CHAPITRE PREMIER. Gb
'encore pendant un an. Elle le porta six ans et ce ne fut que sur mes instances réitérées qu'elle consentit à l'abandonner. Un chirurgien de cette école, M. Molina, qui fut chargé de le retirer P éprouva des difficultés insolites et dues à une incrustation terreuse déposée sur la partie du stylet qui pénétrait dans la narine. L'irritation causée par cette manoeuvre assez difficile n'eut aucune suite fâcheuse; et les larmes continuèrent à couler en toute liberté dans la narine à travers le canal nasal.
Neuvième observation.
Une femme de cinquante ans, portait entre le nez et le grand angle de l'œil droit, une tumeur indolente, grosse comme une petite noix; elle cédait facilement sous le doigt et alors on voyait sortir par la narine correspondante beaucoup de matière verdâtre et fétide ; en même temps il en refluait un peu sur l'œil par les points lacrymaux. Cette tumeur existait depuis quinze ans; elle avait été précédée par une abondante sécrétion de chassie ; plusieurs fois elle s'était ouverte spontanément, et toujours avec un soulagement marqué pour la malade; il y avait peu de temps qu'elle s'était fermée pour la dernière fois ; enfin depuis un an, la malade, après avoir éprouvé un gonflement considérable de toute îà face et
de violentes douleurs vers la racine du net; souffrait moins et sentait couler dans sa narine une grande quantité de matière fétide; néanmoins la tumeur augmentait de jour en jour; le bord libre des paupières (Je l'œil droit était engorgé, rougeâtre et fongueux; les glandes deMeï bomius étaient tuméfiées.
Je plongeai la pointe de mon bistouri au-dessous du tendon du muscle orbicuïaire , je le dirigeai contre l'os unguis , en suivant le pli de la paupière inférieure , et j'ouvris la tumeur dans toute son étendue ; elle contenait une quantité considérable de matière purulente; je n'aperçus pas l'os unguis au fond de la plaie, mais je distinguai plusieurs points dénudés de l'os etnmoïde ; à la place de l'os unguis on voyait un trou, du diamètre d'une grosse plume à écrire, qui s'ouvrait dans la narine à travers une ulcération de la membrane pituitaire; je cherchai vainement le canal nasal; le premier jour je me contentai de remplir la cavité de là tumeur de charpie molle et de couvrir l'oeil d'un cataplasme émollient , afin d'amollir les bords endurcis et calleux des paupières.
Le lendemain , la cavité du sac m'offrit l'aspect d'un ulcère fongueux, je là remplis de charpie enduite d'un Uniment composé avec le précipité rouge et le mucilage de gomme arabique. Pour prévenir l'introduction du caustique dans