‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 26 sur 154 · CHAPITRE PREMIER. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. l

tion des voies lacrymales est telle, qu'on peut regarder le canal nasal comme détaché du sac lacrymal, oblitéré, perdu; dans la seconde forme, le sac lacrymal , ouvert à l'extérieur , offre dans son intérieur des ulcérations qui laissent à découvert l'os unguis carié, mais non perforé: le canal nasal est entièrement oblitéré.

On reconnaît la première forme de cette maladie lôrsqu'en comprimant le sac lacrymal, on voit, à mesure qu'il s'affaisse et se vide, une petite quantité de matière refluer par les points lacrymaux, tandis que la plus grande partie de l'humeur qu'il contient se décharge dans la narine correspondante, en répandant cette odeur fétide qui annonce la carie des os ; il est facile de constater la denudation de l'os unguis à l'aide d'une sonde qui, dirigée dans tous les sens, ne pénètre pas dans le canal nasal, mais ne rencontre partout que resserremens , fongosités , duretés.

Dans le premier cas, lorsque la carie n'attaque quel'osunguisetmèmeunepetite portion deTetlimoïde, le mal n'est pas au-dessus des ressources de l'art et peut être guéri radicalement. Il faut inciser le sac lacrymal dans toute sa longueur et déterger sa surface interne à l'aide des escarrotiques et des astringents dont nous avons parlé , sans s'occuper du rétablissement du canal nasal; on voit alors , comme l'expérience me l'a tant de fois démontré, le resserrement

des membranes du sac succéder à la chute des portions d'os cariées. Pendant ce traitement on ne négligera pas l'usage de l'onguent ophthalmique, dont on secondera l'action par tous les moyens internes capables de combattre la diathèse particulière qui cause et entretient la sécrétion palpébrale. Quand on est parvenu à cicatriser la face interne du sac , on laisse les bords de la plaie se rapprocher et se coller à l'os; l'ou-^ verture résultant de la destruction de l'os unguis et de la membrane pituitaîre correspondante sera telle que les larmes trouveront un passage facile dans la narine.

La même méthode curative convient également à la seconde forme de la fistule lacrymale compliquée de la dénudation de l'os unguis; il y a cette différence néanmoins que cet os n'étant alors que dénudé , mais non perforé , il n'est aucun espoir de rétablir le canal nasal ; il faut pratiquer une route nouvelle et permanente aux larmes en perforant Tosunguis et la portion de membrane pitui taire qui le revêt. Or l'expérience a démontré qu'il ne suffit pas, pour atteindre ce but, de perforer l'os unguis et la membrane pituitaire à l'aide du trois - quart sans leur faire éprouver une perte de substance ; de cette manière on ne fournit aux larmes qu'une voie trop étroite qui se resserre de jour en jour, et ne tarde pas à se fermer entièrement dès

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