CHAPITRE PREMIER
rement de l'extrémité inférieure du canal nasal; je lui prescrivis de respirer plusieurs fois par jour la vapeur du vinaigre , et de faire un u sage modéré du tabac en poudre ; ce moyen réussit à merveille, et dix jours suffirent pour rétablir la sécrétion du mucus nasal et pour faire di sparaître le larmoiement.
Deuxième observation.
Marie Bordoni 9 jeune fille de St.-Cristine, âgée de 12 ans, ayant été tourmentée dans son enfance parde fréquentes ophthalmies qui se développaient tantôt sur un seul œil , tantôt sur les deux yeux à la fois , éprouvait depuis huit mois du côté droit seulement un écoulement trèsincommode de larmes et de matière purulente. Cependant ses parents l'amenèrent à l'hôpital, moins à cause de cet écoulement que pour une petite tumeur rouge , dure et douloureuse , survenue entre le nez et le grand angle de l'oeil.
La surface interne des paupières du côte droit était rouge et comme fougueuse , et leurs bords étaient très-gonflés; les glandes de Meïbomius avaient augmenté de volume.
Voyant que les membranes du sac lacrymal menaçaient de suppurer, je fis appliquer sur la tumeur un cataplasme composé de mie de pain et de lait; bientôt l'inflammation disparut, la tumeur s'affaissa et les points lacrymaux qui
s'étaient retirés et cachés vers la caroncule , reprirent leur situation naturelle ; alors je comprimai le sac et je vis la matière puriforme refluer abondamment sur l'œil.
Je passai de suite à l'usage de l'onguent ophthalmique de Janin : j'en appliquais, matin et soir, gros comme un grain de froment; le flux palpébral augmenta pendant les premiers jours , mais il avait tellement diminué au bout d'un mois qu'on ne pouvait plus exprimer du sac qu'une mucosité limpide. Dès que le bord libre et la face interne des paupières eurent repris leur aspect naturel, je poussai dans la narine, par les conduits lacrymaux, une injection d'eau de plantain , animée de quelques gouttes du collyre vitriolique préalablement filtré. La jeune malade se soumit encore pendant dix jours à l'emploi journalier de ces moyens, et sortit de l'hôpital parfaitement guérie.
Troisième Observation.
Un jeune villageois, âgé de 10 ans, avait les deux yeux larmoyants et chassieux. Cet accident était la suite d'une métastase variolique qui s'était jetée sur ces parties deux ans auparavant; les paupières étaient tuméfiées , d'un rouge-brun et comme velouté sur leurs bords ; les glandes de Meïbomius étaient plus saillantes que de cou-