouvrir par une simple ponction , pour introduire une sonde dans le canal nasal, ouvrir un passage à la matière puriforme , détruire la cause qui force les larmes à s'accumuler dans le sac lacrymal, et permettre à celui-ci de recouvrer ses dimensions et son élasticité naturelle. Au reste , cette opération ne dispense pas de recourir aux moyens que nous avons conseillés dans la première période du flux palpébral puriforme, Pour la pratiquer le chirurgien fait asseoir son malade et lui recommande de fermer les paupières, puispressant doucement l'inférieure avec les doigts indicateur et médius d'une main, il porte la pointe d'un bistouri droit, tranchant sur ses deux cotés , au-dessous de cette ligne blanchâtre que Fou aperçoit dans le point correspondant au tendon