‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 53 sur 154 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

des caustiques ou le fer rouge , et moins encore en excisant une portion du bord libre des paupières, ou bien en incisant l'orbiculaire palpébral, dans la supposition que la maladie dépend d'un spasme de ce muscle. La pratique a fait justice de tous ces moyens , suggérés par une théorie que ne justifie pas l'expérience ; ils sont tous insuffisants ou nuisibles, plus capables d'exaspérer le mal que de le guérir; quelquesuns peuvent même occasionner des affections plus graves que le trichiasis (i).

La chirurgie ne connaît pas de moyen plus efficace pour la guérison de cette maladie que l'opération vantée par Rolder (2), déjà connue du temps de Rhases, et qui consiste à exciser, comme je l'ai dit plus haut, une portion de la peau des paupières, près de leur bord libre, opération qui, réduite à sa plus grande simplicité, s'exécute facilement, cause peu de douleur, et produit une guérison prompte et sûre. La suture que lui associaient les anciens est jus-

(1) Ceux qui conseillent l'emploi du fer rouge dans le cas où deux 011 trois poils seulement sont déviés, prouvent leur inexpérience; car, outre la difficulté d'appliquer ce moyen précisément sur le point d'où naissaient les poils extirpés , il est rare que l'on puisse apprécier exactement le lieu correspondant à leur racine qui peut être loin de l'endroit que l'on cautérise.

("j^Versueh éiher neve.n h eilartder Trichiasis, Leipsig, 1796,

tement abandonnée, ainsi que le vain appareil de leurs instruments. Voici comment se pratique cette opération : On fait asseoir le malade, si c'est un adulte; si c'est un enfant , on le place sur une table d'une hauteur convenable. Dans tous les cas, un aide placé derrière lui, fixe sa tête. L'opérateur avec la pointe d'une sonde, ramène au dehors les cils qui touchent l'œil, puis soulève avec une pince, ou bien avec le pouce et l'indicateur ( ce qui réussit également bien, et même mieux dans beaucoup de cas ) , une portion des téguments de la paupière affectée, précisément au milieu de l'espace correspondant au trichiasis qui, comme je l'ai dit , occupe tantôt toute l'étendue , tantôt seulement la moitié, ou même le tiers du tarse. Il est essentiel que la hauteur de ce pli soit proportionnée au relâchement des téguments et à l'étendue du renversement du tarse. La raison en est claire; c'est que plus on soulève de peau, plus on en retranche. Le meilleur moyen pour se rapprocher le plus possible du tarse , est de placer le pouce sur la paupière, et de replier sur sa pulpe, à l'aide du doigt indicateur , assez de peau pour ramener au dehors le tarse et les cils. Opère-t-on un adulte, on lui recommande d'ouvrir l'œil, dès que le pli des téguments est formé ; ce dernier aura les dimensions convenables , si au même instant la pau

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