CHAPITRE QUATRIÈME. û
traction spasmodique du muscle orbiculaire des paupières ; j'avoue que je n'ai pas observé ce cas; je crois même difficilement que le spasme du muscle orbiculaire, quelque fort qu'il soit, puisse jamais produire le renversement du tarse et des cils ; d'ailleurs dans cette cause du tricliiasis ne serait que temporaire.
Il suffit d'avoir quelques notions cbirurgicales, pour se faire une idée de l'irritation que doit produire le frottement continuel des cils contre le globe de l'œil. Ce qui aggrave encore le mai . c'est que ces poils croissent avec plus de force que ceux qui n'ont pas éprouvé de déviation. Dans les cas où la maladie n'occupe qu'un œil , la gêne n'en existe pas moins des deux côtés. L'œil sain ose à peine se mouvoir, pour ne pas provoquer les mouvements de l'autre. Les personnes affectées de cette maladie ont en général les deux }7eux très-irritables, et ne supportent que difficilement la lumière. Quand le tricliiasis est incomplet, le malade conserve encore la faculté d'ouvrir les paupières ; mais le plus souvent il ne peut écarter que leur partie interne ; c'est pourquoi , quand il veut voir, il incline sa tête et le cou d'une manière désagréable. Cette liabitude produit à la longue, dans le jeune âge, une courbure vicieuse de la tête et de l'épaule, qui s'efface difficilement, même après la guérison du tricbiasis. En outre.
les enfants qu'impatiente la douleur se frottent les yeux à chaque instant , ce qui aggrave les conséquences de la maladie, telles que l'ophthalmie chronique variqueuse , les nuages et les ulcères de la cornée.
Le traitement du trichiasis le plus ordinaire, c'est-à-dire , de celui qui n'est que l'effet d'une inclinaison vicieuse du tarse et des cils ; que cette inclinaison résulte de cicatrices formées sur le bord libre des paupières, à la suite d'ulcères rongeants de cette partie , qu'elle dépende , au contraire, du relâchement de la peau des paupières, du ramollissement du cartilage tarse, ou de toutes ces causes réunies, le traitement, dis-je , consiste à ramener le tarse en dehors, pour lui rendre, en même tempsqu'aux cils qui le recouvrent, sa situation naturelle. On remplit complètement cette indication, en enlevant, près du bord libre des paupières, une petite portion de peau ; à mesure que la plaie se resserre le tarse s'éloigne du globe de l'œil , et trouve dans la cicatrice extérieure un point d'appui qui le retient dans sa direction naturelle.
Je ne crois pas qu'après tant d'inutiles essais , personne se flatte aujourd'hui de la vaine espérance de guérir cette maladie , en extirpant les cils , en les fixant au dehors à l'aide d'aggutinatifs , en détruisant leur bulbe avec