‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 21 sur 154 · CHAPITRE PREMIER. 2C · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. 2C

Le succès du traitement de cette maladie dépend en grande partie de la bonne situation du stylet conducteur des larmes ; c'est pourquoi

Ware, la plupart des chirurgiens anglais; elle diffère aussi très -peu du procédé de M. Demours. Quelle que soit sa simplicité , nous avouerons qu'elle nous paraît moins rationnelle que la méthode de J.-L. Petit modifiée par Desaull. On sait que cette dernière consiste à dilater le canal nasal à l'aide d'une mèche dont on augmente successivement le volume : or, cette indication est capitale; car si l'on se contente de déboucher le canal nasal , sans porter sa dilatation beaucoup au-delà de ses dimensions naturelles, on n'obtiendra qu'une guérison temporaire; il est facile de dilater graduellement le canal avec des mèches , composées de brins de charpie, dont on augmente de jour en jour le nombre; laprésencede ces mffches est d'ailleurs beaucoup moins irritante que celle des tiges métalliques. Mais, dira-t-on, cette dilatation mécanique du canal nasal n'est qu'un moyen empirique qui ne peut avoir d'effets durables, puisqu'il ne détruit pas la cause du rétrécissement. Cette objection est fondée; l'expérience prouve qu'il rî'est pas rare de voir le canal nasal se rétrécir de nouveau , quelle que soit la dilatation qu'on lui ait fait éprouver ; l'art offre donc une imperfection réelle dans le traitement de la tumeur lacrymale; ^toutefois, en attendant que l'observation nous fasse connaître quelque méthode plus rationnelle, nous pensons que les praticiens n'auront pas lieu de se repentir d'adopter celle dont nous soutenons la préférence; nous pouvons citer en faveur de notre opinion l'autorité de deux noms célèbres , ceux de MM. les professeurs Boyer et Roux qui se félicitent tous les jours d'être restés fidèles à la méthode de Desault.

Les instruments nécessaires pour exécuter cette opération ,

3o MALADIES t>ES YEUX.

le chirurgien devra s'attacher spéeialerhent à cette partie de l'opération; il aura soin de le pousser dans la narine le long du canal nasal

sont: i° un bistouri à lame forte et étroite; 2° une canule d'or ou d'argent, longue de deux pouces, un peu conique, légèrement courbée , taillée en biseau comme une plume à écrire à son extrémité la plus mince et du côté de sa concavité, portant du même côté, à l'autre extrémité, un petit anneau dirigé suivant sa longueur; 3° un stilet conique, mousse à ses extrémités, qui puisse facilement glisser dans la canule , sans néanmoins la traverser ; 4° un ressort de montre, long de six pouces, percé à l'une de ses extrémités comme une aiguille , portant à l'autre un petit bouton d'argent. Le malade est assis; un aide, placé derrière lui, fixe sa tête, et tire les paupières en dehors; l'opérateur plonge dans le sac lacrymal un bistouri , tenu comme une^plume à écrire avec la main droite , s'il opère à gauche , et vice versa (Voyez la note de la page 26); averti qu'il est parvenu dans son intérieur par le défaut de résistance, par la sortie d'une matière puriforme , il incline son instrument en dehors, et glisse sur le dos de la lame Je stilet préalablement passé dans la canule; ce stilet étant courbé, ne peut être arrêté par la saillie du sourcil ; il franchit ordinairement le canal nasal avec facilité; dans le cas contraire, on le retire pour le remplacer par une sonde plus fine; lorsque le canal est débouché, on fait glisser la canule sur le stilet jusque dans la fosse nasale; on retire le stilet, puis on enfoncé dans cette canule le ressort de montre, garni d'un fil; il se dégage par le biseau de son extrémité inférieure, se contourne sous le cornet inférieur, et paraît dans la narine; on le saisit avec les doigts ou avec une pince, on le retire, et à mesure qu'il descend , il entraîne le fil passé dans son ouver-

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