‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 28 sur 154 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

lion cautérisée de cette membrane forme escarre, et se détache parfaitement autour de l'ouverture de l'os unguis, si le chirurgien s'aperçoit que la pointe de son cautère se refroidit trop vite, il se hâtera d'en appliquer un second qu'il aura toujours à sa disposition. Cela fait, il remplira de nouveau le sac lacrymal de charpie couverte d'un onguent émollien^; et puis il engagera son malade à tirer par la narine, plusieurs fois par jour, de l'eau de mauve tiède , ou fraîche, s'il l'aime mieux. Les jours suivants , si le malade accuse de la douleur, si le nez et les paupières offrent ungonflement notable, on les couvrira d'un cataplasme fait avec la mie de pain et l'eau de mauve. Aussitôt que les escarres commenceront à se détacher , on verra les lambeaux de la membrane pituitaire cautérisée, sortir par la narine avec le mucus; les débris de l'os unguis suivront en partie la même route, et s'échapperont, en outre, par la plaie intérieure. Alors le chirurgien introduira dans la nouvelle ouverture une petite bougie, ou bien une tente de gomme élastique, qui sera retenue par un fil; il aura soin d'augmenter leur volume à mesure que l'ouverture s'agrandira, soit par la chute d'une autre portion de la pituitaire , soit par la séparation de nouveaux fragments de l'os unguis ; outre l'onguent ophthalmique , toujours nécessaire pour supprimer le flux palpébrai puriforme, il

emploiera les escarrotiques, les détersifs et les astringents propres à détruire les fongosités et callosités du sac lacrymal , et par suite à rendre à ce réservoir ses dimensions naturelles. Lorsque la cicatrisation de la membrane interne du sac sera presque complète, s'il aperçoit les moindres fongosités autour de l'ouverture de l'os unguis, elles seront réprimées avec la pierre infernale, jusqu'à ce que la cicatrice soit aussi parfaite dans ce point que dans tout le reste du sac : alors on pourra laisser les lèvres de la plaie se rapprocher autour du stylet que le malade portera encore pendant long - temps pour mieux assurer sa guérison (i).

(i) Il est rare qu'on ne puisse vaincre le rétrécisssement du cknal nasal et rétablir la route naturelle des larmes ; rarement aussi trouve-t-on l'os unguis atteint de carie. M. Demours croit que cet os n'est pas dénudé une fois sur cent , et que dans les cas où cela arrive , il n'y a pas carie une fois sur vingt; il paraît d'ailleurs proscrire toutes les opérations plus ou moins douloureuses à l'aide desquelles on ouvre aux larmes une voix artificielle dans la narine : il faut cependant convenir qu'il existe des fistules lacrymales dont on ne peut obtenir autrement la guérison. La cautérisation de l'os unguis et de la membrane pitui taire conseillée par M. Scarpa, est une opération d'une exécution facile, mais elle a l'inconvénient d'effrayer beaucoup le malade , et de causer dans quelques cas une inflammation violente ; nous ne conseillerons pas , après Hunter , d'enlever une portion circulaire de Fos unguis et de la membrane pituitaire, à l'aide d'un emporte-

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