CHAPITRE PREMIER
introduit dans le sac lacrymal une sonde ordinaire dont on dirige la pointe en bas et un peu en arrière pour lui faire franchir l'origine du canal nasal, et la conduire doucement à travers ce canal jusque dans la narine; si l'on trouve unrétrécissementconsidérable,résultatdelaphlogose et de l'engorgement de la tunique interne du canal nasal , on retire la sonde pour en introduire une autre un peu plus grosse qu'on remplace ensuite par un stilet d'argent(i), dont une extrémité semblable à celle d'un clou présente une tête qui s'applique à l'extérieur sur le sac lacrymal. L'opération est terminée.
Le traitement consécutif aura pour but de supprimer la sécrétion morbide des paupières à laide des médicaments internes et externes propres à combattre le vice dominant ; on doit retirer le stilet d'abord tous les jours, puis tous les deux jours pour le nettoyer et pour injecter de l'eau dans le sac lacrymal et le canal nasal; ces moyens très -simples réussissent parfaitement bien dans cette seconde période du flux palpébral; en insistant sans relâche sur leur emploi , on voit la matière puriforme perdre de sa consistance, et couler avec les larmes le long du stilet qui leur sert de conducteur; elle se suprime enfin complètement,
(i) PL 3,%. s<4-
la liberté des voies lacrymales se rétablit et le larmoiement disparaît.
Ce fut peu de temps après la publication de cet ouvrage , que je remarquai que les malades auxquels je faisais porter pendant long-temps une grosse bougie de plomb (pi. 3 fig. 10), n'éprouvaient que peu ou point de larmoiement; je ne pouvais vraiment me rendre raison de ce phénomène que je n'avais pas observé jusqu'alors, car ma bougie avait un volume tel qu'elle remplissait et distendait même le canal nasal ; la répétition de ce fait finit par me convaincre que les larmes coulaient entre la bougie et le paroi du canal nasal; les observations de Ware (i), sur le même sujet, me tombèrent alors fort à propos sous la main et ne me laissèrent plus aucun doute sur la véritable explication du phénomène dont il s'agit , ni sur l'avantage de la méthode curative que j'ai proposée contre la seconde période du flux palpébral puriforme, méthode qui me paraît mériter, autant par sa simplicité, que par le peu de gène qu'elle cause aux malades, la préférence sur tous les moyens employés jusqu'à ce jour contre la maladie vulgairement appelée fistule lacrymale (2).
(1) Chirurg. observ. relative, to theeye, vol. II. (1) L'opération que vient de décrire l'auteur est à-peuprès celle que pratiquent aujourd'hui, d'après les conseils de