‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 35 sur 154 · CHAPITRE PREMIER. 5o · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. 5o

à travers le canal nasal jusque dans la narine; je la retirai de suite et la remplaçai par un stylet ; j'ôtai momentanément ce dernier, le cinquième jour , pour injecter de l'eau par le sac lacrymal, dans le canal et la fosse nasale. La malade me dit dès les premiers jours qui suivirent l'opération que son larmoiement diminuait; cette circonstance me surprit d'autant plus que le stylet séjournait dans le canal nasal. A la fin du second mois on aperçut les heureux effets de l'onguent oplithalmique dont l'usage n'avait jamais été interrompu ; le bord libre des paupières avait perdu sa tuméfaction et sa rigidité ; la sécrétion palpébrale était réduite à une petite quantité d'une matière visqueuse. Après deux autres mois, l'écoulement palpébral disparut et la narine gauche recouvra son humidité naturelle, preuve certaine que les larmes mêlées peut-être à quelques restes du flux puriforme , coulaient librement dans la fosse nasale le long du stylet conducteur. La malade sortit de l'hôpital ; je lui conseillai de porter le stylet pendant au moins un an , et d'avoir la précaution de le nettoyer tous les trois jours; elle dépassa de beaucoup les bornes du temps que je lui avais prescrit, car elle porta cet instrument pendant trois années consécutives , attendu qu'elle n'en était nullement incommodée. La guérison fut complète et durable.

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Cinquième observation.

Une femme de Saint-Angelo , âgée de l\o ans y nommée Antonia Maschroni, vint réclamer les secours de la chirurgie pour un larmoiement très-incommode , accompagné d'un flux puriforme dont elle était tourmentée depuis plusieurs années. Elle avait éprouvé dans le principe un érysipèle de la face , qu'elle regardait comme la cause de sa maladie; l'oeil droit seul était affecté. Le bord libre des paupières du côté malade était engorgé, rougeâtre et parsemé de vaisseaux variqueux; les follicules de Meïbomius étaient tuméfiés, et le sac lacrymal s'élevait sous la forme d'une petite tumeur. Je l'ouvris par une simple ponction ; je dilatai le canal nasal à l'aide d'une sonde ordinaire, et plaçai dedans le stylet conducteur des larmes ; je prescrivis en outre l'usage journalier de l'onguent ophthalmique de Janin. Au bout de quelques jours , le larmoiement était déjà beaucoup moindre; on retirait le stylet tous les deux jours pour le nétoyer, et chaque fois on injectait dans le sac lacrymal de l'eau tiède qui passait librement dans la narine. Vers le quarantième jour il n'y avait plus ni larmoiement , ni flux puriforme ; la malade sortit de l'hôpital une semaine plus tard. Je lui conseillai de porter encore le stylet pendant long-temps, et de le né-

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