‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 50 sur 154 · CH A. PITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CH A. PITRE TROISIÈME

de la petite plaie était tapissé d'une lymphe glutineuse. Le septième , elle était très-superficielle et presque cicatrisée. Le malade était entièrement guéri le neuvième jour ; on ne voyait pas à l'extérieur les moindres traces de la maladie. Je pourrais citer un grand nombre de faits analogues.

Quatorzième observation.

Un garçon cordonnier portait depuis plusieurs années une tumeur cystique située dans le milieu de la paupière inférieure droite ; son volume s'accrut au point d'égaler celui d'une noix muscade ; la paupière commençait à se renverser, et les larmes tombaient sur la joue. J'ouvris cette tumeur en voulant l'extirper ; la matière laiteuse , moitié concrète , moitié fluide 5 dont elle était remplie, sortit entièrement; je ne pus alors la séparer des parties voisines avec toute l'exactitude que je désirais ; j'en enlevai le plus qu'il me fut possible, puis je replaçai la paupière, espérant que la nature, à l'aide de la suppuration, détruirait le reste. Il survint un gonflement inflammatoire de la paupière pendant les deux jours suivants : je la couvris d'un cataplasme de lait et de mie de pain. Le cinquième jour , je vis le fond de la plaie couvert d'une mucosité purulente, la cavité s'effaçait , et son aspect indiquait une prochaine

cicatrisation. Quelques jours plus tard, elle paraissait stationnaire; on apercevait encore une légère saillie sur la paupière inférieure dans le point primitivement occupé par la tumeur. Je soulevai la paupière pour porter la pierre infernale sur la plaie, ce qui causa au malade une légère cuisson ; j'eus la précaution de laver l'œil de suite avec du lait , et de continuer cette lotion pendant une demi-heure. Le jour suivant, la paupière se gonfla de nouveau , et la plaie suppura davantage; mais ensuite elle se resserra, et au bout de huit jours le malade sortit de l'hôpital parfaitement guéri.

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