CHAPITRE PREMIER. 6j
la narine, je plaçai dans l'ouverture résultante de la destruction de l'os unguis , un petit sindon que je fixai a l'aide d'un fil ciré, comme cela se pratique après l'opération du trépan. A chaque pansement le pus sortait en abondance du sac lacrymal entraînant des morceaux dune couenne lardacée, et de temps en temps de petites portions d'os cariés. Il y avait dans différents points de l'ulcère des fongosités que je réprimais à l'aide de la poudre d'oxide rouge de mercure seule, ou mêlée avec le sulfate d'alumine; quelquefois je me contentais de les toucher avec la pierre infernale. Ce traitement fut continué pendant trente jours consécutifs; à cette époque l'ulcère prit un meilleur aspect , se couvrit de granula* tions et parut se rétrécir; les parois du sac lacrymal revenaient manifestement sur elles-mêmes; je n'appliquai plus que de la charpie sèche, et je touchai de temps en temps avec la pierre infernale les bords de l'ouverture qui conduisait dans la narine..
Vers le soixantième jour, la surface interne du sac était entièrement cicatrisée, et ce réservoir avait repris ses dimensions naturelles; les paupières étaient dans l'état le plus satisfaisant \ grâce à l'usage non interrompu de l'onguent ophthalmique, et du collyre vitriolique. Je laissai les lèvres de la plaie du sac s'approcher et se
réunir. Les larmes trouvèrent un passage facile dans la narine, à travers l'ouverture qui remplaçait l'os unguis. La malade quitta l'hôpital parfaitement guérie.