‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 60 sur 154 · CHAPITRE QUATRIÈME. III · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. III

cornée de l'œil droit se dissipèrent entièrement; mais la cornée gauche ne recouvra qu'en partie sa transparence.

Dix-septième observation.

J'entrepris la cure d'une vieille paysanne que toute sa famille croyait tout-à-fait aveugle depuis plusieurs années ; de fréquentes ophthalmies avaient occasionné chez elle un relâchement extrême des deux paupières supérieures avec introversion de leur bord libre. Je reconnus en écartant les paupières que les cils frottaient contre le globe de l'œil, et que la cornée avait en grande partie perdu sa transparence sur les deux yeux ; je ne m'apperçus pas en faisant cet examen que du côté gauche il y avait de plus renversement en dedans d'une petite portion du tarse et de quelques cils de la paupière inférieure.

Le relâchement de la peau des deux paupières supérieures était tel chez cette femme , qu'au lieu de la soulever avec des pinces je me servis du pouce et de l'indicateur de la main gauche ; je fis d'abord sur la paupière supérieure droite , et près de son bord libre, un pli considérable que j'emportai avec les ciseaux ; le lambeau séparé avait la forme d'un ovale dont le grand diamètre transver-

sal , aboutissait de chaque côté aux angles de la paupière, tandis que le petit, dirigé verticalement, correspondait à sa partie moyenne. Je répétai de suite la même opération sur la paupière supérieure gauche, et j'appliquai sur l'une et l'autre l'appareil ordinaire composé de bandelettes aggîutinatives, et de compresses fixées à l'aide d'une bande sur les sourcils et l'os malaire.

Au bout de trois jours, je pansai la malade pour la première fois ; je la trouvai dans un état très-satisfaisant; elle ouvrait assez facilement les yeux , le tarse et les cils des deux paupières avaient repris leur situation naturelle , les petites plaies étaient réduites * une trace linéaire et paraissaient devoir se cicatriser promptement. J'observai néanmoins que la malade éprouvait encore quelque douleur, et versait des larmes enfermant et en ouvrant l'œil gauche; les mouvements de l'œil droit au contraire s'exécutaient avec la plus grande liberté; je ne tardai pas à reconnaître qu'il y avait un trichiasis partiel de la paupière inférieure gauche occupant sa partie externe dans l'étendue de deux lignes; j'aperçus en même temps sur le bord de cette paupière des cicatrices pâles et calleuses , suites d'ulcères rongeants qui me parurent être la cause de cette maladie. Je fis avec une lancette une incision longue d'environ quatre lignes le long

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