CHAPITRE PREMIER. l
qu'on supprime la tente qui la maintenait ouverte. Nous voyons un phénomène analogue lorsqu'une portion cariée de la voûte palatine se sépare et laisse entre la bouche et les fosses nasales une ouverture de communication souvent assez large pour recevoir l'extrémité d'un doigt ; en effet , si dans ce cas la perte de substance de la membrane palatine n'est pas trèsconsidérable , l'ouverture se resserre de jour en jour et finit même quelquefois par se fermer totalement. D'après cela , peut -on espérer qu'une simple perforation de la membrane pituitaire , sans perte de substance , ne se ferme pas ? les canules que l'on a proposées pour entretenir l'ouverture de la membrane du nez et celle de l'os unguis , sont loin d'être un moyen sur lequel on puisse compter. En effet , ces instrumens , même les mieux faits, ne tardent pas à s'élever contre la paroi antérieure du sac, tombent dans les narines plutôt qu'il ne faudrait, ou se remplissent d'une matière terreuse qui les bouche et les rend inutiles.
La destruction d'une portion de l'os unguis est le seul moyen connu véritablement efficace pour assurer , dans cette période , l'écoulement facile des larmes du sac lacrymal dans la narine. Et pour remplir cette indication, rien ne me paraît plus convenable que le eau-
tère actuel ; (fest un moyen dont les anciens ont abusé sans doute dans le traitement de cette maladie, mais les modernes Font abandonné trop légèrement : les premiers cautérisaient l'os unguis et la membrane pituitaire dans tous les cas et dans toutes les périodes de la fistule lacrymale , le plus souvent sans nécessité; les autres, au contraire, ne pratiquent pas cette opération dans des circonstances où elieserait véritablement utile, par exemple, dans le plus haut degré de la fistule lacrymale.
Pour cautériser l'os unguis et la membrane pituitaire avec précision et sûreté , on commence par inciser le sac lacrymal dans toute sa longueur, puis on le remplit de charpie molle qu'on recouvre d'une compresse et d'une bande. Deux jours après, l'appareil est levé; la cavité du sac et la surface de l'os unguis sont nettoyés; l'opérateur applique une canule (i) contre l'os unguis dans une direction légèrement oblique de haut en bas, et passe à travers cet instrument un fer rouge (i) qu'il applique sur l'os unguis, aveé» une certaine force , afin que sa pointe , après avoir cautérisé cet os, atteigne la membrane pituitaire. Et comme il est de la plus grande importance, pour le succès de l'opération, que la por-
(x) Ricliter est de cet avis. Obs, Méd. Chir,, cap. x. (a) Pîanéhe III , 6g. VI.