‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 48 sur 154 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

d'eux, placé derrière elle, de relever la paupière supérieure droite en plaçant sur le bord libre l'extrémité d'un doigt de sa main droite , et l'index de sa main gauche sur la peau qui recouvrait la petite tumeur. Je me plaçai de côté, puis j'incisai légèrement au niveau de la base de la tumeur la membrane conjonctive, distincte dans cet endroit par sa couleur jaunâtre. Le petit corps folliculaire glissa presque entièrement entre les lèvres de la plaie qui n'avait pas beaucoup plus de deux lignes de longueur; je le saisis avec une pince, et j'en fis l'extirpation. La paupière supérieure reprit aussitôt sa position naturelle; je la recouvris d'un plumaceau imprégné d'eau végéto- minérale que je fixai à l'aide d'une bande.

La petite malade, d'abord très-peu raisonnable, se calma bientôt , et s'endormit; il survint pendant les trois premiers jours un gonflement inflammatoire léger de la paupière supérieure ; je la fis couvrir d'un sachet rempli d'herbes émoilientes bouillies dans du lait ; depuis lors l'enfant se leva tous les jours avec sa gaîté accoutumée. Le neuvième jour, la paupière supérieure paraissait dans son état naturel; je la soulevai doucement , et vis la petite plaie entièrement fermée : à l'extérieur on n'apercevait pas la moindre trace de la maladie.

Onzième observation.

Un étudiant en médecine de cette école , nommé Louis Gozzani , désirant se débarrasser de la gêne et de la difformité que lui causait une tumeur cystique de la grosseur d'une fève , développée dans la paupière supérieure gauche, se soumit à l'opération en présence d'un grand nombre d'élèves.

Je renversai la paupière inférieure sur l'extrémité du doigt indicateur de ma main gauche, et la fixai dans cette position avec le pouce de la même main; de la droite, je pris une lancette, et j'incisai la conjonctive qui recouvrait la base du kyste; avec la pointe de mon instrumentée l'isolai entièrement des parties voisines, puis la pressant avec l'extrémité de mon doigt indicateur gauche, je la fis glisser entre les lèvres de la plaie , et l'emportai d'un seul coup avec des ciseaux courbes sur le plat. Je lâchai de suite la paupière qui reprit sa place naturelle.

Le malade n'éprouva pas plus de douleur que n'en cause ordinairement une saignée. Pendant les deux jours suivants, la paupière s'enflamma légèrement; on la couvrit d'un sachet rempli d'herbes émollientes. Le cinquième jour, le malade était si bien guéri qu'il eût été impossible de distinguer à la vue la paupière sur

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