CHAPITRE QUATRIÈME. t),j
pière et les cils reprennen t leur situation na tu relie 11 est rare que les enfants puissent se prêter à une telle épreuve; on est obligé, chez eux, d'agir par approximation.
Les pinces de Bartisch , de Verdin , celles modifiées par Ravius, dont on se servait autrefois, avaient l'inconvénient de soulever également les téguments d'un côté à l'autre de la paupière; de sorte qu'on en excisait trop à ses extrémités, et trop peu vers son milieu. En se servant, au contraire, de petites pinces à disséquer, ou même, comme je l'ai dit, du doigt indicateur et du pouce, on soulève la peau précisément au milieu de l'espace qu'occupe le trichiasis; il suit nécessairement de là que Ton forme une plaie ovale, dont le plus grand diamètre correspond à la partie moyenne de la paupière, tandis que le plus petit se trouve vers ses angles, ta cicatrice se cache sous les plis naturels de la peau, et l'on ne risque pas de faire naître un vice de conformation contraire à celui que l'on a guéri, je veux dire le renversement en dehors de la commissure des paupières.
J'ajoute à ce que je viens de dire relativement au siège et à la forme du petit lambeau de téguments que l'opérateur excise , qu'il est trèsimportant de se rapprocher le plus possible du bord libre du tarse; autrement celui-ci pourrait
conserver, même après la guérison de la pîaie7 son inclinaison vicieuse, ou du moins ne pas se relever assez pour que les cils s'éloignent du globe de l'œil. En effet, bien que le raccourcissement total de la peau des paupières soit toujours proportionnel à la perte de substance qu'elles éprouvent , il peut néanmoins arriver que le resserrement partiel de la portion qui longe leur bord libre, ne suffise pas pour le ramener au-dehors; il faudrait alors recommencer l'opération.
Les choses étant disposées comme je l'ai dit ^ l'opérateur soulève le lambeau de téguments qu'il veut enlever, à l'aide d'une pince, ou, s'il l'aime mieux, entre l'indicateur et le pouce de la main gauche, et l'emporte d'un seul coup avec des ciseaux à bec de grue (i), bien affilés, dont il a eu soin de placer une lame tout près du bord libre de la paupière. Si la maladie existe sur les deux paupières , ou des deux cotés à-la-fois , il répète de suite l'opération que je viens de décrire , en proportionnant toujours l'étendue de la rescision au degré du renversement de chaque paupière. Il est inutile pour réunir la plaie , de pratiquer la suture , mo yen cruel, que n'ont pas encore abandonné la plu-
(i) Planche 3, fi g. *.