CHAPITRE TROISIÈME
elle est étroitement unie. De tous les auteurs, Marc - Aurèle Séverin est celui qui a le mieux décrit cette maladie : tuberculi cujusdam exigui in clivo palpebrœ ciliari nascentis , et se cum pilis oblique proferentis ; quod magnitudine, duritieque milii stmentulam refert , si tantumodo flavum hujus colorem in exquisitum alborem intelligas mutatum. — Corticulam duriorem ac ferme corneolam huic tuberculo adverti ; usque adeo ut medicamentis acerrimis , id est liquidis causticis, tentatum, nullam vel tactus, vel coloris mutationem senserit . — Continet molleculam chartœ bonibicinœ madidœ similem portiunculam ( i ).
Le siège de ces tumeurs se trouve précisément sur le bord libre des paupières; leur petitesse, la consistance de la matière qui les forme , la ténuité de leur enveloppe me semblent justifier le conseil que je donne de les extirper par la face interne des paupières. Cette opération ne présente aucune difficulté; il suffit d'embrasser la base de la petite tumeur entre les lames d'une paire de ciseaux courbes sur le plat, ou de la traverser avec lapointe d'une lancette, de manière à la séparer de la paupière en rasant le bord libre de cette dernière . Dès que le sang cesse de couler , on recouvre la petite plaie d'un mor-
(1) Denovis obseiv, absces.^ § de miliolo cxterioris palpebrœ tuberculo,
8/j. MALADIES DES YEUX.
ceau de taffetas d'Angleterre; le lendemain, oii la touche avec la pierre infernale , et la nature seule achève la cure; elle est complète après la chute de l'escarre (i).
Dixième o bserva tion .
Une petite fille de cinq ans portait depuis dixhuit mois sur la paupière droite une tumeur cystiqne grosse comme un petit pois. Pour en faire l'extirpation, je couchai la petite malade sur une table d'une hauteur convenable ; sa tète reposait sur un oreiller, ses bras et ses jambes étaient fixés par des aides. J'ordonnai a l'un
(r) Lorsqu'il est impossible d'extirper les tumeurs cystiques des paupières du côté de la conjonctive, il faut inciser transversalement les téguments et le muscle palpébral, accrocher la tumeur avec une airigne, ou la saisir avec une pince la détacher des parties voisines à l'aide d'un bistouri convexe , et en faire l'extirpation complète. Il faut prendre garde d'ouvrir le kyste dont la dissection deviendrait alors beaucoup plus difficile ; le meilleur moyen d'éviter cet accident , est de faire absorber après chaque coup de bistouri le sang qui remplit la plaie. Si néanmoins le kyste se vide, on le saisit avec des pinces, et on en excise le plus qu'on peut avec des ciseaux ; le pansement consiste à rapprocher les bords de l'incision à l'aide d'une bandelette aggîutinative , et à recouvrir l'œil d'un plumaceau de charpie qu'on fixe à l'aide d'une compresse et d'une bande médiocrement serrée. ( Note des Traducteurs. )