CHAPITRE PREMIER. 5j
tume , et quoique le sac lacrymal ne parut nullement dilaté et ne fit aucune saillie à l'extérieur, il suffisait néanmoins de le comprimer pour faire couler par les points lacrymaux une quantité considérable de matière puriforme jaunâtre. Le malade offrait tous les caractères de ce qu'on appelle vulgairement une constitution humorale.
Je lui ordonnai de prendre plusieurs fois par jour dix onces d'une décoction de chien-dent avec addition d'une drachme de tartrate acidulé de potasse et d'un demi-grain d'émétique. Lorsque les selles devenaient trop fréquentes, on réduisait la dose de moitié pendant plusieurs jours de suite. Je fis en outre appliquer sur les deux yeux matin et soir, l'onguent ophthalmique de janin; ce médicament accrut beaucoup la sécrétion palpébrale. Quand je vis qu'au bout de deux semaines elle ne diminuait pas, j'appliquai un séton à la nuque ; il suppura promptement et les yeux s'en trouvèrent bien; je repris alors l'usage de l'onguent ophthalmique , et celui du tartre émétique à doses réfractées : le flux palpébral diminua beaucoup, les bords libres des paupières s'affaissèrent et reprirent leur flexibilité naturelle, l'inférieur de l'ourlet devint pâle et perdit son aspect villeux. J'ajoute qu'on eut toujours soin d'employer plusieurs fois par jour le collyre vitriolique , et d'injecter par les points
lacrymaux l'eau de plantain animée d'un peu cTalcofel. Ces injections dont le passage était d'abord difficile , coulèrent ensuite en toute liberté , et vers la fin du troisième mois le malade quitta l'hôpital parfaitement guéri.
Quatrième O bservation .
Une paysanne de Sartirana, âgée de 48 ans, nommée Rose Fiorini, avait l'oeil gauche larmoyant et chassieux ; depuis long - temps elle supportait cette incommodité qui avait succédé à de fréquentes ophthalmies. Quand je la vis pour la première fois, je trouvai le bord libre des paupières de l'œil gauche rouge et tuméfié; les follicules de Meïbomius étaient gonflés , mais le sac lacrymal n'avait éprouvé, malgré l'ancienneté de la maladie, qu'une très-légère distension. Pour commencer le traitement j'ordonnai l'application journalière de l'onguent ophthalmique et des injections d'eau tiède par les points lacrymaux. Au bout de trois semaines , l'état des paupières était sensiblement amélioré > la sécrétion puriforme considérablement diminué , mais les injections ne passaient encore que difficilement dans la fosse nasale» C'est pourquoi je crus qu'une opération était indispensable; je pratiquai au sommet du sac lacrymal, une petite ouverture par laquelle je conduisis une sonde