CHAPITRE PREMIER. 6l
toyer deux fois par semaine. Elle le porta pendant dix mois. Elle était à cette époque complètement guérie.
Sixième observation.
Une jeune fille de i3 ans, de Villaseggio , nommée Maria Gallotti , avait depuis long-temps l'œil droit larmoyant et chassieux. La maladie avait fait des progrès tellement rapides que dans l'espace de deux ans, le sac lacrymal, à la suite d'inflammations répétées, s'était ouvert trois fois à l'extérieur. P*lalgré les tentatives les plus multipliées , il fut impossible de faire passer dans la narine une seule goutte de l'eau qu'on injectait par les points lacrymaux; je fis une ponction au sommet du sac lacrymal et j'introduisis une petite sonde dans le canal nasal. Dès que je me fus aperçu que ce canal était plus rétréci qu'à l'ordinaire, je me servis pour le désobtruer d'une sonde plus grosse que la première; je la remplaçai bientôt par une bougie de gomme élastique que je laissai à demeure pendant quelques jours. La malade ne parut pas beaucoup souffrir pendant l'opération, mais elle éprouva les jours suivans un gonflement inflammatoire assez intense des paupières et de la joue; un cataplasme émollient et un léger purgatif ramenèrent promptement le calme. Le huitième jour, je retirai la bougie de gomme élastique pour la remplacer par
un stylet qui descendit dans le nez avec la plus grande facilité; malgré sa présence, le larmoiement diminua de jour en jourd'une manière sensible; l'usage journalier de l'onguent ophthalmique fit disparaître la sécrétion vicieuse des paupières, et la malade put quitter l'hôpital cinq semaines après l'opération ; elle porta le stylet pendant une année entière, puis revint à l'hôpital pour demander la permission d'en cesser l'usage, ce qui lui fut accordé. Les larmes avaient évidemment repris leur cour naturel. Six ans se sont écoulées depuis lors et il n'y a pas la moindre apparence de récidive.
Sep tième o bserva tion.
Guiseppa Berreta, âgée de i4 ans , demeurante à Guissago, avait l'œil gauche larmoyant depuis trois ans ; il y avait de plus chez elle flux palpébral puriforme et distension du saclacrymal. L'état avancé de la maladie me fit juger que les injections seraient inutiles. J'ouvris le sac lacrymal et ne pus que très -difficilement conduire une sonde fine à travers le canal nasal dans la narine correspondante ; mais je pense que les difficultés que j'éprouvai tenaient plus à l'étroitesse du canal osseux qu'au rétrécissement du tube membraneux. A force de patience je parvins à les surmonter , et pour ne pas occa-