‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 46 sur 154 · CHAPITRE TROISIÈME. 8l · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. 8l

car une fois que la paupière a repris sa position , les larmes s'opposent à la réunion immédiate de la plaie, et toutes les petites portions du kyste qui peuvent avoir échappé à l'action des instruments se trouvent détruites et entraînées par la suppuration , sans qu'il soit nécessaire de s'en occuper (19). Dans tous les cas, si ce procédé naturel paraît trop lent , si les téguments .tardent à revenir sur eux-mêmes à cause de la trop grande distension qu'ils ont éprouvée, ilfaut pour accélérer la guérison, renverser la paupière pour toucher avec la pierre infernale le fond de la petite plaie; on aura soin de laver l'œil immédiatement après avec du lait récemment trait. Mais le plus ordinairement on n'a pas recours à ce moyen , parce que dès le quatrième jour on n'aperçoit plus à l'extérieur les moindres vestiges de la tumeur, et si Ton soulève la paupière, on trouve la petite plaie très -superficielle recouverte de mucosité, et vers le huitième jour elle complètement cicatrisée.

Il est étrange de voir quelques-uns des plus célèbres écrivains de nos jours, critiquer cette

(f.) Je ne parle ici que de petites portions presque imperceptibles du kyste, parce qu'il est impossible qu'il en reste d'autres, si l'on a l'attention de de'tacher toutes les adhérences de la. tumeur, et de la faire proéminer sur la fac© interne de la paupière avant de l'exciser.

8a MALADIES DES YEUX.

manière d'extirper les tumeurs cystiques des paupières, tandis qu'ils recommandent d'attaquer par la surface interne des joues les tumeurs de même nature qui se forment quelquefois dans l'épaisseur de ces derniers ; on évite ainsi sûrement la lésion du canal destenon, et de plus on obtient une guérison beaucoup plus prompte que si l'on eût incisé la peau. La méthode opératoire que j'ai décrite pour l'enlèvement des tumeurs cystiques des paupières a de même sur toutes les autres l'avantage d'être suivie d'une guérison prompte et facile , comme l'expérience l'a tant de fois démontré. Je ne parie pas de la facilité de son exécution.

Avant de terminer ce chapitre, je dirai quelque chose d'une espèce particulière de tumeurs cystiques qu'il n'est pas rare de rencontrer dans la pratique, et qui -, sous quelque rapport, diffère essentiellement de celles dont j'ai parlé jusqu'ici. Ge sont «de petits tubercules durs , indolents, un peu plus gros qu'un grain de millet , qui s'élèvent précisément sur le bord libre des paupières, entre les cils, et dont la couleur blanchâtre ressemble à celle du blanc d'œuf cuit. Quand on les examine , long-temps après leur apparition , on trouve qu'ils sont formés par une petite masse d une substance en tout semblable au blanc cF-œuf cuit , contenue dans une enveloppe transparente et très-fine, à laquelle

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