CHAPITRE TROISIÈME
laquelle j'avais opéré. Le septième jour, M. Gozzani reprit ses occupations habituelles.
Douzième observation»
Une pauvre femme de quarante ans vint me consulter pour une tumeur cystique grosse comme le bout d'un doigt, qu'elle portait depuis plusieurs années sur la paupière supérieure gauche vers l'angle externe de l'œil ; depuis quelques semaines seulement elle lui causait un sentiment de pesanteur insolite , et l'empêchait, d'ouvrir l'œil. Je lui proposai de l'opérer; elle accepta, mais elle ne voulut pas rester dans, l'hôpital; elle me promit d'exécuter ailleurs tout ce que je lui ordonnerais.
Je la fis asseoir ; je relevai la paupière supérieure avec le pouce de la main gauche , et pressai fortement la petite tumeur avec l'indicateur de la même main pour lui faire faire le plus de saillie possible ; à l'aide d'un bistouri convexe, j'incisai légèrement la conjonctive au niveau de la base de la tumeur: elle glissade suite entre les lèvres de l'incision; avec la pointe de mon instrument portée entre elle et la membrane conjonctive, je la détachai entièrement % puis je la compris entre les lames de mes ciseaux courbes, et l'amputai d'un seul coup- La paupière reprit sa situation naturelle; je la couvris d'un plumaceau de charpie sèche
maintenu par une simple bande, [/opération terminée, la malade retourna chez elle.
J'attendis vainement une semaine qu'elle me donnât de ses nouvelles; je ne la revis que beaucoup plus tard : elle était parfaitement guérie. Jelui demandai ce quelle avait éprouvé depuis l'opération; rien , me dit-elle , qu'un léger gonflement de la paupière pendant les trois premiers jours, ce qui ne l'empêcha pas de vaquer à ses occupations domestiques.
Treizième observation.
Un jour, en incisant la membrane conjonctive pour enlever une tumeur cystique de la grosseur d'un pois, située dans la paupière inférieure d'un jeune homme de dix ans, j'ouvris le kyste, d'où je vis sortir une matière laiteuse concrète; je le détachai des parties voisines, puis le soulevant à l'aide d'une pince , je l'emportai avec mes ciseaux courbes , mais je ne pus le déraciner de manière à ne pas en laisser quelques restes. Néanmoins , après avoir excisé une petite portion des bords de la plaie , je lâchai la paupière qui reprit sa place accoutumée.
Il y eut comme à l'ordinaire un léger gonflement inflammatoire de la paupière pendant les deux premiers jours; je la soulevai doucement sur la fin du quatrième, et je vis que le fond§