‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 37 sur 154 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

sionner une plus grande irritation , je laissai ma sonde dans le canal après en avoir retranché toute la portion qui surmontait le sac lacrymal. Les paupières s'enflammèrent , un abcès se forma dans l'inférieure , et j'en fis l'ouverture; toutes ces parties ne tardèrent pas à reprendre leur état habituel. Douze jours après l'opération, le bout de sonde qui occupait le canal nasal étant mobile dans toutes les directions, je pus le retirer facilement pour le remplacer par le stylet conducteur des larmes. Alors je prescrivis l'usage de l'onguent ophthalmique de Janin , afin de réprimer la sécrétion vicieuse des paupières. Ce médicament eut ses effets accoutumés : le larmoiement diminua de jour en jour ; il était facile de voir que les larmes coulaient dans la narine , le long du stylet. Deux mois après l'opération , la malade quitta l'hôpital, et ne cessa de porter le stylet qu'au bout de deux ans ; elle l'ôtait tous les trois jours pour le nétoyer et le replaçait elle-même ; sa guérison fut complète.

Huitième observation.

Une femme de Pavie , nommée Thérèse Barbari, âgée de 5o ans, avait toujours eu depuis son enfance, l'oeil droit larmoyant. A ce larmoiement succéda une véritable fistule lacry-

maie avec distension énorme et ulcération du sac lacrymal ; la simple ponction de ce réservoir ne me paraissant pas devoir suffire pour permettre l'introduction des médicaments convenables , je le fendis dans toute sa longueur ; je portai ensuite une bougie de cire dans le canal nasal que j'avais préalablement dilaté à l'aide d'une sonde ordinaire assez grosse; à l'extrémité supérieure de la bougie fut attaché un fil destiné à la retenir au niveau de la partie la plus déclive du sac lacrymal; je remplis ce dernier de charpie sèche que je recouvris les jours suivants d'un onguent composé avec le précipité rouge, afin de détruire les fongosités de la membrane interne du sac et de la disposer à devenir le siège d'une cicatrice solide; en même temps j'eus soin de combattre la sécrétion paipébrale par l'emploi journalier de l'onguent de Janin. Cinq semaines après l'opération , les ulcérations intérieures du sac lacrymal étaient presque entièrement cicatrisées et ce réservoir avait à peu près repris ses dimensions naturelles; je^ retirai la bougie qui remplissait le canal nasal et je la remplaçai par le stylet. Dès - lors le larmoiement cessa promptement et les progrès de la guérison furent tellement rapides que la malade put quitter l'hôpital trois semaines plus tard dans l'état le plus satisfaisant. Elle portait toujours le stylet que je lui conseillai de garder

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