CHAPITRE QUATRIÈME. IO
lâchées et couvertes de rides; de chaque côté, le tarse et les cils étaient repliés en dedans contre le globe de l'œil qu'ils irritaient fortement, îa malade ne recevait un peu de lumière que par l'angle interne de l'œil gauche , où le tarse était un peu moins renversé qu'ailleurs. La cornée droite paraissait complètement opaque; la gauche était seulement obscurcie par un nuage. Un chirurgien de campagne avait plus d'une fois , mais vainement , arraché un à un les cils déviés.
La malade fut admise dans l'hôpital. Je fis avec le pouce et l'indicateur, aux téguments de la paupière supérieure gauche et près de son bord libre, un pli que j'eus soin de soulever en dehors plus qu'en dedans. Après m'ètre assuré que le tarse et les cils avaient repris leur direction naturelle, je l'excisai d'un seul coup avec des ciseaux à bec de grue. Je rapprochai de suite les lèvres de la plaie dont j'assurai le contact à laide de quelques bandelettes de taffetas gommeux , et surtout au moyen d'nne compresse appliquée sur le sourcil et maintenue par un bandage analogue au monculus . Je répétai de suite la même opération sur la paupière supérieure droite. Le troisième jour, à la levée du premier appareil, îa malade ouvrait facilement les yeux; le tarse et les cils définie et de l'autre paupière avaient repris leur situation naturelle,
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Il ne restait de chaque côté qu'une petite plaie dont la largeur ne dépassait pas une ligne. Couverte d'une compresse enduite d'onguent de céruse, touchée de temps en temps avec la pierre infernale , elle se cicatrisa complètement dans l'espace de douze jours. L'usage du collyre vitriolique et de l'onguent ophthalmique de Janin, continué pendant un mois, dissipa les suites de l'ophthalmie chronique et rendit à la cornée de l'œil gauche toute sa transparence. L'œil droit était affecté d'un leucoma incurable.
Seizième observation.
M. le comte W. âgé de 10 ans, sujet depuis son enfance à de fréquentes ophthalmies, ne pouvait plus élever sa paupière supérieure gauche, tl conservait à peine la faculté de soulever la droite, dans l'étendue de deux ou trois lignes vers son angle externe , de sorte qu'il était obligé, pour voir , de- tordre le cou et de regarder de travers avec l'œil droit. Le tarse et les cils de la paupière supérieure gauche renversés en dedans s'appliquaient presque entièrement contre la cornée soumise de cette manière à un frottement très -nuisible. Le tarse et les cils de la paupière supérieure droite conservaient vers son angle externe leur situation naturelle; mais dans le reste de son