‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 25 sur 154 · CHAPITRE PREMIER. 3o · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. 3o

sai, et la remplacera par le stylet que le malade portera plus long-temps qu'on ne le porte ordinairement dans la seconde période de cette affection , attendu que dans la troisième les voies lacrymales sont plus profondément altérées dans leur structure et dans leurs fonctions.

Les chirurgiens anciens employaient beaucoup les topiques escarrotiques dans le traitement de la fistule lacrymale ; mais ils ont tous eu le tort de ne pas borner leur usage aux seuls cas dans lesquels il est nécessaire de détruire les fongosités de la membrane interne du sac, et de déterminer le resserrement de ce réservoir; ils les appliquaient dans tous les états de cette maladie , lors même qu'il n'y avait pas la moindre ulcération dans l'intérieur du sac , comme dans la première et la seconde période. Nannoni le père (i) a poussé plus loin encore cette pratique inconsidérée. Ce chirurgien détruisait entièrement le sac lacrymal avec les caustiques pour le transformer en un corps solide et calleux; et il agissait avec d'autant plus d'assurance qu'il était persuadé qu'après cette transformation du sac, le larmoiement était impossible. Personne assurément ne sera de son avis;

(i) Trattato Chirurgico sulla semplicila di Medicare , Obs. 3i.

4o MALADIES DES YEUX.

le résultat qu'il attendait est complètement en opposition avec la structure anatomique et les fonctions des voies lacrymales. Cet écrivain rapporte, il est vrai, l'exemple de plusieurs personnes guéries, sans aucun vestige de larmoiement , par cette méthode vicieuse ; mais on peut assurer, d'après les données anatomiques les plus certaines , que dans ces cas heureux , le caustique n'avait fait que détruire une portion de la surface interne du sac, sans effacer sa cavité , et par conséquent sans fermer le passage des larmes dans la fosse nasale ; ou , que son action s'était étendue jusqu'à l'os unguis et la membrane interne du nez, et avait ouvert aux larmes une route artificielle , pour ainsi dire , à la honte de l'opérateur, dont tous les efforts tendaient à laisser au malade un larmoiement perpétuel.

À l'égard de la quatrième période du flux palpébral puriforine que les chirurgiens appellent fistule lacrymale avec carie, elle est moins fréquente qu'on ne le croyait autrefois.

D'après ce que j'ai vu dans ma pratique, ce dernier degré de la fistule lacrymale se présente sous deux formes distinctes: dans la première, le sac, depuis long - temps très -distendu, est rempli d'un mélange de larmes et de pus ; intact au dehors , il communique dans la narine correspondante à travers l'os unguis carié; l'altéra-

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