CHAPITRE PREMIER
De tout ce qui vient d'être exposé dans ce chapitre , on peut déduire les corollaires suivants :
pièce qn'on applique sur la face externe de cet os , et d'une plaque de corne préalablement introduite dans le méat moyen des fosses nasales pour servir de point d'appui : cette opération est trop souvent impraticable ; il paraît même que son auteur l'avait abandonnée puisqu'elle ne se trouve pas dans ses ouvrages. Le seul avantage qu'on ne puisse lui contester, et qu'elle partage avec la cautérisation, c'est de faire éprouver à l'os unguis et à la membrane pituitaire une véritable perte de substance; mais cet avantage est-il aussi grand qu'on le pense ? L'expérience a démontré le contraire à M. le professeur Boyer; cet habile chirurgien ne pouvant un jour déboucher le canal nasal perfora l'os unguis avec une sonde canelée, et introduisit par l'ouverture une canule à travers laquelle un fil fut aisément conduit dans la narine; à l'aide de ce fil , des mèches de plus en plus volumineuses furent portées dans l'ouverture qu'elles traversaient d'abord difficilement ; mais au bout de trois mois , les plus grosses passaient avec une facilité telle, que l'opérateur jugea que les bords de l'ouverture étaient cicatrisés ; il permit alors à la plaie extérieure de se fermer : le malade guérit sans larmoiement. Mort quatre ans après dans l'hôpital de la Charité, on fit l'ouverture de son corps , et on vit que la paroie interne du sac lacrymal n'existait plus , et qu'il y avait à sa place une large ouverture par laquelle les larmes coulaient dans la narine. Objecterait-on que cette route artificielle conservée pendant quatre ans se serait fermée plus tard? Mais ses bords étaient parfaitement cicatrisés, et n'annonçaient pas la moindre tendance à se rapprocher; nous pensons que cette opération est susceptible d'une application générale, {Note des Traducteurs.)
i° La principale source, et la cause première de la fistule lacrymale, consiste principalement dans l'accroissement morbide de la sécrétion des glandes de Meibomius et de la membrane interne des paupières ;
2° On peut reconnaître dans cette sécrétion paipébrale quatre degrés, dont chacun réclame un traitement particulier;
3° Pour obtenir une guérison parfaite et durable de cette maladie, quelles que soient sa période et ses complications, il est toujours nécessaire de réprimer la sécrétion des paupières, soit à l'aide des topiques, soit en combattant, par des remèdes internes, la diathèse particulière qui l'a produite et qui l'entretient;
4° Dans la première période, il suffit d'associer à l'usage de ces médicamens celui des injections d'eau tiède, poussées par les points lacrymaux jusque dans le nez ;
5° Dans la seconde, le sac n'étant que médiocrement dilaté , il suffit de l'ouvrir par une simple ponction, et de placer dans le canal nasal le stylet conducteur des larmes, sans négliger le traitement particulier du flux patpébral ;
6° Dans la troisième , quand il y a dilatation énorme du sac, atonie de ses membranes, fongosité et ulcération de sa surface interne, il est absolument nécessaire de l'ouvrir dans toutesa Ion-